Hôpital général, puis hôpital

Luçon (commune)

Références

Auteur :

Réau Marie-Thérèse

Date d’enquête :

2006

Commanditaire :

Région Pays de la Loire / Ville de Luçon.

Historique

Commentaire historique :
L'hôpital général de Luçon a été fondé en janvier 1679 par des lettres patentes de Louis XIV, enregistrées par le parlement le 21 avril suivant. Le lieu choisi était l'aumônerie de la cathédrale, elle-même fondée au Moyen-Age au sud-ouest de la ville. La création d'un hôpital général se fit à l'instigation de Mgr de Barillon, qui y songeait depuis plusieurs années ; ainsi, dès 1673, il avait appelé deux Filles de la Charité pour desservir l'aumônerie et il en sollicitera de nouvelles pour l'hôpital. De l'ancienne aumônerie, subsiste la chapelle Sainte-Madeleine, fondée en 1400 par l'aumônier Nicolas Favre, remaniée et restaurée au cours des XVIIe et XIXe siècles. Par ailleurs, nous savons que le logement de l'aumônier se situait au sud de la chapelle et qu'il fut remplacé en 1765 par le pavillon Saint-Côme. Quant au fonctionnement de l'institution, nous en savons peu de choses, si ce n'est qu'en 1679, ses revenus étaient distribués aux pauvres. Nous ne sommes guère renseignés sur les travaux entrepris suite à la fondation de 1679, si ce n'est que la nouvelle salle de l'hôpital fut construite peu après 1685, vraisemblablement à l'ouest de la chapelle. Les bâtiments ayant été reconstruits vers 1880 (à l'exception du pavillon Saint-Côme), il est difficile d'en imaginer l'apparence autrement que par le plan de Luçon de 1704 et le plan cadastral de 1816. En revanche, la construction du pavillon Saint-Côme en 1765 est attestée par une délibération du bureau de l'hôpital, le 30 mars 1764, faisant allusion aux plans et devis dressés par l'entrepreneur luçonnais Charles Réveillaud ; cette information est confirmée par un don de Mgr Jacquemet et par une inscription aux armes du prélat, sur la façade du bâtiment. L'année suivante, comme le montre une autre inscription, Mgr Jacquemet offrira la clôture de choeur de la chapelle (communiquant avec le pavillon Saint-Côme) et, en 1769, fera à nouveau un don pour le bâtiment destiné au logement des religieuses - peut-être une partie du même pavillon, édifié à l'emplacement de l'ancien logis de l'aumônier. Au cours de la première moitié du XIXe siècle, quelques travaux sont réalisés, mais leur ampleur reste modeste. La grande campagne de restauration de l'hôpital commence par la remise en état de la chapelle par l'architecte municipal Léon Ballereau, de 1865 à 1867. Après la guerre de 1870, la reconstruction d'une grande partie des anciens bâtiments est entreprise. Léon Ballereau présente, en 1872, un projet de style néo-gothique qui restera sans suite ; seules, plusieurs dépendances seront édifiées d'après ses plans. C'est le nouvel architecte municipal, Charles Smolski, qui réalisera les travaux de 1879 à 1881, selon la date portée sur la façade et une plaque commémorative à l'intérieur ; l'adjudication des travaux eut lieu le 27 avril 1879. Les travaux comprennent la reconstruction de l'ensemble des bâtiments selon un plan régularisé - à l'exception du pavillon Saint-Côme - et de nouvelles constructions. C'est lors de cette campagne qu'une remarquable cheminée (étudiée à part) provenant de la demeure 58 rue du Port, fut placée dans l'actuelle salle-à-manger du pavillon Saint-Michel. Les travaux se poursuivront au cours du premier quart du XXe siècle, avec la construction, par les architectes Léon II et Jacques Ballereau, de deux bâtiments destinés aux militaires, l'un pour les malades généraux, l'autre pour les contagieux. Le projet sélectionné lors du concours lancé en 1908, fut repris par les architectes en 1909 mais, en raison de la guerre, les travaux seront interrompus ; leur achèvement sera l'œuvre de l'architecte fontenaisien Barbechoux, vers 1930. Nous ne ferons ici qu'une simple allusion aux importants aménagements de la seconde moitié du XXe siècle, dans la partie ouest de l'enclos ; quant à la maison de retraite - datant du 3e quart du XXe siècle et aujourd'hui détruite - son étude a donné lieu à un dossier particulier.
Datation des campagnes principales de construction :

