Maisons jumelles

Luçon (commune)

Références

Auteur :

Réau Marie-Thérèse

Date d’enquête :

2009

Commanditaire :

Région Pays de la Loire / Ville de Luçon.

Historique

Commentaire historique :
Ces deux maisons ont été construites en 1838 pour le docteur Julien Neullier et son épouse Anne-Henriette Martineau, cette dernière ayant hérité de l'immeuble précédent en 1836. L'auteur des plans et le responsable du chantier est l'entrepreneur luçonnais Jean Ballereau ; à l'exception du marbrier Barbaste qui est de La Rochelle, tous les artisans sont de Luçon, en particulier le maçon Louis Bichot, le menuisier Lainé, le charpentier David ainé, le serrurier Gournaud, le couvreur en ardoise Chevillard. Dans l'accord signé par le commanditaire et l'entrepreneur, le 28 février 1838, il est noté que les plans et le devis sont de Ballereau, que celui-ci passera les marchés avec les artisans, qu'il conduira le chantier et réglera les entreprises ; enfin, le document précise que les travaux devront être achevés au premier juillet 1838. D'après les documents du cadastre, le nouvel impôt est payé en 1842, ce qui donne l'achèvement des travaux en 1839. Par la suite, les maisons deviennent la propriété du fils des commanditaires, le docteur Hector Neullier ; celui-ci, lors de son décès survenu en 1868, lèguera tous ses biens à l'hôpital de Luçon, dont les maisons jumelles. Le docteur Neullier est une figure importante de Luçon ; une rue de la ville porte son nom et l'hôpital conserve un beau portrait de lui. Le n° 6, ancienne résidence de la famille Neullier, sera affecté au logement du curé de la cathédrale, de 1869 à 1968 ; le n° 4 sera loué à des particuliers. L'histoire de la maison ayant précédé les maisons jumelles est très intéressante et bien documentée ; il n'en subsiste que le sous-sol et quelques éléments de maçonnerie. Les documents des XVIIe et XVIIIe siècles cités en référence nous apprennent qu'il s'agissait de la maison du Temple. En 1676, Louis Ranfray du Sableau l'avait achetée, en état de ruine totale, au consistoire protestant et l'avait remise en état avec des coûts et dépenses extrêmes, ce qui laisse supposer une reconstruction. En 1761, elle est vendue par Louis Ranfray de la Rochette du Bernard (qui habite la maison) à la famille Grellier de Concize, qui elle-même la vend au chirurgien Noël Henry Parenteau en 1772. Elle ressortissait du fief de l'évêque, à l'exception de l'écurie (au sud de la rue des Trois-Pigeons) qui ressortissait du fief de la Coudraye.
Datation des campagnes principales de construction :

1ère moitié 19e siècle;19e siècle

Auteur Historique :

Ballereau, Jean (entrepreneur)

Description Architecturale

Commentaire descriptif :

Les deux maisons sont construites en pierre de taille pour le rez-de-chaussée des façades sur rue, en moellon enduit pour le reste de la maçonnerie ; les toitures sont en ardoise. Le n° 4 possède cinq travées, le n° 6 en possède six ; c'est cette dernière qui est décrite et illustrée intérieurement. Le sous-sol du n° 6 est voûté en berceau ; on y accède par un escalier en équerre, en pierre. L'étage est desservi par un escalier tournant en charpente. Le salon est pourvu d'un remarquable décor en stuc.

Matériau(x) de gros œuvre et mise en œuvre :

calcaire ; pierre de taille ; moellon ; enduit

Matériau(x) de couverture :

ardoise

Type de couverture :

toit à longs pans ; croupe

Vaisseaux et étages :

sous-sol ; 1 étage carré

Type et nature du couvrement :

voûte en berceau

Emplacement, forme et structure de l’escalier :

escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en charpente ; escalier dans-oeuvre : escalier en équerre, en maçonnerie

Localisation

Département :

85

Aire d'étude :

Luçon (commune)

Commune :

Luçon

Adresse :

Julien-David

Rue :

Julien-David

Latitude :

46,45471825 X

Longitude :

-1,16388529 Y

Intérêt et protection

Intérêt de l'oeuvre :

plafond

Situation juridique :

propriété du département

Documentation

Documents d'archives :

