Hôtel de la Bruère, puis collège

Luçon (commune)

Références

Auteur :

Réau Marie-Thérèse

Date d’enquête :

2009

Commanditaire :

Région Pays de la Loire / Ville de Luçon.

Historique

Commentaire historique :
Cet hôtel - dont ne subsistent que trois travées de l'aile ouest, datant des XVIe et XVIIIe siècles, ainsi que le sous-sol correspondant - était généralement connu sous le nom d'hôtel de la Bruère. Son occupant le plus célèbre fut le chef d'escadre Charles René Dominique Sochet des Touches (1727-1793), héros de la guerre d'indépendance des Etats-Unis qui, à partir de 1785, le posséda avec sa seconde épouse, la veuve Boisson de la Couraizière ; le mari de la dame de la Couraizière avait acheté la demeure en 1773 au chanoine Pierre Angibaud, qui lui-même l'avait héritée du chanoine René Gaborit, décédé en 1764. Par des documents concernant l'hôtel de la Bretèche - citant l'hôtel de la Bruère comme confront - nous savons que ce dernier appartenait à Jacques Thiré de Garnaudière en 1614, avait pour nom le Palais Royal en 1736, qu'il appartenait à René Gaborit en 1761 et était auparavant l'auberge du Palais Royal. Nous savons également que, sous l'Ancien Régime, la demeure ressortissait du fief de Champagné. A la Révolution, la demeure est mise en vente comme bien national provenant de l'émigré Sochet des Touches ; le nom qu'elle porte alors - maison du Cordon Rouge - lui vient du ruban de la croix de Saint-Louis dont le chef d'escadre était commandeur. En 1798, l'hôtel est acquis par le lieutenant de vaisseau nantais Démolière, qui le revend au marchand luçonnais Joseph Bulteau en 1804. De 1822 - date à laquelle la Ville de Luçon l'acquiert - jusqu'à la mise en service des locaux rue Jean-Jaurès en 1883, l'hôtel abrite le collège municipal. En vue de cette affectation, d'importants travaux sont entrepris en 1823-1824 : remaniement des deux principaux bâtiments et construction de deux autres. En 1876, puis en 1879, Arsène Charier présente des projets de restauration et d'extension du collège qui seront abandonnés en faveur de la construction d'un nouveau collège, à l'est de la ville. A partir de 1885, les bâtiments sont vendus à des particuliers ; la majeure partie sera détruite à la fin du XIXe siècle, en raison de l'extension de l'école du Centre et du prolongement de la rue de la Poterie (actuelle rue du Docteur-Paboeuf) à travers l'ancien hôtel. Depuis, il ne subsiste de l'hôtel de la Bruère qu'une partie du bâtiment ouest - le sous-sol, deux travées du XVIIIe siècle et une travée du XVIe. En 1974, le rez-de-chaussée de cette dernière, orné de pilastres ioniques, a été détruit pour agrandir un garage. A la même époque, une cheminée du XVIIIe siècle a été démontée ; elle se trouve aujourd'hui dans une maison de la rue des Chanoines. Quant au deuxième niveau de sous-sol de ce bâtiment, dont on perçoit la partie supérieure, il a été comblé à une date que l'on ignore. On peut imaginer cette importante demeure - telle qu'elle se présentait au XVIIIe siècle - en lisant les descriptions contenues dans les actes de 1773 et 1795, à la lumière du plan de Luçon en 1704, du plan cadastral de 1816 et des relevés de l'état actuel dans les projets d'Arsène Charier. La demeure proprement dite se composait de deux corps de bâtiment en L, édifiés au nord et à l'ouest d'une vaste cour. L'entrée se faisait par un portail rue de la Roulière (actuelle rue Emile-Zola) ; les communs, situés à l'est et au sud de la cour, ainsi qu'à l'est du jardin, étaient importants ; le jardin, assez étendu, se trouvait au nord de l'hôtel. L'escalier principal, situé dans l'aile ouest, était en pierre de taille, rampe-sur-rampe à mur-noyau, pourvu d'un garde-corps en fer forgé au XVIIIe siècle ; c'est la travée de façade de cet escalier monumental du XVIe siècle qui est conservée. Les vestiges actuels attestent, au moins, deux campagnes de construction. La première (dont subsiste la façade de l'escalier, ornée de pilastres et, peut-être, la cave voûtée en berceau) correspond au milieu du XVIe siècle ; en raison de la rareté, à Luçon, des constructions de la Renaissance parvenues jusqu'à nous, il est intéressant de comparer cette travée à la façade de l'aile ouest du cloître de la cathédrale, datant de l'épiscopat de Miles d'Illiers (1527-1552). Quant à la deuxième campagne, au vu des deux travées conservées et de la cheminée déplacée, on peut la dater du milieu ou de la seconde moitié du XVIIIe siècle ; le commanditaire peut en être le chanoine Gaborit, décédé en 1764, voire le chanoine Angibaud qui lui succède jusqu'en 1773 ou même les époux Boisson de la Couraizière qui l'acquièrent à cette date.
Datation des campagnes principales de construction :

