La chapelle Notre-Dame de Béhuard (49) à la loupe

Cliquez pour agrandir l'image La chapelle Notre-Dame de Béhuard (49) ©Bruno Rousseau – Conservation départementale du patrimoine de Maine-et-Loire

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Située à une quinzaine de kilomètres au sud-ouest d’Angers, la chapelle Notre-Dame de Béhuard - classée MH en 1862 - est un édifice emblématique de la confluence Maine-Loire. L’édifice fait actuellement l’objet d’une étude approfondie, dans le cadre de l’Inventaire du patrimoine de ce territoire, menée par la Conservation départementale du patrimoine de Maine-et-Loire, en partenariat avec la Région des Pays de la Loire.

Si l’on ignore l’origine de sa fondation, la chapelle est mentionnée dès le XIe siècle dans un acte de donation du chevalier breton Buhard aux moines de l’abbaye Saint-Nicolas d’Angers. Dès le début du XVe siècle, le lieu semble déjà constituer un pèlerinage prisé des navigateurs de Loire qui viennent s’y placer sous la protection de la Vierge. Il revêt en tout cas suffisamment d’importance pour qu’en mai 1431, le duc de Bretagne, Jean V, et la duchesse d’Anjou, Yolande d'Aragon, y assistent au serment prêté par leurs fils respectifs, François, comte de Montfort, et Charles d’Anjou. Mais c’est sous Louis XI que la chapelle acquiert sa véritable notoriété. Suite au naufrage de son embarcation sur la Charente auquel il réchappe de la noyade après avoir invoqué Notre-Dame de Béhuard, le roi de France décide de la doter richement puis, à la fin de sa vie, l’érige en collégiale desservie par six chanoines, six vicaires et trois enfants de chœur. Jusqu’à sa mort, en 1483, Louis XI se rendra une quinzaine de fois à Béhuard et fera bénéficier l’édifice de nombreuses largesses dont les importants revenus de la paroisse et de la seigneurie de Denée.

Recherche dendrochronologique à suivre

S’il est avéré que Louis XI a joué un rôle prépondérant dans la constitution du temporelle de l’église, la part prise par le roi dans sa reconstruction reste toutefois incertaine. Le dépouillement systématique des textes médiévaux, mené récemment en collaboration avec Marion Roman, étudiante à l’Université d’Angers, n’a pas permis d’imputer directement au roi de campagne de construction contrairement à ce qu’affirme traditionnellement la bibliographie. Par ailleurs, les relevés en coupe et en plan, confrontés aux observations archéologiques, dévoilent un bâtiment plus complexe qu’il n’y paraît. Une analyse dendrochronologique - datation par les cernes des bois - devrait permettre prochainement d’affiner la chronologie de cet édifice remarquable, situé un temps au cœur de la politique angevine de Louis XI.

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