Abbaye de Fontevraud - Le bâtiment de la Fannerie, écrin du futur Musée régional d'art moderne

Cliquez pour agrandir l'image Le bâtiment de la Fannerie, à l'abbaye de Fontevraud, en 2011 ©Patrice Giraud

Cliquez pour agrandir l'image Au centre de ce plan détaillé, le bâtiment de la Fannerie ©Bruno Rousseau

Cliquez pour agrandir l'image Plan de l'enclos de Fontevraud : la Fannerie est en bas, à gauche de l'entrée ©Patrice Giraud

Cliquez pour agrandir l'image Le bâtiment en 1981 ©Patrice Giraud

Cliquez pour agrandir l'image Plan de coupe (vers 1822-1824) de l'aménagement de la partie ouest de la Fannerie, avec création de planchers sur structure de poteaux pour y établir quatre niveaux de magasins à grains et farines

L’abbaye royale du Maine-et-Loire va accueillir la donation d’Art Moderne privée de Martine et Léon Cligman. Cette sélection d’environ 600 œuvres sera exposée au sein d’un nouveau musée créé spécialement à cette occasion dans le bâtiment de la Fannerie.

Édifié vers 1786, le bâtiment dit de la Fannerie, est l’un des tout derniers construits du temps du fonctionnement de l’abbaye de Fontevraud. Son nom est à mettre en relation avec le stockage du foin nécessaire aux chevaux et il fait à l’origine partie d’un ensemble de bâtiments consacrés aux écuries et équipages du complexe monastique. Il remplace un grand édifice du même nom, implanté un peu plus au sud et qui datait des premiers temps de l’abbaye.
Construite dans l’axe du logis de l’abbesse qui lui fait face, cette nouvelle Fannerie s’inscrit alors dans un programme architectural homogène qui recompose et élargit les espaces de la cour d’entrée dont elle occupe la partie nord.

600 m2 de surface au sol

D’une emprise de près de 45 m par 15 m, cet édifice est l’un des plus imposants de l’abbaye de Fontevraud, offrant une surface au sol d’environ 600 m2. Il était initialement divisé intérieurement en trois espaces de dimensions et de proportions voisines, desservis chacun par un portail monumental, celui du centre différencié des deux latéraux, mais tous aussi imposants. Le volume central était doté d’un escalier, le seul à cette période, et desservait un vaste comble ; au rez-de-chaussée, il est possible qu’il ait dès les premiers temps abrité des stalles pour une dizaine de chevaux que l’on mentionne quelques années plus tard.

Construite à la veille de la Révolution française, la Fannerie change en effet rapidement d’affectation lorsque l’ancienne abbaye devient établissement pénitentiaire.
Destiné en 1804 à servir de « granges, greniers à foin et écuries pour la garde » de la future prison, le bâtiment accueille ensuite dans sa partie ouest le bûcher pour la boulangerie de la prison située au sud de la cour. L’augmentation importante des détenus au cours des années suivantes entraîne de nouveaux besoins. Par la création de planchers supplémentaires en 1824-1825, la partie orientale est subdivisée en quatre niveaux pour le stockage des graines et des farines.
En 1828, la boulangerie est transférée au rez-de-chaussée de la partie centrale de la Fannerie, où prennent place deux fours qu’un mur et un couvrement voûté isolent des autres espaces où les produits entreposés sont inflammables. Au-dessus des fours, des planchers viennent également créer des niveaux de stockages Peu après, une grande citerne est construite au rez-de-chaussée de la partie occidentale du bâtiment en guise de réserve d’eau, mais vraisemblablement aussi pour éviter la propagation d’un incendie.
Dans les années 1860, le bâtiment connaît d’importantes réaffectations. Pour concentrer les lieux de travail des détenus à l’intérieur de la clôture carcérale, la boulangerie est transférée de la Fannerie au site de l’ancien prieuré de Madeleine. Les parties orientales et centrales de l’édifice sont alors transformées pour accueillir des logements pour les gendarmes de la caserne et des magasins de stockage pour l’économat.
Pour isoler les locaux de la caserne de gendarmerie des bâtiments de l’administration pénitentiaire, un mur est édifié en travers de la cour d’honneur vers 1900. Afin de disposer d’un accès depuis l’extérieur qui soit propre à la caserne, du côté de l’actuelle rue Saint-Jean-de-l’Habit, le mur nord de la Fannerie est donc percé d’un grand portail en partie ouest dont le rez-de-chaussée devient alors un passage couvert.
En 1923, la caserne est abandonnée et le bâtiment ne connaît plus de nouvelle affectation qu’un espace à usage d’entrepôt ponctuel. L’entretien n’en est que minimal et son état se dégrade progressivement.

Un chantier de restauration

D’importants travaux de restauration des extérieurs, clos et couvert, sont réalisés en 2008, précédés d’une étude d’archéologie du bâti en 2002.
Sans affectation depuis près d’un siècle, les espaces intérieurs, cependant, sont toujours dans un état d’abandon et attendent un projet de réaffectation. La création d’un musée pour y accueillir la collection Cligman vient donc à point nommé !

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