Glacière

Luçon (commune)

Références

Auteur :

Réau Marie-Thérèse

Date d’enquête :

2007

Commanditaire :

Région Pays de la Loire / Ville de Luçon.

Historique

Commentaire historique :
Cette glacière a été découverte en 1995, à l'occasion de travaux dans la cour de la maison 7, rue des Chanoines (ancienne maison canoniale Gandillon). Elle est constituée d'une salle circulaire souterraine, couverte d'une coupole à clef de voûte annulaire, renforcée de huit nervures. Seule la coupole est dégagée, la salle proprement dite étant remblayée. Actuellement, on y accède par la clef de voûte, mais on peut supposer, à l'origine, un accès souterrain par une porte dont on ignore l'emplacement. On serait tenté de considérer cette salle comme étant la glacière du chapitre et non celle de la maison canoniale, en raison de ses dimensions, de la qualité de sa réalisation et du caractère improbable de l'existence de deux glacières. Le fait que la glacière du chapitre soit localisée de manière imprécise dans les textes - mais toujours à proximité de celle que nous étudions - conforterait cette hypothèse ; en 1748, 1780, 1781, 1783 et 1785, elle est citée comme confront dans des transactions et peut être située à divers endroits dans l'îlot allongé entre la rue du Port et la rue des Chanoines. Lors des ventes révolutionnaires, on n'y fait pas allusion ; il est seulement question, en 1794, du petit terrain appelé la Glacière, localisable dans ce même îlot. Un argument de poids peut être avancé en faveur de l'existence d'une seule glacière à la disposition des chanoines. En effet, en 1726, le registre des délibérations du chapitre fait allusion, de manière assez sibylline, à la glacière du sous-chantre François de Lescure : ce dernier souhaite la céder à un chanoine, mais si celui-ci meurt sans l'avoir cédée au chapitre, ses héritiers pourront l'octroyer à un autre chanoine pendant un an ; autrement, elle vaquera à la mense et sera vendue au plus offrant. Enfin, le texte précise que François de Lescure a fait des dépenses considérables pour cette glacière, ce qui pourrait laisser penser que c'est lui qui en a entrepris la construction, dans les dernières années du XVIIe siècle ou au début du XVIIIe. Un élément déterminant serait la confirmation que le sous-chantre jouissait bien de la maison où se trouve la glacière ; or, par les archives du chapitre, nous savons qu'il habitait effectivement l'une des cinq maisons canoniales de l'îlot et qu'il ne s'agissait ni du n° 1 ni du n° 3 de la rue des Chanoines. La dernière mention de la glacière date de 1787, lorsque le chapitre envisage de couvrir la glacière en tuiles pour en conserver la charpente ; il s'agit bien entendu de celle du chapitre, mais elle n'est pas confrontée dans le document. Un argument pourrait être avancé en faveur de la thèse de deux glacières et de la localisation de la glacière du chapitre précisément dans l'îlot très allongé entre les rues des Chanoines et du Port. Il s'agit de la mention d'une vieille cave dans le jardin dépendant de la maison canoniale Defresne (parcelle L 440 en 1816) lors de son estimation à la Révolution ; peut-être s'agit-il de la glacière du chapitre. Nous retiendrons cependant la première hypothèse.
Datation des campagnes principales de construction :

2e moitié 17e siècle;17e siècle;1ère moitié 18e siècle;18e siècle

Auteur Historique :

auteur inconnu

Description Architecturale

Matériau(x) de gros œuvre et mise en œuvre :

calcaire ; pierre de taille

Type et nature du couvrement :

coupole

Localisation

Département :

85

Aire d'étude :

Luçon (commune)

Commune :

Luçon

Adresse :

Chanoines

Rue :

Chanoines

Latitude :

46,45281027 X

Longitude :

-1,16690680 Y

Intérêt et protection

Intérêt de l'oeuvre :

à signaler

Situation juridique :

propriété privée

Documentation

Documents d'archives :

AD Vendée. 2 G 26 : Etat des domaines canoniaux dressé à la limite du XVIIe et du XVIIIe siècle. Près de la grande porte des cloîtres (située au sud de la rue des Chanoines) sont énumérées les cinq maisons canoniales de l'ilôt, dont celle du sous-chantre qui, alors, était François de Lescure.;Archives de l'évêché de Luçon. Registre n° 2 des délibérations du chapitre (1722-1726) : Demande du sous-chantre François de Lescure, en 1726, concernant la glacière pour laquelle il a fait de grandes dépenses. Il souhaite la céder à un chanoine, mais si ce dernier meurt sans l'avoir cédée au chapitre, ses héritiers pourront en disposer et l'octroyer à un autre chanoine pendant un an ; autrement, la glacière vaquera à la mense et sera vendue au plus offrant.;Archives de l'évêché de Luçon. Registre n° 2 des délibérations du chapitre (1722-1726) : Fin 1724, le n° 1, rue des Chanoines passe du chanoine Coutin au chanoine Gairaud, le n° 3 passe du chanoine du Bos au chanoine Coutin.;Archives de l'évêché de Luçon. Registre n° 5 des délibérations du chapitre (1785-1826) : En décembre 1787, coût de 40 à 50 livres envisagé pour couvrir en tuiles la glacière [du chapitre] pour en conserver la charpente.;AD Vendée. 1 Q 200 : Procès-verbal d'estimation de la maison du déporté Defresne, ex-chanoine, en vue de sa vente comme bien national, le 6 germinal an III (26 mars 1795). - La propriété comporte un jardin de l'autre côté de la rue des Chanoines (parcelle L 440 en 1816), décrit de cette manière : un jardin planté d'arbres fruitiers, une vieille cave dedans [peut-être s'agit-il de la glacière du chapitre ? ].