Hôtel de Gravechat

Luçon (commune)

Références

Auteur :

Réau Marie-Thérèse

Date d’enquête :

2007

Commanditaire :

Région Pays de la Loire / Ville de Luçon.

Historique

Commentaire historique :
L'ancienneté de l'hôtel de Gravechat, appelé antérieurement du Puy du Fou, est attestée par le texte des déclarations d'aveu faites sous l'Ancien Régime ; la demeure ressortissait, en partie du fief de l'évêque, en partie du fief de la Grande Roulière. Grace à ces documents et aux actes de vente ou de location de l'hôtel, il est relativement aisé de dater les bâtiments et d'en identifier les commanditaires. Des constructions antérieures au XVIIIe siècle, il reste peu de choses. Selon le plan d'environ 1780, le bâtiment sud aurait été édifié par le chanoine Pierre Courtois, dont nous savons qu'il posséda l'hôtel entre 1750 et 1770 ; il ne s'agit sans doute que d'une réfection, remployant des éléments plus anciens. Ce bâtiment a, par la suite, été aménagé en communs (buanderie, logement de domestiques etc). Par un acte de 1778, nous savons que le bâtiment principal, entre cour et jardin, est dû à l'initiative de Louis François Marie Poictevin de la Rochette et qu'à cette date, il était à peine achevé. Cette information est confirmée par une mention sur le plan de 1780, où le bâtiment est qualifié de nouveau corps de bâtiment construit par Mr de la Rochette. Quant au bâtiment à l'ouest de la cour, reconstruit ultérieurement, il est dit ancien sur le plan de 1780. A la Révolution, la demeure est vendue comme bien national provenant des frères Poictevin de la Rochette, émigrés, et de leur soeur Adélaïde, épouse de Louis Chantreau ; elle est acquise par ce dernier, le 1er juillet 1798. La construction du portail, des deux bâtiments qui l'encadrent et la reconstruction du bâtiment ouest peuvent être datées de la période 1822-1827, d'une part par la comparaison du plan d'alignement de 1822 et du plan cadastral de 1845, d'autre part par la lecture d'un registre informant des travaux exécutés à Luçon de 1827 à 1845. Le plan de 1822 reprend la configuration du plan cadastral de 1816, alors que le plan de 1845 correspond à la configuration actuelle ; quant au registre, il ne note pas de travaux à Gravechat pour les années 1827-1845. Le style néoclassique des bâtiments confirme cette datation ; ils semblent contemporains des travaux de décor intérieur (décors stuqués et papier peint étudié dans la base Palissy). Cette campagne a vraisemblablement été engagée par Charles Perreau, propriétaire de la demeure jusqu'en 1831 - une hypothèse étayée par le fait que le prix de la demeure a plus que doublé entre les ventes de 1804 et 1831. En 1880, les matrices cadastrales attestent la construction d'un magasin pour Jean Jolly ; il s'agit d'un bâtiment détruit, autrefois dans la cour, contre le bâtiment de communs ouest.
Datation des campagnes principales de construction :

2e moitié 18e siècle;18e siècle;2e moitié 18e siècle;18e siècle;1ère moitié 19e siècle;19e siècle

Auteur Historique :

auteur inconnu

Description Architecturale

Commentaire descriptif :

L'hôtel proprement dit, entre cour et jardin, s'élève du côté est. Il est en moellons de calcaire enduits, sauf les avant-corps sur cour et sur jardin qui sont en pierre de taille ; sa toiture en tuiles creuses est à longs pans à croupes. Il est desservi par un escalier en pierre à petit jour central, avec une rampe en fer forgé. Les autres bâtiments constituent l'essentiel des communs. Le bâtiment ouest abritait notamment la remise à voitures, l'écurie, la sellerie, un grenier et des logements de domestiques ; les bâtiments nord encadrant le portail abritaient une orangerie à l'ouest et la descente de cave à l'est. Ces trois bâtiments sont en pierre de taille et couverts en tuiles, d'un toit à longs pans à une croupe pour le bâtiment ouest, de toits à un pan pour les bâtiments nord. Le bâtiment sud abritait notamment la buanderie et des logements de domestiques ; il est en moellon enduit et couvert d'un toit en tuiles à un pan ; c'est le seul bâtiment dont la façade est simplement à travées, toutes les autres étant ordonnancées.