1ère moitié 16e siècle;2e moitié 16e siècle;16e siècle;2e moitié 18e siècle;18e siècle

Auteur Historique :

auteur inconnu

Description Architecturale

Matériau(x) de gros œuvre et mise en œuvre :

calcaire ; pierre de taille ; moellon

Matériau(x) de couverture :

tuile creuse

Vaisseaux et étages :

sous-sol ; 1 étage carré

Type et nature du couvrement :

voûte en berceau

État de conservation :

vestiges

Localisation

Département :

85

Aire d'étude :

Luçon (commune)

Commune :

Luçon

Adresse :

Docteur-Paboeuf

Rue :

Docteur-Paboeuf

Latitude :

46,45596425 X

Longitude :

-1,16620161 Y

Intérêt et protection

Intérêt de l'oeuvre :

à signaler

Situation juridique :

propriété privée

Documentation

Documents d'archives :

AD Vendée. 2 G 24 : Actes notariés du 17 avril 1614 et du 19 août 1736 concernant l'hôtel de la Bretèche, où l'hôtel de la Bruère est cité comme confront.;AD Vendée. 3 E 49/60 (étude Rouzeau) : Acte notarié du 5 mars 1761 concernant l'hôtel de la Bretèche, où l'hôtel de la Bruère est cité comme confront.;AD Vendée. 3 E 49/32 (étude Royer) : Vente de la maison vulgairement appelée la Bruère par le chanoine Pierre Angibaud, légataire du chanoine René Gaborit, à Louis Fortuné Boisson de la Couraizière, le 6 février 1773.;AD Vendée. 1 Q 200 : Procès-verbal d'estimation de l'hôtel - alors appelé maison du Cordon Rouge - en vue de sa vente comme bien national, le 15 messidor an III (3 juillet 1795).;AD Vendée. 1 Q 248, n° 224 : Acte d'adjudication de l'hôtel, vendu comme bien national, le 1er ventôse an VI (19 février 1798), à Démolière, lieutenant de vaisseau à Nantes.;AD Vendée. E dépôt 128. 5 N 1 : Acte de vente de l'hôtel par Henry Etienne Démolière, lieutenant de vaisseau à Nantes, au marchand luçonnais Joseph Bulteau, le 30 brumaire an XIII (21 novembre 1804).;AD Vendée. 3 P 1413 : Matrices du cadastre de 1845, en particulier le Registre présentant les augmentations et diminutions survenues dans la contenance et les revenus portés sur les matrices cadastrales. - En 1887, pour la parcelle B1095 : mention de la vente (en 1884) de l'ancien collège à Marcel Dupont et Aimé David.;AD Vendée. E dépôt 128. 4 M 10 : Documents concernant le collège (académique, puis communal), installé dans la maison Sochet des Touches : - Dossier sur les travaux réalisés en 1823-1824, après l'acquisition de la demeure par la Ville en 1822 : rapport de l'architecte Perrier, le 18 janvier 1822 ; devis par l'architecte départemental Delépine, le 24 mars 1822 ; procès-verbal d'adjudication des travaux à Pierre Auguste Rivasseau, le 11 juin 1823 ; devis estimatif des travaux par Rivasseau le 12 juin 1823, d'après le projet de Delépine. - Procès-verbal d'expertise des bâtiments, le 6 février 1835. - Projet de restauration du collège par Arsène Charier, le 18 août 1876. - Projet de restauration du collège par Arsène Charier, le 30 janvier 1879, abandonné en faveur de la construction d'un nouveau collège à l'est de la ville.;AD Vendée. E dépôt 128. 4 M 12 : Documents concernant l'aliénation du collège, installé dans la maison Sochet des Touches, en sept lots (1884-1893) ; deux autres lots sont réservés par la Ville.

Bibliographie :

BALLEREAU, Léon. Luçon anecdotique. Luçon : Les Amis du Vieux-Luçon, 1972 (texte dactylographié ; reprise annotée de celui de 1926-1930).;MOREAU, Grégoire. Propriété immobilière à Luçon (1770-1830). Mémoire de maîtrise d'Histoire : I.C.E.S., La Roche-sur-Yon : 2000