Moyen Age;2e moitié 17e siècle;17e siècle;2e moitié 18e siècle;18e siècle;2e moitié 19e siècle;19e siècle;1ère moitié 20e siècle;20e siècle

Auteur Historique :

Réveillaud, Charles (entrepreneur) ; Smolski, Charles (architecte) ; Ballereau, Léon (architecte) ; Ballereau, Jacques (architecte) ; Barbechoux, P. (architecte)

Description Architecturale

Commentaire descriptif :

L'hôpital est de plan régulier pour sa partie antérieure au milieu du XXe siècle, celle qui est étudiée ici. Les constructions sont en calcaire : pierre de taille pour la chapelle, moellon autrefois enduit pour tous les autres bâtiments. Les toitures sont en tuiles creuses por la chapelle, le pavillon Saint-Côme et certaines dépendances ; les toits de tous les autres bâtiments sont couverts d'ardoises, à l'exception des terrasses du long bâtiment rue de l'Asile. Les toits sont à longs pans, souvent à pignon découvert, parfois à croupe, à croupe polygonale pour le bâtiment le plus au sud, rue de l'Asile ; le clocher de la chapelle est une flèche et le bâtiment principal, rue de l'Hôpital, est rythmé de deux pavillons couverts de toits brisés en pavillon. La chapelle Sainte-Madeleine, de plan allongé, est voûtée en berceau brisé ; à l'origine, le niveau du sol était plus bas. Les bâtiments possèdent un seul étage. Les façades sont soit ordonnancées, soit simplement à travées.

Matériau(x) de gros œuvre et mise en œuvre :

calcaire ; moellon ; pierre de taille ; enduit partiel

Matériau(x) de couverture :

tuile creuse ; ardoise ; pierre en couverture

Type de couverture :

toit à longs pans ; pignon découvert ; croupe ; croupe polygonale ; toit brisé en pavillon ; flèche polygonale ; terrasse

Partie de plan :

plan régulier ; plan allongé

Vaisseaux et étages :

1 étage carré

Type et nature du couvrement :

voûte en berceau brisé

Emplacement, forme et structure de l’escalier :

escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en charpente

État de conservation :

restauré ; remanié

Localisation

Département :

85

Aire d'étude :

Luçon (commune)

Commune :

Luçon

Adresse :

Hôpital

Rue :

Hôpital

Latitude :

46,45062395 X

Longitude :

-1,17214731 Y

Intérêt et protection

Intérêt de l'oeuvre :

à signaler

Situation juridique :

propriété publique

Documentation

Documents d'archives :

