Ensemble cathédral

Luçon (commune)

Références

Auteur :

Réau Marie-Thérèse

Date d’enquête :

2008

Commanditaire :

Région Pays de la Loire / Ville de Luçon.

Historique

Commentaire historique :
L'ensemble cathédral de Luçon a pour origine un prieuré dépendant de l'abbaye bénédictine de Noirmoutier. Par la suite, ce prieuré devint une abbaye placée sous le vocable de Notre-Dame. En 1317, lors du morcellement du diocèse de Poitiers, Luçon devint le siège d'un évêché ; l'abbé en fut nommé évêque et les moines se constituèrent en un chapitre régulier, sécularisé en 1469. L'ensemble comprend actuellement la cathédrale, le cloître (au sud de la cathédrale) et l'évêché (au sud et à l'est de la cathédrale et du cloître) ; autrefois, il comprenait également la psalette (à l'ouest du cloître) et la prison épiscopale (au nord de la cathédrale). Ce dossier est un simple appel aux trois dossiers respectivement ouverts sur la cathédrale, sur le cloître et sur l'évêché ; nous ne reviendrons donc pas ici sur ces trois oeuvres. Quant à la psalette et à la prison - toutes deux détruites - nous en résumerons ici l'histoire. L'existence d'une psalette est attestée en 1473, mais l'institution est de fondation plus ancienne. La psalette correspond à la parcelle L 436 du plan cadastral de 1816 et figure sur un dessin de la fin du XVIIIe siècle. Ce bâtiment datait des premières années du XVIIIe siècle et avait été entrepris par Mgr de Lescure, comme l'attestent deux documents ; il est donc fort probable que ce soit ce bâtiment neuf qu'a représenté Claude Masse, en 1704, sur son plan de Luçon. A la Révolution, la psalette est mise en vente comme bien national. En juillet 1791, elle est acquise par Charles Louis Mallet, qui la revend à Sylvain Bonneau, vicaire de la cathédrale, le mois suivant ; par la suite, elle appartient à la famille Desamy, qui la cède à la Ville en 1806 pour y installer l'hôtel-de-ville. Lorsqu'en 1828, l'hôtel-de-ville déménage à l'ancienne maison canoniale de Tousvents, la psalette devient propriété de la fabrique de la cathédrale. Elle est détruite vers 1860, lors des travaux de réfection de l'évêché et de l'aile ouest du cloître par Juste Lisch et, peu après, le terrain devient propriété de l'Etat. En 1911, enfin, cet emplacement est attribué à la Ville par décret, pour faciliter l'accès à la cathédrale. La prison correspond, quant à elle, à la parcelle L 420 du plan cadastral de 1816. Nous en connaissons la configuration par le projet d'aménagement de l'ingénieur Duvivier en 1812 et par le plan de l'ensemble de l'ilôt par l'architecte départemental Charles Vétault, en 1836. Elle se trouvait dans une maison achetée en 1653 par l'évêque Pierre Nivelle à la famille Mullonnier, mais son existence est bien plus ancienne ; elle est déjà évoquée, sans préciser le lieu, dans un aveu de 1610. Le bâtiment garda cette affectation pendant et après la Révolution - plus précisément jusqu'en 1842, date du transfert de la prison à la gendarmerie, située place du Minage. Vers 1970, l'ancienne prison épiscopale fut détruite, ainsi que les autres maisons de l'îlot, pour dégager le bras nord du transept de la cathédrale.
Datation des campagnes principales de construction :

Moyen Age;16e siècle;17e siècle;18e siècle;19e siècle;20e siècle

Auteur Historique :

auteur inconnu

Description Architecturale

État de conservation :

restauré

Localisation

Département :

85

Aire d'étude :

Luçon (commune)

Commune :

Luçon

Adresse :

Leclerc

Rue :

Leclerc

Latitude :

46,45406882 X

Longitude :

-1,16642251 Y

Intérêt et protection

Intérêt de l'oeuvre :

à signaler

Date(s) et nature de la protection :

1906/08/09 : classé MH ; 1915/04/02 : classé MH ; 1992/12/31 : inscrit MH

Situation juridique :

propriété de l'Etat ; propriété d'une association diocésaine

Documentation

Documents d'archives :

