Hôtel, dit maison canoniale Defresne, puis hôtel Arnault de la Grossetière

Luçon (commune)

Références

Auteur :

Réau Marie-Thérèse

Date d’enquête :

2009

Commanditaire :

Région Pays de la Loire / Ville de Luçon.

Historique

Commentaire historique :
Cette demeure était une maison canoniale, généralement qualifiée dans les textes de Maison près l'ancien four du chapitre. Par les archives nous savons que la maison, ruinée pendant les guerres de Religion, avait été reconstruite en 1590 par le chanoine Nicolas Boutou. A la fin du XVIIIe siècle, elle était octroyée au doyen du chapitre, Claude François Defresne. A la Révolution, elle est mise en vente comme bien national provenant du clergé et est acquise, le 13 juin 1795, par le médecin Charles Arnault de la Grossetière. Ce dernier achète également deux maisons canoniales contigües : la maison Brumauld de Beauregard au sud, la maison Jourdain à l'est ; la famille Arnault de la Grossetière devient ainsi propriétaire d'un vaste domaine auquel s'ajoute bientôt la maison canoniale Boulanger, acquise par la belle-mère de Charles en 1804, ainsi que le petit bâtiment au nord de la maison. La constitution de ce domaine entrainera d'importants aménagements, qui bouleverseront la configuration de l'enclos canonial ; notons cependant que la maison canoniale Gandillon, propriété de la même famille - du moins en 1816 (parcelle 460) et 1822 - ne semble pas concernée par le projet. Le plan cadastral de 1816 témoigne de cette campagne, dont le but était d'isoler la maison des constructions voisines et de l'environner d'un parc. Pour cela, la maison canoniale Jourdain (parcelle 447 en 1816) a été rasée, la partie nord de la maison canoniale Brumauld de Beauregard (parcelles 455-456) détruite et la partie sud (parcelle 457) déclassée en communs ; quant à la maison canoniale Boulanger, ses jardins s'ajoutent au parc. Le plan cadastral de 1845 est encore plus explicite. Les jardins d'agrément ont pour noms les Marronniers, le Bosquet, le Labyrinthe ; il y a deux potagers et un verger. En outre, le bâtiment le plus au nord (parcelle 101) est qualifié de maison du jardinier et l'une des dépendances de la maison Boulanger (parcelle 98) de chambre de billard. Enfin, la partie restante de l'ancienne maison Brumauld de Beauregard (parcelle 115), nommée la Basse-cour, comprend une remise, des écuries et des toits. Il convient de préciser que le sous-sol voûté en berceau, situé sous le jardin au sud de la maison Defresne, dépendait de la maison Brumauld de Beauregard et se trouve sous sa partie détruite. Vu les transformations successives qu'elle a subies, la maison est assez difficile à dater. L'existence d'une maison à cet endroit ne fait aucun doute au XVe siècle, mais on n'observe aucun vestige de cette époque, contrairement à ce que l'on constate dans plusieurs maisons canoniales proches. Nous savons seulement que cette maison, ruinée, fut reconstruite en 1590 par le chanoine Boutou. Sur le plan de Luçon de 1704, on reconnaît le plan général de la maison actuelle, plus vaste plus complexe que le plan de la maison décrite en 1590, ce qui laisserait supposer un important remaniement entre la fin du XVIe siècle et le début du XVIIIe. Une importante campagne semble s'être déroulée au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle. La façade ouest à avant-corps central en témoigne, ainsi que l'escalier principal ; en revanche, les trois cheminées du XVIIIe siècle visibles au premier étage sont des remplois ; l'une d'elles provient de la maison canoniale Boulanger. Une autre campagne se situe au cours de la première moitié de XIXe siècle ; la façade sur jardin du bâtiment à un seul étage le montre, ainsi que le petit bâtiment de commun situé à son extrémité et, à l'intérieur, les portes et dessus-de-porte du grand salon. En ce qui concerne le parc, il est difficile de faire la part des aménagements antérieurs à la levée du cadastre de 1845 et de ceux effectués ultérieurement. Dans l'un de ses ouvrages, l'architecte Léon II Ballereau évoque les plantations effectuées par les horticulteurs Hippolyte Caurit et François Bretineau pour un Mr de la Grossetière, décédé vers 1880 ; il s'agit d'Hippolyte Théophile, né en 1800. De cet ensemble, apparemment magnifique, il reste peu de choses - les vestiges du labyrinthe, la présence de certaines essences et, sous la végétation, la trace de nombreux petits bâtiments détruits. Pour l'imaginer, peut-être pourrait-on le comparer à celui du Coteau, à Bessay, également créé par Hippotyte Théophile Arnault de la Grossetière. En 1934, lors de l'établissement d'un plan général d'alignement, le percement d'une rue reliant les places Leclerc et de la Poissonnerie fut envisagé ; heureusement, cette rue qui devait passer dans la partie nord de la propriété, n'a jamais été réalisée. Peu après, au milieu du XXe siècle, une importante campagne de travaux est entreprise par les Missionnaires de la Plaine. Les pères achètent la propriété en 1947 et fondent une maison de formation pour novices et scolastiques. Les locaux sont insuffisants et, en 1956, des travaux d'agrandissement sont réalisés par l'entreprise luçonnaise Brunet. Un bâtiment en béton est accolé à la façade ouest de la demeure, avec un sous-sol servant de réfectoire et, en retour, une chapelle, elle aussi en béton. La chapelle existe toujours. Le bâtiment accolé à la façade ouest a été détruit vers 1980 ; il n'en subsiste que la terrasse. L'achèvement de la restauration de la façade du XVIIIe siècle - fortement endommagée par la construction en béton - est projetée, ainsi que l'achèvement de la restauration de la demeure.
Datation des campagnes principales de construction :