Matériau(x) de gros œuvre et mise en œuvre :

calcaire ; pierre de taille ; moellon ; enduit

Matériau(x) de couverture :

tuile creuse

Type de couverture :

toit à longs pans ; croupe ; toit à un pan

Partie de plan :

plan rectangulaire régulier

Vaisseaux et étages :

sous-sol ; 1 étage carré

Emplacement, forme et structure de l’escalier :

escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie

État de conservation :

restauré

Localisation

Département :

85

Aire d'étude :

Luçon (commune)

Commune :

Luçon

Adresse :

Centre-ville

Rue :

Centre-ville

Latitude :

46,45469234 X

Longitude :

-1,16906392 Y

Intérêt et protection

Intérêt de l'oeuvre :

à signaler

Date(s) et nature de la protection :

1984/12/05 : inscrit MH partiellement

Situation juridique :

propriété privée

Documentation

Documents d'archives :

AD Vendée. 1 E 1026 : Papier censaire et rentier de la seigneurie de la Grande Roulière, d'après un dénombrement de 1641 actualisé jusqu'au milieu du XVIIIe siècle, article 42.;Archives de l'évêché de Luçon. AAL 2 (2e série, divers 1598-1758) : Le 14 septembre 1725, convention entre Samuel Baranger et Yves Léon de Rorthais, concernant la résiliation du bail de la maison de Gravechat que Rorthais tenait en location de Baranger.;AD Vendée. 3 E 49/49 (étude Pouget) : Acte de vente de l'hôtel, par le chanoine Pierre Courtois à Louis François Marie Poictevin de la Rochette, le 24 décembre 1770 ; il est précisé que Pierre Courtois avait acquis l'hôtel d'Anne Baranger, les 4 et 5 septembre 1750.;AD Vendée. 3 E 49/52 (étude Jouanneau) : Location de l'hôtel, par Louis François Marie Poictevin de la Rochette à Claude René Avron, le 11 juin 1778. Il est question, dans l'acte, d'un bâtiment neuf du côté est ; Avron pourra en faire achever les pièces de l'étage, au-dessus de la cuisine et de l'office, après avoir soumis les plans au bailleur. De même, il pourra aménager le jardin.;Archives de l'évêché de Luçon. AAL 3 (2e série, divers 1759-1796) : Le 26 novembre 1779, transport de droits de propriété pour la somme de 150 livres, fait par Marie Madeleine Laforest, veuve Baranger, à Louis François Marie Poitevin de la Rochette, concernant un emplacement qui leur est commun ainsi qu'à la dame de la Ménolière [la venelle à l'ouest de Gravechat et à l'est de la maison qu'occupe alors la veuve Baranger].;AD Vendée. 1 G 24 : Cens et rentes dues à l'évêché sur quelques maisons situées à l'intérieur de la ville de Luçon (vers 1780), article 42 accompagné d'un plan ; le plan (reproduit dans le dossier) montre le bâtiment sud construit par Courtois, le bâtiment ouest qui est ancien, et, à l'est, le nouveau corps de bâtiment construit par Mr de la Rochette.;AD Vendée. 3 E 49/117 (étude Clément) : Aveu et dénombrement rendu par le chapître à l'évêque pour une partie de la propriété, le 23 février 1788. L'hôtel, alors à la veuve Poictevin de la Rochette, est dit anciennement au chanoine Courtois, antérieurement à Baranger, à Gaudineau et à Landriau ; le document précise que l'hôtel appartenait à Jean Saillant en 1601, à Gilles Luneau en 1542 et à Thomas de la Vergne en 1541.;AD Vendée. L 832 : Relevé du censaire des baronnies de Luçon, le 1er juillet 1790, article 160.;AD Vendée. 1 Q 267, n° 1419 : Acte d'adjudication de l'hôtel, vendu comme bien national, le 13 messidor an VI (1er juillet 1798), à Louis Chantreau.;AD Vendée. 3 E 49/136 (étude Chauveau) : Acte de vente de l'hôtel, par Louis Chantreau et Adélaïde Poictevin de la Rochette, à Charles Louis Honoré Perreau, le 2 frimaire an XIII (23 novembre 1804) ; il est précisé que la maison est occupée par le juge de paix Chessé.;AD Vendée. E dépôt 128. 1 G 5 : Registre des augmentations et diminutions de l'impôt foncier, établi à partir du cadastre de 1816, pour les années 1827-1845 : pas de travaux indiqués pour Gravechat entre ces deux dates.;AD Vendée. 3 P 1416 : Matrices des propriétés bâties (1882-1911) du cadastre de 1845, en particulier le Registre présentant les augmentations et diminutions survenues dans la contenance et les revenus portés sur les matrices cadastrales. - En 1883 pour la parcelle F 27 : mention de nouvelle construction de magasin, achevée en 1880, pour Jean Jolly. L'impôt foncier est de 80 francs.

Bibliographie :

MOREAU, Grégoire. Propriété immobilière à Luçon (1770-1830). Mémoire de maîtrise d'Histoire : I.C.E.S., La Roche-sur-Yon : 2000