Rue en escalier dite Montée Saint-Maurice

Angers intra-muros

Références

Auteur :

Letellier-d'Espinose Dominique ; Biguet Olivier

Date d’enquête :

2006

Commanditaire :

Région Pays de la Loire/Service du Patrimoine / Ville d'Angers - Service Patrimoine Historique, Inventaire.

Historique

Commentaire historique :
Sous l'Ancien Régime, la montée Saint-Maurice n'est qu'une ruelle escarpée et tortueuse, montant de la rue Baudrière (fontaine Pied-Boulet) à la cathédrale. Les demeures qui l'accompagnent datent de différentes époques, entre la fin du Moyen Age et le XVIIIe siècle. En 1791, une première proposition est suggérée pour son élargissement et sa régularisation. La partie supérieure de la montée est élargie côté nord, tandis que trois maisons sont largement reconstruites côté sud, aux angles des rues du Vollier et Donadieu-de-Puycharic, suivant les prescriptions de la municipalité (alignement, pans coupés). Des projets plus ambitieux ont cours au milieu du XIXe siècle. Le plan d'alignement de 1845 prévoit une montée plus large, surtout dans sa partie basse (encore à l'état de ruelle) par la destruction d'un îlot d'habitation. En 1851 et 1852, deux architectes, François Lecoy et Louis Duvêtre, proposent successivement un nouveau projet d'élargissement bordé de larges immeubles à façades identiques ; le second va jusqu'à dessiner une véritable composition urbaine descendant jusqu'à la Maine, avec un escalier monumental à terrasses latérales, scandées de statues qui seraient confiées au sculpteur David d'Angers. Le service de la voirie reprend le sujet en 1897 en étudiant une percée large de 25 m, buttant néanmoins sur le populeux quartier en contrebas, sans débouché sur la rivière. En 1905, deux nouveaux projets sont lancés sous la houlette de l'ingénieur en chef de la ville F. Le Cornec : une percée jusqu'à la rivière encore plus large (40 m), dotée d'un escalier monumental avec terrasses latérales (reprise de l'idée de 1857) devant des hôtels en série d'aspect Renaissance. Le premier projet a comme ligne de mire la statue de Beaurepaire sur le pont du Centre ; le second, beaucoup plus ample, se poursuit sur la rive droite jusqu'à l'église de la Trinité et suppose la reconstruction du pont du Centre plus en aval et la reprise radicale de la rue Beaurepaire. Les projets municipaux de 1905 ne pouvant être facilement mis en oeuvre à brève échéance, un projet plus réaliste est établi en 1909, d'autant qu'entre-temps des démolitions pour cause d'insalubrité venaient d'intervenir en contrebas de la montée. Mais ce projet plus modeste, un escalier prolongé d'un square, ne parvient pas davantage à voir le jour. Un autre projet, dû à l'entrepreneur, Georges Yvon, se signale en 1912 par l'introduction d'une grande cascade au milieu de l'escalier monumental. Finalement c'est un escalier provisoire qui est réalisé en 1919. Des constructions commencent à s'élever parmi les démolitions : des bains-douches (V. Schmidt, arch.) au début des années 1920 sur des plans de 1912 à l'angle de la montée et de la rue Chapellière, des maisons en 1928, 1929 et 1937 (15, montée Saint-Maurice ; 2, rue Donadieu-de-Puycharic, 1-3, rue Saint-Christophe, cette dernière étant une modernisation par l'architecte André Mornet) ; par contre, un projet de bourse du travail par l'architecte de la ville René Brot en 1914 est emporté par la guerre. A la veille de la Seconde Guerre mondiale, le percement de la montée atteint enfin le quai Ligny sur une largeur de 12 à 14 m dans son extrémité basse. En 1941, la ville, attachée au parti d'une composition urbaine monumentale, lance encore un concours d'idées relatif à la montée et à tout le quartier Ligny adjacent, dans le cadre de la loi Cornudet et du Plan d'aménagement, d'embellissement et d'extension qui en découle, entériné tardivement en 1936. Quatre projets sont présentés en 1942, dont ceux primés de J. Regnault (arch. parisien) et du duo Abadie et Delacourt (de Paris ?). Pour autant, le jury charge finalement l'architecte de la ville André Mornet de nouvelles études. Une maquette en est établie par le sculpteur Maurice Legendre, exposée à la foire exposition de 1946. Mais les urgences de l'après-guerre ont raison de ces nouvelles ambitions. Dès lors, les degrés de 1919 deviennent définitifs et tout projet monumental est abandonné. Les démolitions d'habitat ancien se poursuivent, au profit de nouveaux bâtiments édifiés au coup par coup : une maison en haut de la montée en 1958 (Henri Enguehard, arch.), un centre social et un programme d'habitation occupant deux immeubles dans la partie basse de la montée, avec élévation principale sur la rue Baudrière (Maurice Moca, arch., 1960 et D. Bertrand et P. Soulez-Larivière, arch. 1964). La décision du passage d'une voie rapide le long de la Maine entraîne à la fin des années 1970 la destruction complète de tous les bas quartiers au pied du rocher de la Cité : la montée Saint-Maurice s'achève dès lors (passé les deux constructions de 1960-1964) sur une esplanade (actuelle place Jean Turc) aménagée en jardin avec un grand bassin circulaire dans l'axe de la cathédrale, inaugurée en 1986.
Datation des campagnes principales de construction :

