L’ancienne maison d’arrêt de Nantes

Cliquez pour agrandir l'image Bâtiment du greffe, palier du premier étage ©Yves Guillotin

Cliquez pour agrandir l'image Rez-de-chaussée de l’aile sud, porte de cellule ©Yves Guillotin

Cliquez pour agrandir l'image Premier étage de la rotonde centrale, ancienne chapelle devenue prison ©Yves Guillotin

Cliquez pour agrandir l'image Passage du pavillon d’entrée, clef de voûte formée d’une fleur entourée d’une chaîne ©Yves Guillotin

Cliquez pour agrandir l'image Vue aérienne du « Quartier La Fayette » (1934), montrant le palais de justice, la maison d’arrêt et la caserne de gendarmerie ©IGN, 1934

Pour remplacer l’ancienne prison de Nantes abritée durant plusieurs siècles dans l’ancien château du Bouffay, une « prison neuve » est construite de 1824 à 1831 rue La Fayette sur les plans, largement amendés, de l’architecte nantais Jean-François Ogée. Très rapidement, l’établissement est confronté à des problèmes de salubrité et d’hygiène, ainsi qu’au changement du régime pénitentiaire (adoption du régime par quartier au lieu du régime cellulaire).

L’ordonnance royale du 7 avril 1845 déclare d’utilité publique la construction d’un palais de justice, d’une prison et d’une caserne de gendarmerie dans un nouveau quartier, à proximité de la « prison neuve » dont la destruction est prévue. Au nord de la nouvelle place La Fayette (actuelle place Aristide-Briand), dans l’axe de la rue du même nom, les architectes nantais Saint-Félix Seheult et Joseph-Fleury Chenantais ordonnancent la façade monumentale du palais de justice inauguré en 1852. Chanantais  donne les plans de la caserne de gendarmerie, inaugurée en 1864 sur le côté ouest de la place, dont la façade a servi de modèle à celle des immeubles de rapport qui lui font face sur le côté est de la place, construits à partir de 1871 sur les plans des architectes Charles de Raimond et Evariste Simon.

Une prison moderne

Entre le palais de justice et la caserne de gendarmerie, la maison d’arrêt est construite de 1865 à 1869 sur les plans de Chenantais. L’édifice est précédé dans l’angle d’un pavillon d’entrée et d’un bâtiment administratif appelé le greffe, traités de façon classique en pierre de taille. Il prend le parti d’une croix grecque centrée sur un pavillon polygonal abritant la chapelle et inscrite elle-même dans un octogone. Cette forme dérive du plan panoptique conçu à la fin du XVIIIe siècle par le philosophe britannique Jeremy Bentham, qui permet une division par quartiers. A cet égard, la prison de Nantes est contemporaine de la prison Saint-Paul de Lyon, construite en 1860 sur les plans de l’architecte Antoine Louvier, qui adopte déjà ce plan rayonnant avec rotonde centrale, permettant la surveillance et la séparation des détenus, ainsi que l’organisation des  espaces.
Cependant, l’évolution du système carcéral et l’adoption de l’enfermement cellulaire entraînent à Nantes le cloisonnement des espaces dès 1875. D’importantes transformations en 1984 se traduisent notamment par un rhabillage complet des élévations intérieures.

Un lieu de vie et de création

Désaffecté en 2012, le site de l’ancienne maison d’arrêt est acquis en 2015 par Nantes Métropole et fait l’objet d’un projet de réaménagement avec programme immobilier qui conserve le pavillon d’entrée ainsi que le bâtiment du greffe, qui doit accueillir un théâtre.
Dans le cadre d’une campagne photographique d’urgence en mars 2017, le service du Patrimoine de la Région des Pays de la Loire a pu faire un état des lieux complet du site, mais également découvrir les traces laissées par les artistes grapheurs durant la manifestation Trickart Palace en novembre 2014.
C’est pourquoi il a également tenu à témoigner de l’exposition Entrez libres organisée durant l’été 2017 dans le cadre du voyage à Nantes.

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