Boulevard de l'Océan, actuellement boulevard du Général Leclerc

Loire-Atlantique

Références

Auteur :

Delpire Laurent ; Grimaud Romain (mise en forme)

Date d’enquête :

1997

Historique

Commentaire historique :
L'arrivée du chemin de fer en 1879 favorise l'expansion rapide de nouvelles stations (La Baule, Pornichet) qui concurrencent bientôt Le Croisic et la relègue au rang de petite station familiale. Les édiles locaux pensaient pourtant que la prolongation de la ligne Paris-Saint Nazaire jusqu'au Croisic allait avoir un effet bénéfique sur le développement de la cité. Face à cette nouvelle concurrence, un groupe de notables locaux et de propriétaires terriens publient en 1892 dans un journal de Nantes, un cri d'alarme au titre volontairement provocateur : « Ce qui peut sauver Le Croisic », diatribe qui s'adresse directement aux élus locaux, le texte débute par : « Le Croisic se meurt, les étrangers l'abandonnent ! Que faire ? ». Parmi les nombreuses propositions ébauchées comme la création d'un réseau d'eau potable, d'un service de répurgation ou le curage de la Chambre des Vases, celle de la création d'une voie conduisant directement de la gare à la plage de Port Lin retient rapidement l'intérêt de la municipalité d'autant que cette initiative est relayée par un investisseur privé en la personne de l'architecte nantais Clément Josso, par ailleurs gérant de la société immobilière de Port-Lin. Le handicap du Croisic est l'éloignement des plages bien exposées et où l'on peut se baigner facilement, la baie de Port Lin paraît le site idéal, mais elle n'est alors reliée au centre-ville que par de mauvais chemins ruraux. L'architecte Josso entreprend donc à sa charge l'ouverture d'un boulevard de 700 mètres qu'il finance en vendant terrains à bâtir et villas. Dès le 25 mai 1894, le boulevard de l'Océan peut être considéré comme achevé puisque trois chalets et une élégante villa précisent déjà l'alignement des constructions à venir. Mais Josso, n'obtenant pas le soutien municipal qu'il souhaitait pour les transactions, a bien du mal à terminer les travaux et à commercialiser les terrains. Seuls le haut et le bas du boulevard se garnissent de nouvelles habitations, sans pour autant respecter strictement les volontés de l'architecte (anarchie dans les implantations par rapport à la voie). Pour Josso, les difficultés s'accumulent, il perd dans un contentieux qui l'oppose à la Ville de Nantes pour la construction du musée des Beaux-Arts. Tous ses biens sont saisis, il doit quitter Le Croisic sans avoir achevé son œuvre. Le boulevard de l'Océan, mettra plusieurs décennies à être urbanisé, ce qui explique l'architecture éclectique qui le borde et qui témoigne d'époques très différentes. Cinq lotissements sont implantés à proximité durant l'entre à la charnière des années 1920-1930. Après la Seconde Guerre mondiale, il sera rebaptisé boulevard du Général Leclerc.

Localisation

Département :

44

Aire d'étude :

Villégiature balnéaire en Loire-Atlantique

Commune :

Croisic (Le)

Latitude :

47,28766688 X

Longitude :

-2,50999826 Y