AD Vendée. 1 G 1 : Catalogue des évêques de Luçon de 1317 à 1699, manuscrit du chanoine Jean Brumauld de Beauregard, vicaire général de Mgr de Mercy, vers 1780. (Il existe un autre exemplaire de ce manuscrit aux Archives de l'évêché de Luçon. AAR 16). - Biographie d'Etienne de Loypeau (1388-1407) : Le 2 février 1400, mention de la fondation de la chapelle Sainte-Madeleine par Nicolas Favre, aumônier de la cathédrale, pour permettre aux malades qui gardent le lit d'entendre la messe. - Biographie de Nicolas Boutaud (1462-1490) : Le 18 avril 1463, échange entre l'évêque et l'aumônier Pierre Fauceau, mais l'aumônier continuera à assurer le service accoutumé et à donner l'hospitalité aux pauvres. A la suite de la transaction, l'évêque possède désormais l'ancienne chapelle de l'aumônerie (proche de la cathédrale) avec maison et jardin ; les confronts sont la doue de la forteresse du lieu par laquelle on va du port à la chapelle Saint-Mathurin, ainsi que le chemin qui va de la porte de la forteresse à la maison du curé. Quant à l'aumônier, il possède désormais la chapelle, maison et verger de Saint-Sauveur, où l'on fait le saint synode, l'un des confronts étant la rue ou chemin qui va du four du Grand Bourgneuf à la Vase ; il s'agit de la chapelle Sainte-Madeleine. - Biographie de Baptiste Tiercelin (1562-1569) : Le 9 octobre 1570, l'office canonial est célébré à la chapelle Sainte-Madeleine, vu l'état déplorable de la cathédrale.;AD Vendée. H dépôt 3, C 1 (ancienne cote) : Le 7 mars 1539, bénédiction d'un terrain pris sur le jardin de l'aumônerie pour servir de cimetière aux pauvres.;AD Vendée. H dépôt 3, A 7 (ancienne cote) : Le 23 juillet 1673, contrat entre le procureur de Mgr de Barillon et la supérieure des Filles de la Charité pour l'établissement de deux sœurs à l'aumônerie de Luçon.;AD Vendée. H dépôt 3, A 4 (ancienne cote) : En 1675, mention - dans un acte passé par le chanoine aumônier de Luçon - de son consentement pour l'établissement d'un hôpital général à son aumônerie.;AD Vendée. H dépôt 3, B 16 (ancienne cote) : - Le 21 janvier 1677, ordonnance de Mgr de Barillon annonçant sa visite à l'aumônerie le lendemain. - Le 22 janvier 1677, procès-verbal de la visite de Mgr de Barillon à l'aumônerie, pour procéder à la désignation de la portion de maison et de jardin devant être affectée, à l'avenir, au logement du chanoine aumônier.;AD Vendée. H dépôt 3, E 1 (ancienne cote) : Registre des commissions administratives de l'hôpital de Luçon (1679-1762).;AD Vendée. H dépôt 3, A 2 (ancienne cote) : En janvier 1679, lettres patentes de Louis XIV, à la demande de Mgr de Barillon, pour l'établissement d'un hôpital à Luçon au lieu dit l'Aumônerie (pièce originale sur parchemin, avec sceau aux armes de France).;AD Vendée. 3 E 49/5 (étude Bourdeau) : Procès-verbal de visite de la maison, jardin et appartenances de l'Aumônerie, faite le 12 décembre 1679 à la demande de l'hôpital, suite au décès du chanoine Lemanceau, aumônier. Le logis et les dépendances de l'aumônerie sont confrontés à la chapelle de la Madeleine et à la rue de la Vase ; il s'agit donc des bâtiments ayant précédé le pavillon Saint-Côme.;AD Vendée. 2 G 115 : Vente à l'hôpital de deux petites maisons situées à la Madeleine, le 17 janvier 1685, pour faire la nouvelle salle de l'hôpital.;AD Vendée. H dépôt 3, A 4 (ancienne cote) : Fin XVIIe, notes concernant l'hôpital général, nouvellement établi par Mgr de Barillon.;AD Vendée. H dépôt 3, E 2 (ancienne cote) : Registre des commissions administratives de l'hôpital de Luçon (1762-1787). - Le 30 mars 1764, mention des plan et devis dressés par l'architecte Charles Ruelland, en vue de la reconstruction de la salle Saint-Côme.;AD Vendée. H dépôt 3, E 10 (ancienne cote) : Registre des recettes de l'hôpital de Luçon. - Fol. 5 : Le 1er mars 1765, don par Mgr Jacquemet de 2000 francs pour la construction du nouveau bâtiment de l'hôpital. - Fol. 19 : Le 25 juillet 1769, don par Mgr Jacquemet de 1200 francs pour le nouveau bâtiment destiné au logement des Filles de la Charité.;AD Vendée. H dépôt 3, O 2/1 : Travaux des années 1844-1879 et 1940-1943. - Projet de bains par Léon Ballereau en 1844, non exécuté. Projet de bains par Léon Ballereau en 1849, exécuté la même année par Morat (charpente), Poitevin (maçonnerie et couverture), Vexiau (plomberie), Moreau (peinture et vitrerie). - Restauration d'un escalier en pierre, en 1852, par le tailleur de pierre Hibert, sur un devis de Ballereau. - Reconstruction de la grange de la métairie de l'Aumônerie en 1858, par Louis Gauffriau et Morat. - Construction d'une salle en 1859, d'après le devis de l'architecte