Hôtel

Luçon (commune)

Références

Auteur :

Réau Marie-Thérèse

Date d’enquête :

2009

Commanditaire :

Région Pays de la Loire / Ville de Luçon.

Historique

Commentaire historique :
Cet hôtel se compose de deux parties distinctes. Les bâtiments rue du Pont-Gentilz datent essentiellement du troisième quart du XVIIIe siècle ; toutefois, ils conservent des éléments de la 2e moitié du XVe siècle et l'on note une réfection intérieure au cours du deuxième quart du XIXe siècle. Quant à la partie rue du Port, sa construction est attestée en 1841. On ignore tout de la demeure du XVe siècle, qui devait être importante vu les éléments qui sont toujours visibles. A l'extérieur, on n'en perçoit qu'une petite ouverture en accolade éclairant l'escalier actuel, sans doute au même emplacement que celui d'origine, que l'on suppose en vis. A l'intérieur, subsistent plusieurs baies fortement ébrasées (réduites en largeur ultérieurement) dans la pièce la plus au nord du vestibule, ainsi qu'une partie du sous-sol, dont un piédroit mouluré à l'entrée du caveau situé au bas de l'escalier de descente. Les campagnes du XVIIIe et du XIXe siècles sont mieux connues et peuvent être attribuées à l'initiative de familles ou de personnages importants. Il s'agit tout d'abord de la famille de Loynes de la Coudraye, dont deux marquis successifs furent propriétaires de la demeure, de 1751 à 1782 ; on serait tenté d'attribuer à l'un d'eux - plutôt au premier, décédé en 1769 - le remaniement et l'agrandissement de l'hôtel proprement dit, rue du Pont-Gentilz. De cette campagne datent la reprise de la façade et des baies, la construction de la tour, la cheminée et le potager de la pièce proche de la tour et la grande salle du sous-sol (du moins sa voûte en berceau surbaissé), accessible directement de l'extérieur par un passage, apparemment plus ancien, situé sous la tour. L'autre commanditaire est bien connu ; il s'agit de Bonaventure Aimé Benjamin de Maynard, maire de Luçon de 1826 à 1828, qui acquiert la demeure en 1819. Par les documents cadastraux, on sait qu'en 1844 il est imposé pour une nouvelle construction, ce qui donne l'année 1841 pour l'achèvement des travaux ; vu leur style, il s'agit des bâtiments distribués autour d'une cour antérieure, rue du Port - plus précisément la construction des deux ailes et de la façade du bâtiment principal, ainsi que la réfection intérieure de celui-ci avec, notamment, un nouvel escalier en bois assez simple et des éléments raffinés, comme une cheminée à décor en albâtre et une niche abritant un poêle en faïence. Sous l'Ancien Régime, la demeure ressortissait du fief de la Coudraye. A la Révolution, elle n'a pas été vendue comme bien national ; elle appartenait alors à Claude René Avron, secrétaire de Mgr de Mercy et subdélégué de l'intendant. Au XXe siècle, la demeure a appartenu à la famille de l'Espinay, apparentée à la famille de Maynard. Des photographies et un tableau montrent un curieux aménagement du début du siècle : une construction en quart de cercle surmontée d'une tourelle, à l'angle de la tour et du bâtiment principal. Au cours de la seconde moitié du siècle, l'abbé de l'Espinay a détruit ces adjonctions, seulement perceptibles aujourd'hui par la présence d'ouvertures bouchées. Plus récemment, les bâtiments de communs longeant la rue du Pont-Gentilz (buanderie, écurie et remise) ont été détruits et le portail refait. Notons enfin que l'aspect de la partie supérieure du bâtiment du XVIIIe siècle (absence de corniche etc) laisse penser qu'à l'origine il était légèrement plus élevé.
Datation des campagnes principales de construction :

2e moitié 15e siècle;15e siècle;2e moitié 18e siècle;18e siècle;1ère moitié 19e siècle;19e siècle

Auteur Historique :

auteur inconnu

Description Architecturale

Commentaire descriptif :

