Les moulins de l'aire d'étude : Le Lude

Le Lude

Références

Auteur :

Toulier Christine

Date d’enquête :

2010

Commanditaire :

Région Pays de la Loire/Service du Patrimoine / Département de la Sarthe / Pays Vallée du Loir.

Historique

Commentaire historique :
Nous avons repéré cinquante-et-un sites de moulins à eau, dont deux disparus, répartis sur l'ensemble des onze communes inventoriées, à l'exception de La Bruère-sur-Loir qui n'en possède aucun mais qui est située au sud-est du moulin Bruant, sur la commune de Vaas. On remarquera que les moulins situés sur le Loir sont distants de deux kilomètres au minimum alors qu'ils sont plus rapprochés sur les ruisseaux affluents : leur cadence est parfois inférieure au kilomètre. Ce nombre est important lorsque l'on sait qu'il avait été répertorié neuf cent vingt-six moulins à eau en activité dans l'ensemble du département en 1809. Seuls trente-quatre moulins sont signalés sur la carte de Cassini dressée entre 1760 et 1762, tandis que les cinquante et un éléments du corpus sont signalés ou décelables sur le premier cadastre napoléonien dressé entre 1810 et 1820. Il est improbable que l'on ait créé dix-sept moulins en un demi-siècle : les quinze moulins manquants pouvaient donc être associés, dans un même bail, à une métairie ou à une closerie, le meunier étant alors, avant tout, un métayer. Les moulins à eau repérés se répartissent en deux catégories distinctes : les moulins d'eau vive navigable construits au bord du Loir et les moulins d'eau vive non navigable établis sur ses affluents. Les 11 moulins d'eau vive navigable sont le plus souvent établis sur une rive du Loir, qu'ils ont profondément modifiée par la construction de chaussée destinées à augmenter la force du courant. Des îles artificielles isolent, alors, l'édifice. Ces moulins sont en aval d'une très longue chaussée parallèle aux rives, qui mesure jusqu'à deux cent cinquante mètres aux moulins de Cherré et de Varennes à Aubigtné-Racan et deux cents mètres au moulin de Mervé à Luché-Pringé. A l'exception de Thienval au Lude dont la chaussée est en forme de langue de chat, tous barrent la rivière. Les barrages sont équipés de portes marinières pour le passage des bateaux et les rives, en amont de la chaussée, sont percées de portineaux pour l'irrigation des terres. Les moulins d'eau vive non navigable sont au nombre de trente-huit. Ils se répartissent en deux groupes : trente-trois moulins à bief et cinq moulins d'étang. Le bief est une dérivation nécessaire au fonctionnement du moulin. Il est construit sur la rive la plus haute de la rivière et canalise l'eau qu'il conduit à la roue. Le bâtiment est souvent perpendiculaire à ce bief et renferme à la fois le moulin et l'habitation du meunier, excepté dans le cas du moulin de Niabête, sur la Maulne à la Chapelle-au-Choux, qui se présente à la manière d'un navire dont la proue, tournée vers l'amont, partage les eaux du bief en deux. Le logement du meunier est en retrait de la rive. Cette disposition n'est pas sans faire penser au grand moulin de Mervé, sur le Loir, qui est équipé lui aussi d'une proue vers l'amont, mais dont le logement est placé au-dessus, à l'étage. Cinq moulins d'eau vive non navigable n'ont pas de bief : il s'agit des trois moulins d'étang du Riouy au Lude, de vieux Chenon à Coulongé et du Paty à Chenu, et des deux moulins des petites retenues du Pont-de-Cœur et du Plessis à Aubigné-Racan. Dépendant du remplissage de leur étang, les meuniers souffrent les années de sécheresse et sont soumis à la contraine de l'exploitation différenciée de la pêche de l'étang, et de l'activité du moulin. Condamnés à s'entendre avec le bailleur de l'étang, le meunier est parfois contraint au « chômage » lorsqu'une pêche est organisée. Après la Révolution, beaucoup de moulins sont vendus comme biens nationaux : Mervé, la Courante et le Ponton à Luché-Pringé, Chaluau à La Chapelle-aux-Choux et le Choiselier à Savigné-sous-le-Lude. Ponton dépendait alors du prieuré de Luché et Chaluau du prieuré de La Chapelle-aux-Choux. Les nouveaux propriétaires rénovent ces établissements : la Courante est reconstruit en 1815, le moulin de Forgeais à Chenu est transformé en minoterie en 1850. Au siècle suivant, le moulin des Isles à Luché est remis en état en 1910, et Ponton aujourd'hui démoli, est reconstruit en 1934. La plupart des moulins situés sur les bords du Loir deviennent des usines. A partir de 1820, l'anglais Stanhope Hollond, propriétaire des forges de Château-la-Vallière (Indre-et-Loire) installée en amont sur la Fare, s'intéresse au site de Thienval (Le Lude) et projette d'y construire un haut-fourneau. Il meurt en 1824 en laissant tous ses projets inachevés. Vers 1870, les Talhouêt installent une scierie près du moulin à foulon. Malheureusement en 1915, un incendie détruit l'ensemble des installations. Le sarthois Joseph-Claude Tonnellier est l'entrepreneur des moulins du Loir au milieu du XIXe siècle : il achète successivement les moulins de la Courbe en 1849, de Varennes en 1858 et de Cherré en 1863 afin d'établir des papeteries. Les travaux sont confiés à l'ingénieur Charles Callon. Les trois établissements reprennent des dispositions identiques : de longs vaisseaux voûtés supportent des broyeurs et des « piles hollandaises ». Cherré et Varennes, aujourd'hui hors d'usage, conservent encore leurs turbines. Les liaisons entre les trois sites se font naturellement par bateau. L'essor de cette activité est telle qu'elle emploie une petite centaine d'ouvriers à la Courbe et surement un peu plus à Varennes. Des lotissements de logements d'ouvriers sont construits sur les trois sites (cf. infra). La chaussée de Malidor portait autrefois un moulin à foulon, un moulin à drap puis un moulin à tan en 1654. En 1870, comme à Thienval, les Talhoüet y installent une scierie, puis en 1915, une centrale électrique. Aujourd'hui, seul le site de Varennes à Aubigné continue une activité industrielle prospère avec le groupe des papeteries Allard. Les autres établissements, autrefois ruinés ou abandonnés, sont en partie réhabilités. Le moulin de la Courbe au Lude est devenu un complexe touristique et le moulin de Cherré à Aubigné-Racan, avec ses logements ouvriers ont été aménagés en gîtes ruraux.

