Les Corbineau, une famille d'architectes de l'ouest français au XVIIe siècle

Cliquez pour agrandir l'image Jessy Jouan, doctorant chercheur ©PB Fourny

Cliquez pour agrandir l'image Au Collège des Jésuites de la Flèche (72), le retable du maître autel de la chapelle du Prytanée. L’association de la pierre calcaire et du marbre, extrait notamment des carrières de Saint-Berthevin (53), rehausse les éléments architecturaux. ©François Lasa

Cliquez pour agrandir l'image Couvent des Ursulines de Laval (53). L’architecture est simple pour les convents des ordres féminins des Ursulines (Laval, Nantes, Château-Gontier). ©DR

Cliquez pour agrandir l'image La façade de la chapelle de l’Oratoire à Nantes (44) reprend les codes de l’architecture italienne et affiche des décors commandés par les Oratoriens. ©Jessy Jouan

Jessy Jouan, doctorant chercheur au service patrimoine de la Région va faire connaître les Corbineau, trois générations d'architectes majeurs pour le patrimoine de la région.

Les œuvres architecturales et sculptées de la famille Corbineau, originaire de Laval, sont omniprésentes dans  le Maine, l’Anjou, le Poitou et la Bretagne. Des ensembles de retables, de couvents, d'églises, de chapelles, de châteaux, d’hôtels particuliers  de l'ouest de la France portent aujourd’hui encore leur signature. Leur diffusion géographique s’est rapidement amplifiée à partir des années 1630, les consacrant chefs de file de la production architecturale du grand ouest français au XVIIe siècle. La soixantaine d'œuvres signées de leur nom qui nous est parvenue témoigne également de l’habileté et d’un style architectural singulier qui fit école en leurs temps.

Une thèse en préparation

Jessy Jouan, en 2e année de doctorat d’histoire de l’art à l’Université de Nantes, prépare une thèse sur cette dynastie qui n'a encore jamais fait l'objet d'une monographie. Cette recherche s’inscrit dans le cadre inédit d’une convention triennale de recherche et de collaboration regroupant conjointement l’Université et la Région. La thèse de Jessy Jouan fera ainsi mieux connaître ces architectes au rôle fondamental pour l'histoire de l'art et le patrimoine régional.
Pour le service du Patrimoine, ce travail permettra de compléter les études d’Inventaire déjà menées autour de l’œuvre de la famille Corbineau (retables lavallois, prytanée militaire de La Flèche, etc.), de les mettre en perspective et ainsi de mieux comprendre, à travers l’évolution et la production d’ateliers familiaux régionaux , la période de grand renouveau architectural et artistique que forme le XVIIe siècle.

Classicisme

L’expression « art baroque » renvoie généralement aux œuvres monumentales ou décoratives des XVIIe siècle dont les caractéristiques principales sont l’effet théâtral et la surcharge ornementale. Ce courant, qui trouve son origine à Rome dès le XVIe siècle, est nommé, dans le contexte français, classicisme, par réaction française vis-à-vis de l’art italien. Au fond, le débat terminologique importe peu ici, mais il convient de garder à l’esprit que la production artistique de la première moitié du XVIIe siècle en France prend ses racines dans deux traditions : les modèles italiens contemporains et les modèles français du XVIe siècle. Plus généralement, ce siècle est marqué par des innovations constructives et décoratives tantôt liées à la Réforme catholique, tantôt à l’apparition de la noblesse parlementaire. Si Paris se positionne comme centre artistique majeur à partir du règne de Henri IV, les provinces françaises voient elles aussi surgir des formules esthétiques inédites directement issues de ces deux traditions. Parallèlement à cette large diffusion à l’échelle du royaume de France, le Maine, l’Anjou et la Bretagne, forment un espace dans lequel se développent des productions originales. Pour exemple, Le Mans s’impose comme un important foyer de production de sculpture en terre cuite et Laval se démarque par ses retables au vocabulaire unique, aujourd’hui connus sous le nom de « retables lavallois ».



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