luçonnais Achille Buquet. - Travaux divers en 1868, d'après devis de Léon Ballereau. - Construction de la boulangerie en 1872, de la buanderie en 1873, d'après les plans et devis de Léon Ballereau. - Construction du reste des dépendances en 1875, d'après le devis d'Arsène Charier (porcherie, poulailler, étable à vaches, stalle pour un cheval, grand hangar pour matériel et grenier à fourrage ; en outre, un hangar servant de bûcher - probablement la grange de la métairie de l'Aumônerie, datant de 1858 - sera transporté dans la nouvelle cour et allongé de 3 travées). - Mur de clôture en 1879, par l'entrepreneur Hibert, d'après les plans et devis de Charles Smolski. - Divers travaux de 1940 à 1943 (achèvement d'un pavillon, surélévation et aménagement du pavillon d'entrée, aménagement du bâtiment principal, déplacement d'une cage d'escalier, etc.).;AD Vendée. H dépôt 3, O 2/1 : Dossier sur la restauration de la chapelle par Léon Ballereau, architecte municipal (1865-1867). - Devis estimatif, exposé, série de prix et conditions générales par Léon Ballereau, le 30 décembre 1865. - Extrait des délibérations de la Commission d'administration de l'hospice, le 1er février 1866 : le projet Ballereau convient ; la loterie est autorisée par le préfet ; souhait de traiter à l'économie, de gré à gré avec les artisans. - Devis de Léon Ballereau, le 14 février 1867, reprenant celui de 1865. - Extrait des délibérations de la Commission d'administration de l'hospice, le 16 février 1867 : on a traité de gré à gré avec Parlant, Sureau, David et Levieux ; l'autorisation du préfet est sollicitée. - Extrait des délibérations du Conseil municipal, le 17 février 1867 : acceptation du devis de Ballereau et de l'avis de la Commission de l'hospice. - Décompte des travaux par Léon Ballereau, le 20 septembre 1867. - Mémoires de divers travaux, établis au cours du deuxième semestre 1867 : A. Lusson pour les vitraux en grisaille, Alexis Vinçonneau pour la ferblanterie, Mouniau pour les enduits, Sureau pour des travaux supplémentaires de serrurerie, carrelage etc, B. Charles pour la peinture.;AD Vendée. 4 N 61 : Séance du Conseil départemental des Bâtiments civils, le 19 juillet 1866, au sujet du projet de restauration de la chapelle par Léon Ballereau. Clair, le rapporteur, critique le choix du langage roman pour les nouvelles baies, alors que le reste de l'édifice est de transition romano-gothique ; il demande un style plus ogival.;AD Vendée. E dépôt 128. 3 M 1 : - Pièce de 1866 concernant la loterie organisée pour la restauration de la chapelle, d'après les plans et devis de Léon Ballereau. - Lettre des administrateurs de l'hôpital au maire, en 1878, concernant le projet de reconstruction d'une partie des bâtiments. Note sur les soumissions en vue de l'adjudication des travaux, le 27 avril 1879 ; Prieur est choisi, étant le moins cher (155607 francs). - Dossier sur la construction de pavillons militaires, l'un pour malades généraux, l'autre pour malades contagieux (concours ouvert en 1908 ; lettre de l'un des concurrents - qui se retirera par la suite - le 4 décembre 1908, contestant la participation de Jacques Ballereau, fils de Léon Ballereau fils, membre de la commission ; avis du Génie sur les projets, le 5 décembre 1908 ; le même jour, choix de la commission, qui se porte sur le projet de Léon et Jacques Ballereau ; remaniement du projet Ballereau en 1909 ; interruption des travaux par la guerre et problèmes posés par leur reprise ; achèvement des travaux par P. Barbechoux, en 1930-1932).;AD Vendée. E dépôt 128. 2 L 8 : Document concernant le legs fait à la Ville par Henry Renaud, d'après son testament daté du 23 juin 1910 ; la Ville justifie l'emploi du legs par la construction de pavillons militaires à l'hôpital, selon le devis Ballereau en 1913.;AD Vendée. E dépôt 128. Série 1 D : - Délibération du Conseil municipal, le 24 mai 1913, concernant le projet de construction de pavillons pour malades militaires. Le projet Ballereau a été accepté par le Ministère de la Guerre ; le montant du devis - 164000 francs - sera honoré par la Ville et prélevé sur le legs Henry Renaud. - Délibérations du Conseil municipal, les 23 juin et 23 décembre 1921, concernant les honoraires de l'architecte des pavillons militaires, Ballereau, pour les travaux exécutés.;AD Vendée. J 1138 (ancienne cote) : Analyse des archives de l'hôpital de Luçon (1470-1790) par l'abbé Louis Delhommeau.

Bibliographie :

BONNAUD, Thierry. Histoire de l'hôpital de Luçon de 1679 à 1977. Thèse de Médecine : Nantes : 1989.;DURET, André. Luçon, ville épiscopale et capitale maraîchine. [s. l.] : L'Etrave, 1995