Localisation

Département :

72

Aire d'étude :

Le Lude

Latitude :

47,65353604 X

Longitude :

0,17961106 Y

Documentation

Annexe :

Annexe 1 : Liste des moulins repérés avec renvoi aux numéros de la carte.;Aubigné-Racan, Bocé, n°?8;Aubigné-Racan, Cherray, moulin à blé, papeterie, n°16;Aubigné-Racan, Gué-Brunet (le), n°;Aubigné-Racan, Laigné, moulin à blé, n°11;Aubigné-Racan, Locqué, moulin à blé, n°14;Aubigné-Racan, Loyneau, moulin à blé, n°10;Aubigné-Racan, Plessis (le)moulin à blé, n°9;Aubigné-Racan, Pont-de-Cœur (le), moulin à blé, n°7;Aubigné-Racan, Varennes, moulin à blé, papeterie, n°15;Aubigné-Racan, Verger (le), moulin à blé, n°12;Chenu, Forgeaismoulin à blé, minoterierepéré49;Chenu, Paty (le)moulin à blé, n°47;Chenu, Vallée de la Rivière, n°46;Coulongé, Chenonmoulin à blé, n°13;Coulongé, Chenon1, Antiquité, ?;Dissé-sous-le Lude, n°37;Dissé-sous-le Lude, Coupesac, moulin à blé, moulin à huile, n°35;Dissé-sous-le Lude, Pichon, moulin à blé, n°38;Dissé-sous-le Lude, Trousseloup, moulin à blé, n°36;La Chapelle-aux-Choux, Frêne (le), n°41;La Chapelle-aux-Choux, Niabête, moulin à blé, n°40;Luché-Pringé, Carpentras, moulin à foulon, n°1;Luché-Pringé, Courante (la) / Tournante, moulin à blé, n°20;Luché-Pringé, Mervé, moulin à blé, n°24;Luché-Pringé, Isles, moulin à foulon, moulin à blé, n°25;Luché-Pringé, Brard ou Tanmoulin à tan, scierie, n°;Luché-Pringé, Petit-Cherbon, n°6;Luché-Pringé, Roue (la), n°5;Luché-Pringé, Ponton, moulin à blé, minoterie, n°23;Luché-Pringé, Thienval, rive Droite, n°18;Luché-Pringé, Vénevellesmoulin à blé, n°2;Luché-Pringé, Vilaine, moulin à blé, à tan, n°22;Le Lude, Brouillette, moulin à blé, n°34;Le Lude, Chaluau, n°39;Le Lude, Courbe (la) / Roche-Sévin, papeterie, n°21;Le Lude, Malidormoulin à blé, tan, scierie, centrale électrique, n°17;Le Lude, Risoui / Ris Houy, moulin à blé, féculerie, n°32;Le Lude, Thienval, rive Gauche, moulin à blé, drap, minoterie, n°19;Saint-Germain d'Arcé, Champeaumoulin à blé, n°44;Saint-Germain d'Arcé, Goumnaudière (la), moulin à blé?;Saint-Germain d'Arcé, Moulin du Bourg, n°45;Saint-Germain d'Arcé, Coulongé48;Saint-Germain d'Arcé Roche (la)moulin à blé, n°43;Saint-Germain d'Arcé, Ronce (la)moulin à blé, n°42;Savigné-sous-le Lude, Choiselier?29;Savigné-sous-le Lude, Diversière (la)moulin à blé, n°30;Savigné-sous-le Lude, Deux-Eves (les), moulin à blé, n°28;Savigné-sous-le Lude, Laveau moulin à blé, n°31;Savigné-sous-le Lude, Rochette, moulin à blé, n°33;Thorée-les-Pins, Bourg (le)?, n°26;Thorée-les-Pins, Ruisseaux (le), moulin à blé, mécanique, n°27