Casino dit Kursaal puis Casino

Loire-Atlantique

Références

Auteur :

Charles Alain

Date d’enquête :

1994

Historique

Commentaire historique :
Ce bâtiment est appelé dès son origine, vers 1910, "Kursaal" (salle des curistes en allemand). L'éditeur Flammarion, publiant une plaquette sur Pornichet en 1909, indique d'ailleurs qu'il ne faut pas chercher ce mot dans le dictionnaire ! Le romancier Julien Gracq se souvient dans "Lettrines", lors de ses vacances estivales à Pornichet, de sa passion du cinéma et du bruit des vagues à la nuit tombée sous la véranda en toile. Après avoir servi d'hôpital militaire durant la 1ère guerre mondiale, il est parfois dénommé Casino après la victoire de 1918. L'architecture de ce Kursaal ressemble aux différents projets de l'architecte nantais (et baulois) Georges Lafont alors en fin de carrière à moins que cela ne soit le coup de crayon des ses élèves Ferdinand Ménard et Emile Le Bot, à l'époque en pleine ascension, et fervents adeptes de modénature art nouveau. Lors de l'érection du lotissement de La Baule Les Pins avec projet de Casino face mer en 1923, François André d'une part à La Baule (face hôtel Royal) et Maxime Ledru à Pornichet réalisent qu'il leur faut rénover leur établissement pour ne pas se faire damer le pion. André s'adresse à Ménard (Le Bot n'est plus associé) pour restaurer et agrandir dans un style néoclassique le casino de La Baule (inspiré de celui de Deauville) et Ledru commande à Georges Vachon (ancien chef d'agence de Ménard) l'extension au goût du jour de celui de Pornichet. Le projet démarre en 1925 et l'extension en 1926. Mais un autre projet voit le jour à la même époque. Vachon, fraîchement associé en début d'année puis séparé en novembre 1925 de l'architecte rémois Léon Louvet, se retrouve en conflit avec ce dernier pour le projet de casino municipal. Louvet ayant constitué la "Société Immobilière de la Côte d'Amour et de la Presqu'île Guérandaise" avec différents entrepreneurs locaux propose à la municipalité sur les parcs à goémons récupérés à l'Etat un grand casino exploité pendant 45 ans puis remis à la ville en 1972. Ce projet comporte aussi un établissement thermal avec piscine de 120 m² et un hôtel mais la réalisation de ce casino de style "normand adapté" ou de style "Cote d'Amour, et cela dit tout" (commente l'Echo de Pornichet !) ne se fera pas par manque de financement. Entretemps, le projet de Vachon pour Ledru parait grandiose : démolition de la villa "Belle-Vue" au Sud et agrandissement en symétrie autour du clocher Sud puis extension vers la mer pour un dancing plus cinéma côté Nord et un restaurant dancing côté Sud. Revu à la baisse ce projet ne comporte en fait que le dancing avec piste de danse lumineuse et une salle de jeu. Le doublement de l'ancien bâtiment "Kursaal" sur la villa "Belle Vue" ne fut pas réalisé. Ce bâtiment a été restauré vers 1990. Après avoir écouté différentes conférences d'un chercheur, l'office du tourisme de Pornichet publie une version assez secouée (reprise aussi par les Editions Flohic dans les 2 tomes sur la Loire-Atlantique). Il y est question, entre autre, de la "villa Kursaal" possédée par l'éditeur Taride (il s'agit de la villa Ker Marie, au Nord du Kursaal, dessinée en 1882 par Albert Tournaire, neveu de Taride et architecte non diplômé à l'époque mais futur Grand Prix de Rome et auteur de la villa basque "Arnaga" pour Edmond Rostand en 1906), et de Georges Vachon qui dessine le nouveau casino en 1911 (assez précoce le jeune homme, né le 2 février 1897, il n'a alors que 14 ans !).
Auteur Historique :

Lafont Georges (?, architecte) ; Vachon Georges (architecte)

Description Architecturale

Commentaire descriptif :

Plan massé avec rez-de-chaussée sur sous-sol semi-enterré et étage. Ce bâtiment symétrique implanté au centre d'un parcelle bordée à l'est par l'avenue Collet (n°25). La couverture est en ardoise et les murs sont en moellons de granit à l'étage du 1er bâtiment et recouvert d'enduit pour le reste des bâtiments. A l'étage de la façade ouest du Kursaal (1910), une large baie cintrée et vitrée de 6 fenêtres est encadrée par 2 poteaux à pilastre plus une autre baie à 2 fenêtres. Au-dessus de cette baie, une tête de femme souriante est sculptée au sommet du fronton. Les lettres Kursaal de facture Art Nouveau sont peintes sous la tête. Au-devant de cette baie vitrée, un balcon terrasse avec garde corps en ciment moulé fait office, au rez-de-chaussée, de véranda dans laquelle ouvrent 3 portes-fenêtres dans une façade vitrée. Le garde corps de la véranda est à balustre en ciment moulé. De part et d'autre de cette véranda, 2 pignons couverts avec ferme débordante et épi de faîtage en bois sculpté sont surmontés de toit en pyramide avec lanterne et percés à l'étage d'une large fenêtre aussi haute que la baie centrale. Les allèges sont ornées de sculpture végétale Art Nouveau. Sous chacune de ces 2 fenêtres une large porte-fenêtre ouvre sur une terrasse comportant la véranda et un escalier de 7 marches face à chaque entrée mène à une esplanade au devant du bâti. Le garde corps de la terrasse et des escaliers est à balustre. L'extension du casino (1926) rempli l'esplanade au devant du Kursaal et de la villa « Belle Vue ». Il comporte un porche en loggia central soutenu par 2 colonnes cannelées. Ce porche est encadré de 3 vastes fenêtres carrées avec jardinières au-devant des appuis de fenêtre. Ceinturant l'extension, une frise Art Déco en ciment moulé protégée par une corniche surmontée d'un acrotère avec pot de fleurs cannelés au-dessus de chaque poteau de fenêtre, représente des vagues et de l'écume. 3 travées, 3 niveaux ; 7 travées, 2 niveaux et : balcon terrasse, véranda, porche.

Matériau(x) de gros œuvre et mise en œuvre :

enduit

Matériau(x) de couverture :

ardoise ; bitume

Type de couverture :

toit en pavillon ; terrasse ; toit à longs pans brisés ; pignon couvert ; noue ; lanterne

État de conservation :

restauré

Localisation

Département :

44

Aire d'étude :

Villégiature balnéaire en Loire-Atlantique

Commune :

Pornichet

Adresse :

Océanides

Rue :

Océanides

Latitude :

47,26707865 X

Longitude :

-2,34656133 Y

Intérêt et protection

Intérêt de l'oeuvre :

à signaler

Situation juridique :

propriété privée