Collège Richelieu, puis séminaire

Luçon (commune)

Références

Auteur :

Réau Marie-Thérèse

Date d’enquête :

2007

Commanditaire :

Région Pays de la Loire / Ville de Luçon.

Historique

Commentaire historique :
Le collège Richelieu a été fondé par Mgr Baillès en 1850, année même du vote de la loi Falloux autorisant l'enseignement libre. Pour réaliser son projet, Mgr Baillès a choisi l'architecte parisien Emile Boeswillwald, avec lequel il était en contact pour ses travaux à la cathédrale en tant qu'architecte diocésain. Nous n'avons retrouvé ni les plans ni les autres pièces du projet, mais la paternité de l'architecte est assurée, ne serait-ce que par le texte du marché passé en 1851, où il est fait référence aux plans de Mr Boeswillwald. Selon la tradition, l'architecte se serait inspiré du collège Sainte-Marie d'Oscott (près de Birmingham), construit par Pugin vers 1838 ; bien que les rapports architecturaux entre les deux édifices restent d'ordre général, cette source est vraisemblable pour le choix du style, le parti d'ensemble et l'ampleur des constructions. Toujours selon la tradition, un différend serait survenu entre Mgr Baillès et l'architecte dès le début des travaux ; pour cette raison ou, plutôt, pour des raisons de proximité, c'est l'abbé et architecte Pierre Barillaud qui a conduit les travaux. Le premier événement dans l'histoire du collège remonte au 29 octobre 1850, date de l'achat du terrain par Mgr Baillès. Le mode de financement des travaux sera de trois natures : une souscription lancée par le prélat fin 1850, une loterie organisée en 1858 et un emprunt contracté en 1869. Le chantier se déroulera en trois phases : tout d'abord les bâtiments entourant la cour d'honneur, puis l'aile du réfectoire et, enfin, la chapelle. Le 15 juillet 1851, est posée la première pierre de la future institution ayant pour nom Sainte-Marie et Saint-Joseph (deux des prénoms de Mgr Baillès). A la mi 1852, la construction des bâtiments entourant la cour d'honneur est bien avancée ; la date 1852 est portée sur une lucarne du bâtiment principal, mais les travaux dureront jusqu'en 1856. Comme nous l'avons déjà indiqué, les travaux sont exécutés selon les plans de Boeswillwald et sont conduits par l'abbé Barillaud ; par les comptes de l'institution, nous connaissons l'identité des artisans, la plupart luçonnais comme le stipulait le cahier des charges. La première rentrée des classes a lieu en octobre 1856 (quelques mois après la démission de Mgr Baillès) et le nouvel évêque, Mgr Delamare, confie la direction de l'établissement aux Eudistes, remplacés par des prêtres diocésains en 1878. La seconde campagne de travaux - consistant notamment à bâtir autour d'une seconde cour - est entreprise début 1869, sous l'épiscopat de Mgr Colet ; elle se limitera à la construction de l'aile du réfectoire, située à l'est de cette cour. Enfin, de 1880 à 1882, sous l'épiscopat de Mgr Catteau, la chapelle est édifiée par Victor Clair (architecte départemental de 1855 à 1878) et l'entrepreneur luçonnais Henri Hibert. Les premiers plans, datés de 1877, seront revus et simplifiés par l'architecte. La première pierre est posée le 22 juin 1880 et la cérémonie de bénédiction a lieu le 23 mai 1882. Le mobilier et le décor seront réalisés peu après : le maître-autel par les sculpteurs angevins Chapeau et Belouin en 1887, l'Atelier de Joseph qui orne le tympan par le sculpteur luçonnais Henri Renaud, en 1899. En 1905, lors de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, le collège est fermé ; il ouvrira de nouveau, mais à La Roche-sur-Yon. En 1912, les bâtiments sont attribués à la Ville ; celle-ci envisage de les vendre et d'utiliser l'argent à la construction d'une école supérieure de jeunes-filles, mais le projet n'aboutit pas. En 1914, l'établissement est racheté par le diocèse, qui réamènage les locaux en vue de l'installation du grand séminaire, suite à la fermeture du précédent, en 1906, et à sa destruction. Le nouveau séminaire ouvre ses portes en 1921 et fonctionnera à cet endroit jusqu'en 1972. Dans la perspective de projets qui ne se réaliseront pas, la Ville de Luçon rachète les locaux désaffectés en 1989. En 2000, l'aile sud-est est restaurée et accueille l'Institut supérieur des Etablières. Précédemment, les communs avaient été détruits. Quant à la plus grande partie des bâtiments - d'une étendue considérable - la Ville les revend en 2007 ; après une tentative de réhabilitation dans le cadre d'un vaste projet hôtelier, ils sont actuellement au bord de la ruine.
Datation des campagnes principales de construction :

2e moitié 19e siècle;19e siècle;2e moitié 19e siècle;19e siècle

Auteur Historique :

Boeswillwald, Emile (architecte) ; Barillaud, Pierre (architecte) ; Clair, Victor (architecte) ; Renaud, Henri (sculpteur)