La demeure se compose de deux parties. La partie ancienne, à laquelle on accède par la rue du Pont-Gentilz, comprend un bâtiment allongé en pierre de taille et moellon, couvert d'un toit de tuiles creuses ; il est flanqué d'une tour en pierre de taille, couverte d'un toit d'ardoises en pavillon. On accède au sous-sol, voûté en berceau, soit de l'intérieur par un escalier en pierre situé sous l'escalier principal, soit de l'extérieur par la tour. La partie plus récente, rue du Port, est disposée en U autour d'une cour antérieure ; elle est construite en moellons de calcaire enduits, est couverte en tuiles creuses et possède un escalier indépendant en bois.

Matériau(x) de gros œuvre et mise en œuvre :

calcaire ; pierre de taille ; moellon ; enduit

Matériau(x) de couverture :

tuile creuse ; ardoise

Type de couverture :

toit à longs pans ; croupe ; toit en pavillon

Vaisseaux et étages :

sous-sol ; 1 étage carré

Type et nature du couvrement :

voûte en berceau

Emplacement, forme et structure de l’escalier :

escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en charpente

État de conservation :

remanié

Localisation

Département :

85

Aire d'étude :

Luçon (commune)

Commune :

Luçon

Adresse :

Port

Rue :

Port

Latitude :

46,45198705 X

Longitude :

-1,16701471 Y

Intérêt et protection

Intérêt de l'oeuvre :

à signaler

Situation juridique :

propriété privée

Documentation

Documents d'archives :

AD Vendée. 1 E 681 (archives de la famille de Loynes de la Coudraye) : Acte de vente de la demeure par le chevalier Jacques Germanicus de Mesnard de Pasly et son épouse Marie Eléonor de la Boucherie, au marquis Jean Baptiste Jacques Daniel de Loynes de la Coudraye, le 18 juin 1751. Le prix s'élève à 9000 livres et l'origine de propriété est précisée : la demeure appartient à l'épouse du chevalier de Mesnard, qui l'a héritée de son père Pierre de la Boucherie, qui lui-même l'a héritée de sa mère Elisabeth Prouteau.;AD Vendée. 3 E 49/30 (étude Royer) : Inventaire après décès du mobilier de la demeure du marquis Jean Baptiste Jacques Daniel de Loynes de la Coudraye, le 25 avril 1769 (meubles, tableaux, bibliothèque, papiers).;AD Vendée. 3 E 49/53 (étude Jouanneau) : Vente de la demeure par le marquis Denis Louis Jacques Nicolas de Loynes de la Coudraye à Claude René Avron, avocat et secrétaire de Mgr de Mercy, le 19 mars 1782. Il est noté que l'acte est passé chez les seigneurs de la Coudraye, rue des Gentilshommes ; il s'agit du n° 19, acquis par le marquis de la Coudraye en 1781.;AD Vendée. 3 E 48/23 (étude Charrier) : Acte de vente de l'hôtel par les héritiers Avron à André Bienvenu, maître boulanger, le 13 juin 1807.;AD Vendée. 3 E 47/1 (étude Garnereau) : Acte de vente de la demeure par André Bienvenu, maître boulanger, à Bonaventure Aimé Benjamin de Maynard, le 8 juin 1819.;AD Vendée. E dépôt 128. 1 G 5 : Registre des augmentations et diminutions de l'impôt foncier, établi à partir du cadastre de 1816, pour les années 1827-1845 ; à l'année 1844, pour la parcelle L 471bis, est notée une nouvelle construction de maison pour de Maynard, le nouvel impôt étant de 23 francs. A noter : d'une part, l'absence de parcelle L 471bis (erreur probable pour L 471), d'autre part le faible montant de l'impôt (autre erreur dans le registre ?).

Bibliographie :

MOREAU, Grégoire. Propriété immobilière à Luçon (1770-1830). Mémoire de maîtrise d'Histoire : I.C.E.S., La Roche-sur-Yon : 2000