Moyen Age;16e siècle;16e siècle;17e siècle;1ère moitié 18e siècle;2e moitié 18e siècle;18e siècle;2e moitié 18e siècle;18e siècle;2e moitié 18e siècle;18e siècle;1ère moitié 20e siècle;20e siècle;1ère moitié 20e siècle;20e siècle;2e moitié 20e siècle;20e

Auteur Historique :

Lecoy François (architecte) ; Duvêtre Louis (architecte) ; David d'Angers Pierre-Jean (sculpteur) ; Le Cornec F. (ingénieur civil) ; Yvon Georges (entrepreneur) ; Schmidt V. (architecte) ; Brot René (architecte communal) ; Regnault J. (architecte) ; Abadi

Description Architecturale

Commentaire descriptif :

Adresses précises du bâti qui borde la montée : Saint-Maurice (montée) 15, 16, 17 bis à 21 ; Baudrière (rue) 2, 28, 40 ; Donadieu-de-Puycharic (rue) 2 ; Parvis-Saint-Maurice (rue du) 10 ; Saint-Christophe (rue) 1 à 5 ; Vollier (rue du) 2 La montée Saint-Maurice présente un aspect double : d'un côté les architectures de papier que sont les multiples projets envisagés, de l'autre l'état présent résultant de deux siècles d'opérations disparates, au coup par coup, parfois dans une optique provisoire qui s'est avérée définitive. Les projets présentent tous un parti monumental, induit par le site et la mise en valeur de la façade de la cathédrale. Les plus ambitieux prévoyaient des escaliers monumentaux et complexes dans le dessin des degrés ou l'aménagement de terrasses latérales, et une percée de largeur imposante (25 m, 40 m). A l'exception des projets de 1942 qui devaient en partie compter avec l'existant, ils préconisaient également une reconstruction des édifices bordant latéralement la montée suivant un dessin identique, en vue d'une composition urbaine parfaitement ordonnancée - des immeubles à façade en tuffeau à trois étages carrés pour les projets Lecoy et Duvêtre, des hôtels également à parements de tuffeau, à un ou deux étages carrés avec lucarnes, pour les projets municipaux du début du XXe siècle. Dans son état actuel, la montée témoigne des velléités d'ordonnancement et de régularisation, mais surtout des difficultés et des renoncements face à une opération trop complexe. La largeur réalisée varie ainsi selon les endroits entre 14 m et 23 m, avec des décrochements successifs qui indiquent autant de phases chronologiques. La végétation, sauf dans la partie bordée par les immeubles des années 1960, parvient assez remarquablement à masquer toutes ces irrégularités et disparités. Les emmarchements sont en revanche réguliers (5 m de large environ) entre deux doubles trottoirs en pente continue. Quatre séquences de degrés se succèdent, d'importance variable en fonction de la déclivité et des intersections avec les rues qui y aboutissent, matérialisées par autant de paliers. La partie inférieure, désormais vide de toute architecture, est traitée en esplanade et jardin (dont une partie sur la voie rapide par une trémie). Les deux seuls édifices appartenant à un programme concerté - entre les rues du Vollier et Donadieu-de-Puycharic - sont en moellon de schiste enduit, à travées, constitués d'un rez-de-chaussée sur étage de soubassement, un étage carré et un étage en surcroît dans des combles à longs pans ; des croupes couvrent les pans coupés. Les autres constructions réalisées - au coup par coup - dans le cadre de cette opération d'urbanisme, sont principalement en béton, étant des édifices du XXe siècle, maisons à tendance pittoresque (faux pan de bois, toit à demi-croupe) ou immeubles franchement modernes.

Matériau(x) de gros œuvre et mise en œuvre :

schiste ; moellon ; enduit ; béton

Matériau(x) de couverture :

ardoise

Type de couverture :

toit à longs pans ; pignon couvert ; croupe

Vaisseaux et étages :

étage de soubassement ; 3 étages carrés ; étage de comble ; étage en surcroît

Localisation

Département :

49

Aire d'étude :

Angers intra-muros

Commune :

Angers

Lieu :

Centre-ville (quartier)

Adresse :

Saint-Maurice

Rue :

Saint-Maurice

Latitude :

47,47175389 X

Longitude :

-0,55680623 Y

Intérêt et protection

Situation juridique :

propriété de la commune ; propriété privée