Description Architecturale

Commentaire descriptif :

Le plan d'ensemble est régulier ; le projet initial était celui d'un plan symétrique en H, mais une l'aile nord-ouest n'a jamais été construite. La chapelle est en croix latine à un vaisseau ; elle est voûtée d'ogives. Seul le bâtiment principal possède deux étages carrés, les autres n'en possédant qu'un. Les constructions sont en moellon de calcaire enduit, à l'exception de la façade de la chapelle, qui est en pierre de taille. Toutes les toitures sont en ardoises ; elles sont à longs pans à pignons découverts, sauf celle du chœur de la chapelle, qui est une croupe polygonale. Les façades sont ordonnancées (sans travées pour la façade de la chapelle et celle du pavillon d'entrée, avec travées pour celles du bâtiment principal) ou simplement à travées pour les façades des autres bâtiments.

Matériau(x) de gros œuvre et mise en œuvre :

calcaire ; pierre de taille ; moellon ; enduit

Matériau(x) de couverture :

ardoise

Type de couverture :

toit à longs pans ; pignon découvert ; croupe polygonale

Partie de plan :

plan régulier ; plan en croix latine

Vaisseaux et étages :

1 vaisseau ; 2 étages carrés ; étage de comble

Type et nature du couvrement :

voûte d'ogives

Emplacement, forme et structure de l’escalier :

escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en charpente

État de conservation :

menacé

Localisation

Département :

85

Aire d'étude :

Luçon (commune)

Commune :

Luçon

Adresse :

Président-de-Gaulle

Rue :

Président-de-Gaulle

Latitude :

46,45733022 X

Longitude :

-1,17703391 Y

Intérêt et protection

Intérêt de l'oeuvre :

à signaler

Situation juridique :

propriété privée

Documentation

Documents d'archives :

Archives de l'évêché de Luçon. 3 J 3/1 : Dossier sur la construction du collège (pièces datées de 1851 à 1883). - Marché passé le 17 juin 1851 entre les abbés Pierre Barillaud et Morin, d'une part, les maîtres maçons luçonnais Louis Laramy et Hector Victor, d'autre part, pour la construction du bâtiment principal ; il est noté dans le marché que les ouvrages seront exécutés d'après les plans de Mr Boeswillwald. Cahier des charges et conditions de travail, signés le même jour par les mêmes personnes ; il est précisé que les ouvriers de Luçon seront engagés de préférence. - Quittances et décomptes datés de fin 1855 à début 1858 ; il est fait mention des menuisiers Emard, Parlant et Chauveau, du maçon Ripoche, des plâtriers Cottot et Fruchard, du peintre Robin, des charpentiers Bonnet et David, des serruriers Robert et Dhibault, du ferblantier Druet. - Marché passé le 27 novembre 1868 entre les abbés Barillaud (secrétaire de l'évêché) et Gillouard (supérieur du collège), d'une part, le maître-maçon Rochereau, d'autre part, pour la construction de l'aile nord-est ; les travaux seront réalisés selon les plans dressés, conformément aux règles de l'art et aux indications de l'abbé Barillaud. Devis de 68.359 francs, ni signé ni daté (1868). - Feuillet relatif à la bénédiction de la première pierre de la chapelle, le 22 juin 1880. - Décompte des travaux de construction de la chapelle par Victor Clair, ex-architecte départemental, le 22 septembre 1883. Clair a envoyé sa facture il y a un an et n'est toujours pas payé, faute de la signature de l'entrepreneur Hibert.;Archives de l'évêché de Luçon. 3 J 3/2 : Factures et quittances (1856-1862) concernant les travaux de construction du collège ; il est fait mention de Durand (granit), Marlin (planchers), Robin (peinture et vitrerie), Levieux (serrurerie), Mora (charpente), Hibert (taille de pierre).;AD Vendée. 90 V 1 : - Dossier sur l'aliénation de l'institution Richelieu (délibération du Conseil municipal du 24 mai 1913 ; rapport de l'expert, Auguste Boudaud, le 3 avril 1911 ; cahier des charges ; estimation des bâtiments pour la valeur de 100.000 francs). - Acte passé le 19 mai 1914 dans l'étude luçonnaise Daviau, concernant la vente par la Ville à un groupe de personnes, de l'institution Richelieu et de l'évêché. L'acte comprend la description des bâtiments et leur origine de propriété.

Bibliographie :

BILLAUD, Abbé A. Richelieu 1856-1956. Luçon-La Roche. Luçon : Imprimerie S. Pacteau, 1956;DURET, André. Luçon, ville épiscopale et capitale maraîchine. [s. l.] : L'Etrave, 1995;DURET, André (dir.). L'institution Richelieu. Luçon-La Roche-sur-Yon, 1856-2006. Le poiré-sur-Vie : Imprimerie Jauffrit, 2007;LEAUTE, Pierre. L'institution Richelieu de Luçon (1856-1919). Mémoire de maîtrise d'Histoire : I.C.E.S., La Roche-sur-Yon : 2001