Maisons dites villas balnéaires et immeubles à logements

Loire-Atlantique

Références

Auteur :

Charles Alain ; Mise en forme sous Renabl : Durandière Ronan

Date d’enquête :

1990

Historique

Commentaire historique :
Le repérage (quasi exhaustif jusqu'en 1939) porte au total sur 2306 villas construites (2108 repérés, 198 sélectionnées) entre 1860 et 1960. Parmi elles, plus d'une centaine ont fait l'objet d'une publication dans une revue d'architecture entre 1903 et 1960 (voir annexe 2). La phase de construction la plus importante du repérage se situe entre les deux Guerres (plus de 50 %). Le nombre pour l'année 1930 est important car, lors de l'enquête, les villas sans source ont été datées sur des critères stylistiques. L'année 1930 est donc générique pour certaines villas construites entre 1925 et 1935. Plus du quart sont datée entre 1880 et 1910 ce qui est peu mais à cette époque beaucoup se dressaient sur le front de mer. Or durant les années 1970 à 2000, nombre d'entre elles ont été éradiquées pour une architecture collective dite architecture financière. La villa la plus marquante et la plus ancienne de la station balnéaire de la Baule a été dessinée par l'architecte de la station, Georges Lafont. Exerçant à Nantes, il est présenté par les concessionnaires des Dunes d'Escoublac, Yves Berthault, au comte Hennecart qui l'embauche pour dessiner un petit village paisible. La ligne de chemin de fer passant au niveau de la Poste actuelle, Lafont construit devant la gare une villa avec de nombreuses références médiévales et gothiques et la nomme « Symbole ». Les deux pignons couverts par des demies croupes ornées d'épis de faîtage en céramique (entreprises normandes Filmont ou Bavent), l'escalier hors œuvre (typique du Moyen Age) est protégé par un hourd (bardage vertical en bois avec fenestrons pour repousser l'attaquant). Architecture ludique et romantique, elle ne reprend pas les critères traditionnels du monde urbain (symétrie quasi obligatoire, référence classique, mitoyenneté). La situation du bâti est entourée de végétal, ce qui est primordial pour une villa. Ses baies sont plus vastes qu'en milieu urbain. Lafont forme une cohorte d'architectes qui reprendront son style et cette villa servira de référence imaginaire pour les autres réalisations. Sur le front de mer, dominent jusqu'à la grande guerre les villas de style « castel moyenâgeux » en granite taillé. L'élégance (éclectique pour autant) du décor est empreinte d'une bonne dose de fantaisie. Le travail du bois (lambrequins, ferme, débordante, garde corps, structure de véranda) est très important. Hormis cette facture médiévale si importante avant 1914, toute une collection de styles va enivrer les villégiateurs et leurs architectes (médiéval, gothique, ottoman, mauresque, art nouveau, art déco, classique) puis après la reconquête de 1918 les couleurs régionalistes françaises sont hissées avec quelques autres plus lointaines : Breton, basque, provençal, anglo-normand, hollandais, italien et même très lointaines : paquebot, colonial, international. Le style marquant de l'Entre-deux Guerres, c'est l'anglo-normand (1/3) puis le basque (22 %) et le breton (15 %). Les parisiens ne juraient que par Deauville si proche de Paris mais si la facture bretonne arrive en troisième position, c'est parce qu'il est cher de tailler du granite et l'ensemble esthétique est assez lourd. Le modèle basque, quant à lui, est tout compte fait plus économique (toit à deux pentes et pan de bois comme à la campagne). Après la deuxième guerre mondiale, le rêve américain si proche par son amour de la nature et des grands espaces se traduira par une facture californienne, mais le soleil espagnol aura ses aficionados tout comme la cabane brièronne (par le même architecte).

Localisation

Département :

44

Aire d'étude :

Villégiature balnéaire en Loire-Atlantique

Commune :

La Baule-Escoublac

Latitude :

47,29099277 X

Longitude :

-2,35303242 Y