Femmes et pouvoir à l’Abbaye de Fontevraud, XIIe-XVIIIe siècles

Cliquez pour agrandir l'image Marie-Madeleine-Gabrielle de Rochechouart de Mortemart, abbesse de Fontevraud

La Région a choisi l’Abbaye de Fontevraud, lieu emblématique dirigé par des femmes, pour mettre à l’honneur celles qui entreprennent dans les secteurs de la vie associative, artistique, économique, le 8 mars 2019. Florian Stalder, Conservateur des musées à la Conservation départementale du patrimoine de Maine-et-Loire, y donnera une conférence « Femmes et pouvoir à l’Abbaye de Fontevraud, XIIe-XVIIIe siècles ».

L’abbaye royale de Fontevraud possède l’originalité d’avoir été constamment dirigé par une abbesse, gouvernant des moniales et des frères. Véritable singularité dans l’église au XIIe siècle,  l’ordre double remonte aux origines  et s’est maintenu jusqu’à la révolution.

La place des femmes à Fontevraud

La communauté errante réunie par Robert d’Arbrissel  s’installe à Fontevraud  en 1101. Le groupe est constitué, de prêtres, de laïcs, de lépreux et de prostituées. La communauté double attire de nobles dames. En 1115, Robert d’Abrissel instaure la règle qui assujettit les frères aux sœurs  du Grand-Moûtier et  nomme Pétronille de Chemillé première abbesse de Fontevraud.
Elues par l’ensemble des moniales et des moines, les abbesses furent constamment bousculées dans l’affirmation de leur autorité, et sans doute davantage que dans un autre ordre religieux. Les abbesses assurèrent toutefois la prospérité de Fontevraud.  

Des femmes qui ont marqué l’abbaye

Sur les trente-six abbesses de Fontevraud, quinze étaient de sang royal. Ainsi, Mathilde d’Anjou, rejoint Fontevraud à 14 ans, veuve de l’héritier de la couronne d’Angleterre. Aliénor d’Aquitaine, successivement épouse de Louis VII, donc reine de France, puis de Henri II Plantagenêt, s’y retire en 1194 avant de mourir en 1204. Reine lettrée, son gisant la représente lisant.
L'abbesse Marie-Madeleine Gabrielle de Rochechouart de Mortemart, sœur de Mme de Montespan, est nommée abbesse à 25 ans par Louis XIV qui l’appuie dans les embellissements et aménagements de l’abbaye. Mme de Montespan  séjourne à Fontevraud et conçut le projet d'établir une fondation caritative dans le bourg de Fontevraud.  Cet hôpital de la Sainte-Famille fut assez vite transféré à Oiron (Deux-Sèvres), mais des bâtiments en subsistent, comme d'autres traces du passage de la Montespan.
Quatre filles de Louis XV ont par la suite été élevées à Fontevraud. Enfin, Julie-Gilette de Pardaillan d’Antin fut la 36e et dernière abbesse. Un décret du 17 août 1792 ordonna aux religieuses de quitter leur couvent.

Femmes et le pouvoir à Fontevraud : conférence

Florian Stalder, Conservateur des musées à la Conservation départementale du patrimoine de Maine-et-Loire, a étudié les relations entre les femmes et le pouvoir à Fontevraud du XIIe au XVIIIe siècle. Comment diriger une communauté monastique qui compta jusqu'à une centaine de prieurés ? De quelle légitimité et de quels soutiens les abbesses bénéficiaient ? Comment maintenir une conduite spirituelle ou comment imposer une réforme monastique ?
La conférence : vendredi 8 mars à 14h45 – Abbaye royale de Fontevraud

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