Hôtel Chabot de Thénies

Luçon (commune)

Références

Auteur :

Réau Marie-Thérèse

Date d’enquête :

2009

Commanditaire :

Région Pays de la Loire / Ville de Luçon.

Historique

Commentaire historique :
Cet hôtel date essentiellement de deux campagnes de travaux : la première pour la famille Chabot de Thénies au cours du troisième quart du XVIIIe siècle, la seconde pour le notaire Alfred Biré en 1881. Le plus ancien document connu concernant la demeure est un acte de vente concernant le n° 3 et la partie ouest du n° 1, passé en 1749 entre François Gérard et la famille Chabot ; la partie est du n° 1 ne sera acquise par la famille Chabot qu'en 1784. Suite à la transaction de 1749, une reconstruction est entreprise, en conservant quelques éléments de la demeure précédente, notamment la cheminée de la cuisine. La date 1762, gravée sur le portail, est en rapport avec cette entreprise, mais il est difficile de savoir à quoi elle se réfère exactement. Stylistiquement, on peut globalement dater ces travaux du troisième quart du XVIIIe siècle, éventuellement de quelques années plus tard pour les décors stuqués de deux chambres (étudiés dans la base Palissy). De cet hôtel subsiste la partie sud, ainsi que le bâtiment d'entrée. A la Révolution, la demeure est vendue comme bien national provenant de noble émigré, en deux lots séparés. En 1796, l'hôtel proprement dit est acquis par le marchand Sébastien Laroche ; la même année, la maison (actuel 1, rue des Gentilshommes) l'est par le chirurgien Henri Noël Parenteau. Sébastien Laroche vend l'hôtel à Alphonse Aimé Levesque en 1809 et la veuve de ce dernier le revend au notaire Augustin Biré en 1830. La famille Biré sera propriétaire de la demeure jusqu'en 1907. C'est Alfred Biré qui, en 1881, entreprend la seconde campagne de travaux ; son architecte est Auguste-Victor Loué, qui occupait alors le poste d'inspecteur diocésain. Alfred Biré fait entièrement reconstruire la partie nord, avec un rez-de-chaussée surélevé et une façade ordonnancée donnant sur le jardin. En revanche, il conserve la partie sud (où se trouve l'escalier de l'hôtel du XVIIIe siècle), en reprenant sa façade et en rehaussant sa charpente pour harmoniser les deux corps de bâtiment. L'entreprise de travaux à cette date est attestée par les documents cadastraux, mais surtout par le livre de comptes de l'architecte, conservé par ses descendants. Pour une meilleure compréhension des lieux, il convient de donner des précisions concernant l'actuel n° 1. Sa partie ouest a été acquise par la famille Chabot de Thénies avec l'actuel n° 3 en 1749 ; sa partie est (petite maison servant d'écurie) l'a été en 1784. Elle constituait une maison à part, vendue séparément de l'hôtel à la Révolution et acquise par une autre personne. Les problèmes que posait la mitoyenneté ne furent que partiellement résolus ; ils furent accrus en 1838, lors de la reconstruction du n° 1 par l'entrepreneur luçonnais Jean Ballereau pour le négociant Phelipon-Lepeltier. En outre, la maison à l'est du portail (n° 5-7 de la rue) n'est que depuis peu intégrée à la propriété ; autrefois, elle comportait des parties communes avec l'hôtel (cour, puits, timbre, droit de passage par le portail).
Datation des campagnes principales de construction :

2e moitié 18e siècle;18e siècle;2e moitié 19e siècle;19e siècle

Auteur Historique :

Loué, Auguste-Victor (architecte)

Description Architecturale

Matériau(x) de gros œuvre et mise en œuvre :

calcaire ; moellon ; enduit

Matériau(x) de couverture :

tuile creuse

Type de couverture :

toit à longs pans

Vaisseaux et étages :

sous-sol ; rez-de-chaussée surélevé ; 1 étage carré

Emplacement, forme et structure de l’escalier :

escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie ; escalier intérieur : escalier tournant à retours avec jour, en charpente

Localisation

Département :

85

Aire d'étude :

Luçon (commune)

Commune :

Luçon

Adresse :

Gentilshommes

Rue :

Gentilshommes

Latitude :

46,45560099 X

Longitude :

-1,16516307 Y

Intérêt et protection

Intérêt de l'oeuvre :

