Maison dite villa balnéaire Mimi-Soleil puis Ker Souveraine

Loire-Atlantique

Références

Auteur :

Charles Alain

Date d’enquête :

1994

Historique

Commentaire historique :
Pour Ker Souveraine, la "villa aux Sirènes", trois architectes se sont penchés sur sa conception : Henri Godivier s'installe au Pouliguen sur les conseils de son médecin en 1921 et est vite débordé de travail. A La Baule, il a réalisé l'ensemble des villas néoclassiques et bretonnantes entre les hôtels Majestic et Hermitage. Il est le premier à présenter l'esquisse d'une villa néoclassique en 1924 à la comtesse de La Noüe. Mais habitant à l'autre bout de la baie, il demande l'aide d'un confrère de Pornichet. L'association dure quelques mois puis Godivier part à Segré, quelque peu écœuré par les entreprises locales. Georges Vachon a repris en 1918 l'agence de Félix Viale, retourné à Menton avec la Première Guerre mondiale, et travailla aussi comme chef d'agence chez Ferdinand Ménard, ami de Viale. Tous deux furent élèves de Georges Lafont, architecte de la station de La Baule. Vachon récupère alors la commande et propose d'autres esquisses plus régionalistes mais la comtesse préfère la villa italienne à toiture terrasse telles celles éditées par l'architecte J. Bourniquel dans la revue Comment Construire sa Maison de janvier-février 1925 (n° 17 et 18) et d'octobre 1925 (n° 78, 79, 82, 89). Il réalise la conception et tous les plans de détails de Mimi-Soleil (nom donné sur les plans) que la comtesse s'offre grâce à son grand ami, Lucien Rosengart, directeur commercial des automobiles Peugeot (jusqu'en 1928) dont un panneau de réclame se dressait sur le terrain du chantier. Mais Vachon perd la confiance de sa cliente car le maçon de Pornichet Jules Corbé loupe le mur de clôture en ne lui donnant pas assez de fruit lors de son érection. Un procès de 10 ans finit par condamner le maçon et soulagea Vachon. Adrien Grave, arrivé depuis peu à La Baule (1923), finalise la décoration intérieure dans un joyeux mélange très kitsch : Art-Déco, Louis XVI, breton, chinois ! Il ajouta les vases sur l'acrotère et les balustrades que Vachon traita de "plumets de corbillard". Plutôt très disert sur ses projets et ses nombreuses réalisations, il ne s'appropriera pas cette villa qu'il termine. Grave et Vachon avaient pourtant travaillé ensemble vers 1926 sur le projet puis seul Vachon exécuta les plans de détails. Vachon a-t-il proposé une collaboration à Grave architecte et décorateur (ancien élève de l'école Germain Pilon) ? Grave venait alors de se séparer de Georges Meunier avec qui il démarra à La Baule. Vachon, même s'il ne termine pas le chantier, reste malgré tout le maître d'œuvre de cette villa symétrique et néoclassique possédant en plus un vocabulaire architectural bien ouvert sur l'extérieur : perron, balcon, loggia au centre de deux bow-windows, grande terrasse à l'étage. Le dossier de plans est dans le fonds Vachon (non inventorié).
Auteur Historique :

Vachon Georges (architecte) ; Godivier Henri (architecte) ; Grave Adrien (architecte)

Description Architecturale

Commentaire descriptif :