AD Vendée. 2 G 8 : Testament d'Antoine Froment, doyen du chapitre, le 26 septembre 1701. Il lègue au chapitre 300 livres pour aider au bâtiment d'une psalette ; l'argent sera versé lors des travaux.;Médiathèque de Niort. Fonds La Fontenelle de Vaudoré, manuscrit P 16 F : Vie de Mgr de Lescure par le chanoine Pierre Durand (entre 1723 et 1749). - Fol. 15 : Mention de la reconstruction de la psalette par Mgr de Lescure (évêque de Luçon de 1699 à 1723).;AD Vendée. 1 Q 583, n° 31 : Acte d'adjudication de la maison de la psalette, vendue comme bien national le 21 juillet 1791 à Charles Louis Mallet. La maison est décrite de cette manière : salle, cuisine, chambre basse, cellier, cave, grenier, trois chambres hautes, une galerie et une petite cour avec un parterre, ainsi qu'un jardin au sud.;AD Vendée. 3 E 49/106 (étude Pillenière) : Acte de vente de la maison de la psalette par Charles Louis Mallet à Sylvain Bonneau, vicaire de la cathédrale, le 27 août 1791.;AD Vendée. E dépôt 128. 1 M 1 : Pièces concernant l'acquisition de la maison de la psalette par la Ville en 1806, pour y installer l'hôtel-de-ville. - Grosse de l'acte passé le 20 mai 1806 chez Henri-René Charrier, notaire à Luçon : vente par Jacques-Aimé Desamy, garçon boulanger, de la maison de la psalette (héritée de son père) à Benjamin Chauveau et Escalier-Maigre, maire et premier adjoint. La maison est décrite de cette manière : grande cour ou jardin, écurie, poulaillerie, puits, boutique, four, salon à manger, salle de compagnie, cuisine, chambre de domestique, bûcher, cave, charnerie, chambre à cheminée, cabinet, grande et vaste salle, autre chambre à feu, cabinet, ainsi qu'un grand jardin planté d'arbres. Il est à noter que l'acquisition est faite à leur nom par le maire et le premier adjoint, en attendant l'autorisation du gouvernement ; un décret impérial du 17 septembre 1807 régularisera la vente à la Ville.;AN. F 19, 7275 : Note sur les travaux réalisés par Juste Lisch de 1858 à 1863 : Démolition de la psalette et création d'une nouvelle entrée d'honneur à l'évêché.;Médiathèque du Patrimoine, Charenton-le-Pont : dossier 80/39/19 : Historique de la propriété de l'évêché, du cloître et de la psalette, entre la Révolution et 1911.;AD Vienne. Carton 64 (ancienne cote : C 363) : Aveux rendus au roi par les évêques de Luçon (notamment Richelieu, en 1610), pour leur baronnie de Luçon. : mention à deux reprises de la prison.;Archives de l'évêché de Luçon. AA 1 (Papiers des évêques 1500-1680) : Vente d'une maison située près de cathédrale au lieu appelé la Paroisse, par la famille Mullonnier à Mgr Pierre Nivelle, le 27 octobre 1653. Une note (postérieure au document mais ancienne) précise qu'il s'agit de la prison.;AD Vendée. 1 G 26 : Location de la maison servant de prison (et des halles) par l'évêque à François Poirier, le 25 août 1745. Le bail est de 7 ans et comprend, pour la prison, le droit de gîte et de geôlage.;AD Vendée. B supp. 29 : Procès-verbaux d'expertise des halles et de la prison, les 5 septembre et 17 octobre 1746.;AD Vendée. 1 G 24 : Location par l'évêque à Jean Renaudin de la maison servant de prison joignant l'évêché et en dépendant, avec droit de geôlage, le 30 mai 1789. Ce bail de la prison est le dernier à être passé par l'évêque de Luçon.;AD Vendée. 4 N 16 et 4 N 18 : Documents établis à partir de 1809 concernant la prison, transférée en 1842 du bâtiment au nord de la cathédrale à la partie nord-ouest de la gendarmerie.

Bibliographie :

DELHOMMEAU, Louis. Documents pour l'histoire de l'évêché de Luçon 1317-1801. Luçon, 1998 (document dactylographié), notice 358 : mention d'une psalette en 1473.