2e moitié 16e siècle;16e siècle;2e moitié 18e siècle;18e siècle;1ère moitié 19e siècle;19e siècle;2e moitié 20e siècle;20e siècle

Auteur Historique :

Brunet (entrepreneur de maçonnerie)

Description Architecturale

Commentaire descriptif :

La maison est construite en moellon de calcaire enduit, à l'exception de l'avant-corps central qui est en pierre de taille. Le petit bâtiment le plus au nord (ancienne maison du jardinier) est en brique. Le béton a été utilisé pour les constructions de 1956. Tous les bâtiments sont couverts en tuile, sauf le petit bâtiment nord, couvert en ardoise. La maison proprement dite se compose de deux corps de bâtiment en équerre, l'un comportant un étage, l'autre possédant en outre un étage de comble. L'escalier principal est en pierre et dessert le premier étage ; il se trouve à l'angle des deux corps de bâtiment.

Matériau(x) de gros œuvre et mise en œuvre :

calcaire ; moellon ; pierre de taille ; brique ; béton ; enduit partiel

Matériau(x) de couverture :

tuile creuse ; ardoise

Type de couverture :

toit à longs pans

Vaisseaux et étages :

sous-sol ; 1 étage carré ; étage de comble

Type et nature du couvrement :

voûte en berceau

Emplacement, forme et structure de l’escalier :

escalier dans-oeuvre : escalier en équerre, en maçonnerie

Localisation

Département :

85

Aire d'étude :

Luçon (commune)

Commune :

Luçon

Adresse :

Chanoines

Rue :

Chanoines

Latitude :

46,45325608 X

Longitude :

-1,16612913 Y

Intérêt et protection

Situation juridique :

propriété privée

Documentation

Documents d'archives :

AD Vendée. 2 G 7 (archives du chapitre) : Requête du chanoine Nicolas Boutou devant le chapitre, le 14 mai 1590, demandant l'autorisation de reconstruire le logis canonial ruiné joignant le four du chapitre ; le texte du marché de construction est porté dans l'acte. Suit l'autorisation du chapitre, le 18 mai 1590. La maison est en rez-de-chaussée et se compose de trois pièces, de celliers et d'un grenier;Médiathèque de Poitiers. Fonds Dom Fonteneau, vol. LXIV, fol. 661 : Pendant les travaux de réfection de l'évêché, le chapitre accorde à Richelieu la maison canoniale joignant le boulangerie et four du chapitre, c'est-à-dire cette maison.;AD Vendée. 3 E 49/53 (étude Jouanneau) : Location d'une maison et d'une grange dépendant de sa maison canoniale, par l'archidiacre Claude François Defresne à Pierre Favreau, le 22 juin 1781. La maison correspond à la parcelle L 441 du cadastre de 1816, la grange à la parcelle L 440.;AD Vendée. 3 E 49/55 (étude Jouanneau) : Location d'une maison et d'une grange dépendant de sa maison canoniale, par le doyen Claude François Defresne au menuisier René Grollon, le 26 mai 1785. La maison correspond à la parcelle L 441 du cadastre de 1816, la grange à la parcelle L 440.;AD Vendée. 1 Q 200 : Procès-verbal d'estimation de la maison du déporté Defresne, ex-chanoine, en vue de sa vente comme bien national, le 6 germinal an III (26 mars 1795).;AD Vendée. 1 Q 587, n° 291 : Acte d'adjudication de la maison canoniale, vendue comme bien national, le 25 prairial an III (13 juin 1795), au médecin Charles Arnault de la Grossetière, à l'exception du petit bâtiment nord (parcelle L 441 en 1816), vendu à la dame Brémaud, veuve Guicheteau.;AD Vendée. 3 E 48/21 (étude Charrier) : Acte de vente d'une maison par Jean Péan et Suzanne Brémaud à la dame Chevallereau, veuve de Sayvre des Guierches, le 4 prairial an XIII (24 avril 1804). La maison correspond à la parcelle L441 du cadastre de 1816.

Bibliographie :

BALLEREAU, Léon. Luçon anecdotique. Luçon : Les Amis du Vieux-Luçon, 1972 (texte dactylographié ; reprise annotée de celui de 1926-1930);MOREAU, Grégoire. Propriété immobilière à Luçon (1770-1830). Mémoire de maîtrise d'Histoire : I.C.E.S., La Roche-sur-Yon : 2000;Vendée missionnaire. Le mot d'ordre des Missionnaires de la Plaine, janvier, mars, avril et juin-juillet 1957