Plan rectangulaire avec un rez-de-chaussée surélevé sur sous-sol semi-enterré et surmonté d'un étage couvert par un toit terrasse. Cette villa symétrique de style néoclassique, version art déco est implantée au milieu d'un jardin et au sud de la parcelle. Elle est bordée au nord par l'avenue de Mazy (n° 16). La toiture terrasse en zinc est recouverte d'un complexe d'étanchéité bitumé. Les murs ont une structure en béton armé et parpaings (de machefer ?). Ils sont recouverts d'un enduit imitant les pierres taillées. Le mur de clôture et le soubassement sont en moellons de granit. Un auvent en tuile canal ceinture la villa au niveau de la toiture et protège une frise à l'italienne en ciment moulé représentant des sirènes alanguies sur fond d'océan au-dessus d'une corniche moulurée. Au rez-de-chaussée, un boudin mouluré ceinture aussi tout le bâtiment. Des vases de fleurs art déco ponctuent l'acrotère et des vases à fleurs naturelles sont fixés sur chaque piédestal de garde-corps. La façade sud est composée d'un avant-corps au rez-de-chaussée précédé d'un perron avec une double volée d'escalier et un balcon bombé garni d'un garde-corps à balustre. 2 petits balcons de part et d'autre de cet avant-corps l'agrandissent jusqu'au nu des façades est et ouest. Dans l'axe du perron, une loggia est composée de 3 baies dont la centrale, deux fois plus large, est supportée par des colonnes gémellées à facettes. Leur chapiteau est orné de roses en ciment moulé, tout comme les tympans au-dessus des arcs. La clé d'arc de la baie centrale représente une tête de femme et les 2 autres : des coquilles Saint-Jacques allongées. A l'étage, un balcon terrasse protégé par un garde-corps à balustres couvre les 2 avants-corps et la loggia. Au centre, une porte-fenêtre cintrée entourée de 2 châssis fixes puis 2 autres portes-fenêtres cintrées de part et d'autre ouvrent sur ce balcon. Au sous-sol semi-enterré de la façade nord, une porte de garage et 2 fenêtres encadrent l'escalier d'accès au rez-de-chaussée. Celui-ci est surplombé par un balcon couvert d'une pergola. La porte d'entrée du rez-de-chaussée est encadrée par 4 consoles en ciment moulé et 4 châssis entre les consoles. De part et d'autre de cette entrée, 2 larges fenêtres cintrées avec châssis fixes sont surmontées de 2 portes-fenêtres ouvrant sur 2 petits balcons avec garde-corps à balustres. Au centre des balcons, une porte-fenêtre surmontée d'un grand châssis fixe ouvre sur le grand balcon à pergola situé entre les niveaux. Au sud (mer) de la façade est, l'avant-corps est précédé de l'escalier et du balcon bombé. Une porte-fenêtre à plein cintre ouvre sur le balcon sur surplombe une fenêtre au sous-sol semi-enterré. Au centre de la façade, la porte-fenêtre de la salle à manger ouvre sur un petit balcon avec garde-corps à balustre et à l'étage, cette porte-fenêtre est surplombée par un balcon lui aussi avec balustre. Ce pan de façade est percé de 3 fenêtres au sous-sol semi-enterré. Le retour de façade au nord (terre) est percé au rez-de-chaussée et à l'étage de 2 fenêtres. Une cheminée se dresse sur l'acrotère entre les fenêtres d'étage. Le sous-sol semi-enterré est percé d'une porte de service et d'une fenêtre. Au sud (mer) de la façade ouest, le même agencement se retrouve puis le centre est percé au rez-de-chaussée d'un châssis fixe empli d'un vitrail au motif maritime. A l'étage, une porte-fenêtre ouvre aussi sur un même balcon à garde-corps à balustre. Au sous-sol semi-enterré de ce pan de façade, une porte de service est encadrée de 2 fenêtres. Le retour (côté terre) est seulement percé à l'étage de 2 fenêtres. Au nord de la parcelle une grille en fer forgée, protégée par un auvent en tuile canal, ferme le portail de la clôture. 3 niveaux, 3 travées/espaces de transition : perron, loggia, bow-window, balcon terrasse, auvent toiture, auvent portail.

Matériau(x) de gros œuvre et mise en œuvre :

enduit

Matériau(x) de couverture :

zinc en couverture ; bitume ; tuile

Type de couverture :

terrasse

Localisation

Département :

44

Aire d'étude :

Villégiature balnéaire en Loire-Atlantique

Commune :

Pornichet

Lieu :

Mazy

Adresse :

Océanides

Rue :

Océanides

Latitude :

47,27270934 X

Longitude :

-2,35542181 Y

Intérêt et protection

Intérêt de l'oeuvre :

à signaler portail

Date(s) et nature de la protection :

2002/09/19 : inscrit MH

Situation juridique :

propriété privée