AD Vendée. H 255 : Liasse contenant les titres de la rente de 10 livres due à l'hôpital sur la maison de Mr Parenteau [propriétaire à partir de 1772] qui fut le temple des protestants : documents allant de 1687 à 1760, en particulier l'acte suivant, qui permet de mieux comprendre l'histoire de la maison : - Acte passé le 13 février 1687 entre l'administration de l'hôpital général et Louis Ranfray du Sableau, concernant la rente foncière de 10 livres due à l'hôpital sur la maison du Temple à Luçon. En se référant aux édits royaux de 1683 et 1684, l'hôpital réclamait à Ranfray l'abandon de la maison du Temple. Celui-ci déclare l'avoir achetée (alors en état de ruine totale) au consistoire protestant, le 15 avril 1676, et l'avoir remise en état, avec des coûts et dépenses extrêmes. Les deux parties s'accordent : Ranfray conserve la maison et paie la rente.;AD Vendée. 3 E 49/74 (étude Madien) : Titre nouveau concernant la maison du Temple, 4-6 rue Julien-David, le 16 décembre 1760. Il est précisé dans l'acte que, du côté est (c'est-à-dire 8-10 rue Julien-David), se trouve la maison du chanoine Jacques Gogot.;AD Vendée. 3 E 49/74 (étude Madien) : Vente de la maison du Temple par Louis Ranfray de la Rochette du Bernard à Philippe Charles Grellier de Concize, le 12 septembre 1761.;AD Vendée. 3 E 49/31 (étude Royer) : Vente de la maison vulgairement appelée le Temple par la veuve Grellier de Concize (représentée par Joseph Froment), à Noël Henry Parenteau, chirurgien, le 29 octobre 1772.;AD Vendée. 3 E 49/31 (étude Royer) : Vente de la maison vulgairement appelée le Temple par la veuve Grellier de Concize (représentée par Joseph Froment), à Noël Henry Parenteau, chirurgien, le 29 octobre 1772.;AD Vendée. H dépôt 3, N 3 : Documents concernant les maisons 4-6, rue Julien-David, léguées à l'hôpital par le docteur Hector Neullier en 1868 : - Pièces relatives au legs (déclaration de la succession d'Hector Neullier ; acte de dépôt de son testament à l'étude Brivin ; évaluation des immeubles par Léon Ballereau, le 4 janvier 1868 ; accord des héritiers ; acceptation du legs par l'évêque de Luçon). - Pièces relatives à l'origine de propriété (les documents remontent à Parenteau, au XVIIIe siècle). Le document le plus important est le partage des biens des époux Martineau-Parenteau, le 27 juin 1836 : la maison devient alors la propriété d'Anne-Henriette Martineau, épouse du docteur Julien Neullier, parents d'Hector Neullier. - Pièces datées de 1837 à 1845, relatives à la destruction et à la reconstruction totale de la maison par l'entrepreneur luçonnais Jean Ballereau, pour le docteur Julien Neullier (autorisation de reconstruire, le 1er mars 1837 ; accord passé entre l'entrepreneur et le commanditaire, le 28 février 1838 ; devis des travaux par Ballereau [1838] ; paiements aux entreprises, faits par Jean Ballereau au nom de Julien Neullier, de 1838 à 1845).;AD Vendée. E dépôt 128. 1 G 5 : Registre des augmentations et diminutions de l'impôt foncier, établi à partir du cadastre de 1816, pour les années 1827-1845 ; à l'année 1842, pour la parcelle L 354, est notée une nouvelle construction de maison pour Julien Neullier, médecin, le nouvel impôt étant de 275 francs.;AD Vendée. H dépôt 3, N 21 : - Baux du n°4, de 1867 à 1965 ; baux du n°6, occupé par le presbytère de 1869 à 1968. - Etat des lieux par Léon Ballereau, le 25 mai 1870. - Travaux de remise en état, réalisés par Emile Bordelais en 1890.;AD Vendée. E dépôt 128. 2 M 2 : Dossier concernant le projet de construction d'un presbytère, rue du Murier, par Léon Ballereau en 1869, annulé en raison du legs fait par le docteur Neullier.;AD Vendée. H dépôt 3, N 26 : - Plans et coupes des deux maisons au 1/200e, levés en 1933 par le cabinet Roux, de Nantes, en vue de l'assurance contre l'incendie. - Estimation des bâtiments et du mobilier, en 1933.