Hôtel

Luçon (commune)

Références

Auteur :

Réau Marie-Thérèse

Date d’enquête :

2011

Commanditaire :

Région Pays de la Loire / Ville de Luçon.

Historique

Commentaire historique :
De cette vaste demeure du deuxième quart du XVIIe siècle, subsiste la partie principale du logis, avec son remarquable escalier en pierre. Au-dessus de l'entrée principale (donnant sur la façade est), est gravée la date 1630. Cette date - en accord avec l'analyse stylistique - correspond sans aucun doute à la construction de la demeure, ou plutôt à sa reconstruction ; en effet, les textes attestent l'existence d'une demeure plus ancienne, dont la partie basse du sous-sol (difficile à analyser) et l'escalier en vis qui y conduit sont apparemment les seuls vestiges. Dans son ensemble, la demeure est représentée sur le cadastre de 1816 et une description des lieux figure dans un acte de vente de 1780. Une vaste cour carrée était bordée de deux longs bâtiments perpendiculaires à la rue et, au sud, s'étendait un jardin. Le bâtiment est abritait le logis et, dans sa moitié sud, une partie des communs ; le bâtiment ouest comprenait les remises, les écuries et la buanderie. Depuis, le bâtiment ouest a été détruit et a laissé place à une maison ; vers 1965, la partie sud du bâtiment est a été rasée ; enfin, un cinéma a été édifié dans le jardin. Par divers documents cités en annexe - déclarations d'aveux et actes notariés - nous connaissons tous les propriétaires de la demeure depuis le XVIe siècle. Parmi les intégrants de cette liste, deux couples peuvent être envisagés comme étant les commanditaires de la reconstruction de 1630 : soit André Morineau et son épouse, soit leur fille Esther et son mari Hélie Thubin. Il est malheureusement difficile de trancher cette question (avec cependant une légère préférence pour les époux Morineau-Thubin), puisque nous ignorons à quelle date a eu le mariage de ces derniers et à quelle date Esther a hérité la demeure de ses parents ; nous savons seulement, par un acte notarié ne concernant pas Luçon, que le mariage est antérieur à 1631 et, par un aveu de 1641, qu'à cette date Esther possédait déjà la demeure avec son mari. Quoi qu'il en soit, les Morineau étaient une famille importante, membres de premier plan de la communauté protestante, comme leurs voisins les Nicou et les Ranfray auxquels ils étaient apparentés. Quant à Hélie Thubin - lui aussi de confession protestante - il était avocat à Fontenay-le-Comte et seigneur de Haute-Roche, à Fontenay-le-Comte, où il résidait. Un autre famille ayant possédé la maison est digne d'attention, les Prévost de Saint-Mars ; en effet, on leur doit certains travaux au XVIIIe siècle : plusieurs cheminées et, vraisemblablement, la voûte en berceau segmentaire du sous-sol. Parmi les cheminées, datables de la seconde moitié du siècle, l'une d'elles était en marbre, ce qui est exceptionnel à Luçon au XVIIIe siècle ; elle fut d'ailleurs emmenée par Prévost de la Boutetière en 1780, lorsqu'il vendit la demeure, pour la placer dans sa nouvelle résidence, 12 rue Julien-David. En résumé, les parties les plus anciennes sont les parties basses du sous-sol et l'escalier en vis qui y mène, ce dernier datable du XVIe siècle. Vers 1630, vient la reconstruction de la demeure, dont subsiste le logis avec son escalier monumental et sa façade ouest, remaniée par la suite. Au XVIIIe siècle, les cheminées sont refaites et le sous-sol est pourvu d'une voûte en berceau segmentaire. Ultérieurement, on note quelques remaniements et la destruction des communs, situés dans le bâtiment ouest et la partie sud du bâtiment est.
Datation des campagnes principales de construction :