à signaler

Situation juridique :

propriété privée

Documentation

Documents d'archives :

AD Vendée. 3 E 49/40 (étude Ranfray) : Vente de la maison (et de la partie ouest du n° 1) par François Gérard, bourgeois de Luçon, à Catherine Renée Jousseaume, veuve Chabot, chevalier de Thény, le 5 février 1749. La maison s'appelle Loucherie et, dans sa quasi-totalité, ressortit du fief de la Coudraye.;AD Vendée. 3 E 49/54 (étude Jouanneau) : Vente d'une petite maison servant d'écurie (partie est du n° 1, exclue de la vente de 1749) par Paul Christophe Remy à Marie Louis Martial de Chabot, le 25 janvier 1784.;AD Vendée. 3 P 1413 : Matrices du cadastre de 1845, en particulier le Registre présentant les augmentations et diminutions survenues dans la contenance et les revenus portés sur les matrices cadastrales. Pour la parcelle F 11, on note des modifications de l'impôt pour Anatole de la Baudière, en 1872, 1873 (diminution) et 1874 (impôt de 300 francs pour la construction nouvelle d'une maison, achevée en 1871).;AD Vendée. 1 Q 200 : Procès-verbal d'estimation de l'hôtel en vue de sa vente comme bien national, le 19 thermidor an IV (6 août 1796). La vente exclut le n° 1, appartenant au même propriétaire, mais vendu séparément le mois suivant.;AD Vendée. 1 Q 200 : procès-verbal d'estimation de la maison correspondant à l'actuel n° 1, en vue de sa vente comme bien national, le 2e jour complémentaire an IV (mi-septembre 1796).;AD Vendée. Sous-série 1 Q (table des ventes révolutionnaires) : - Mention de la vente de l'hôtel proprement dit (le n° 3) à Sébastien Laroche, marchand, le 22 thermidor an IV (9 août 1796). - Mention de la vente de la maison (actuel n° 1) à Henri Noël Parenteau, chirurgien, le 5e jour complémentaire an IV (mi-septembre 1796).;AD Vendée. 1 Mi 179 : Documents microfilmés provenant d'archives privées, sur les 1-3 rue des Gentilshommes, notamment : - Dépôt à l'étude Chauveau, le 24 février 1810, de l'acte passé sous seing privé concernant la vente de l'hôtel proprement dit (n° 3) par Sébastien Laroche à Alphonse Levesque, le 3 décembre 1809. - Acte de vente de l'hôtel proprement dit (n° 3) par Mme Pruel, veuve Levesque, à Augustin Biré, notaire, le 20 mai 1830 (acte passé à l'étude Charrier). - Gros dossier sur l'affaire ayant opposé Augustin Biré (propriétaire du n°3) à Phelipon-Lepeltier (propriétaire du n° 1) à partir de mai 1838. Phelipon-Lepeltier faisait reconstruire sa maison par les entrepreneurs luçonnais Ballereau, ce qui occasionna des dégâts à la maison Biré.;AD Vendée. 3 P 1416 : Matrices des propriétés bâties (1882-1911) du cadastre de 1845, en particulier le Registre présentant les augmentations et diminutions survenues dans la contenance et les revenus portés sur les matrices cadastrales. - En 1883 pour la parcelle B 1148 : mention d'augmentation de construction de maison pour Alfred Biré, notaire, en 1880 ; l'impôt foncier passe de 244 à 285 francs.;Archives privées (archives conservées par les descendants de l'architecte Auguste-Victor Loué (1836-1890), inspecteur des édifices diocésains) : Livre de comptes de l'architecte : Mr Biré, ancien notaire : travaux d'agrandissement de sa maison d'habitation de Luçon. - Loué a recu 500 francs d'honoraires en 1881. - Le montant des travaux est de 29685 francs, ce qui est une somme très importante ; le règlement a été effectué le 21 avril 1883. - Les artisans sont énumérés : Gounord pour la maçonnerie, Hibert pour la pierre de taille, Laborit et David pour la charpente, Joly pour la fonte de fer, Renaud pour la sculpture, Emard et Boiron pour la menuiserie, Renaud pour la couverture, Thibaud pour la serrurerie, Loichemolle et Dumas pour la marbrerie. - Un relevé des anciens bâtiments a été fait. Les matériaux de démolition sont estimés. Il est question d'exhaussement de vieux bâtiments.