16e siècle;1ère moitié 17e siècle;17e siècle

Auteur Historique :

auteur inconnu

Description Architecturale

Matériau(x) de gros œuvre et mise en œuvre :

calcaire ; moellon ; enduit

Matériau(x) de couverture :

tuile creuse

Type de couverture :

toit à longs pans ; croupe

Vaisseaux et étages :

sous-sol ; 1 étage carré

Type et nature du couvrement :

voûte en berceau segmentaire

Emplacement, forme et structure de l’escalier :

escalier dans-oeuvre : escalier en vis sans jour, en maçonnerie ; escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours sans jour, en maçonnerie

État de conservation :

remanié ; restauré

Localisation

Département :

85

Aire d'étude :

Luçon (commune)

Commune :

Luçon

Adresse :

Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny

Rue :

Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny

Latitude :

46,45501888 X

Longitude :

-1,16175905 Y

Intérêt et protection

Intérêt de l'oeuvre :

à signaler escalier

Situation juridique :

propriété privée

Documentation

Documents d'archives :

AD Vendée. 1 E 1026 : Papier censaire et rentier de la seigneurie de la Grande Roulière, d'après un dénombrement de 1641, actualisé jusque vers 1780. L'article 117 correspond à la demeure, appartenant alors (c'est-à-dire en 1641) à Hélie Thubin, à cause de son épouse Esther Morineau, et actuellement (c'est-à-dire vers 1780) à Capitaine. Les propriétaires antérieurs et postérieurs à Thubin sont notés : tout d'abord Gilles Foucher, puis Colas des Roulines, puis Jean Marot, puis André Fromaget, puis André Morineau, enfin Thubin ; après Hélie Thubin, ce sont Béchet de Biarge (petit-fils de Thubin), la famille Prévost de Saint-Mars (par achat à Béchet de Biarge le 13 janvier 1685) et finalement Capitaine, par achat à Prévost de Saint-Mars.;AD Vendée. 3 E 49/49 (étude Pouget) : Transaction entre la veuve Prévost de Saint-Mars et son voisin du côté ouest, le marchand Pierre Moquais, le 29 avril 1769 ; Moquais ayant élevé un mur entre la remise de la dame et l'égoût public qui vient du petit pont rue Porte-Mouzeuil, il s'engage à le détruire si la dame le désire.;AD Vendée. 3 E 49/96 (étude Pillenière) : Acte de vente de la demeure (héritée de son père) par Jean François Prévost de la Boutetière de Saint-Mars à René Marie Capitaine, bourgeois de Paris, 17 décembre 1780. La maison est décrite ainsi : grande salle, salon, cuisine, servitudes, chambres hautes au-dessus, cellier, grange et grenier dessus, grande cave sous la salle, grande cour et, de l'autre côté de la cour, remise, écuries, chambre de domestiques et buanderie ; enfin, un grand jardin à arbres fruitiers, à l'entrée duquel est un puits. Il est précisé que la tapisserie de la salle restera en place ; en revanche, Prévost emmènera la cheminée en marbre et la remplacera par une en pierre.;AD Vendée. 1 G 24 : Cens et rentes dues à l'évêché sur quelques maisons situées à l'intérieur de la ville de Luçon (vers 1780) : l'article 117 correspond à la demeure, appartenant alors à Mr Capitaine, auparavant à Mme de Saint-Mars et auparavant à Hélie Thubin.;AD Vendée. 1 E 1025 : Aveux de la Grande Roulière en Luçon, fief appartenant au chanoine Abraham Laurent Chevallereau (1754-1789) : déclaration faite le 20 juillet 1784 par René Marie Capitaine, bourgeois, qui tient la demeure roturièrement. La description est reprise de l'acte notarié du 17 décembre 1780.;Maillaud, Jean. Notes généalogiques, tome IV (manuscrit dactylographié.) : généalogie Thubin en Bas-Poitou.

Bibliographie :

MOREAU, Grégoire. Propriété immobilière à Luçon (1770-1830). Mémoire de maîtrise d'Histoire : I.C.E.S., La Roche-sur-Yon : 2000