Communauté de communes Moine et Sèvre

Un territoire situé dans le département de Maine-et-Loire, au sud-ouest des Mauges le territoire de la Communauté de Communes Moine et Sèvre est majoritairement rural et présente un habitat dispersé ou organisé en hameaux autour des centre-bourgs. Il bénéficie depuis l'Ancien Régime de l'essor économique de Cholet, notamment à travers le développement de la filière textile.


Origine de l'industrialisation

L'arrivée du tissage dans les Mauges remonte à la seconde moitié du XVe siècle, période au cours de laquelle la culture du lin est importée de Bretagne à Cholet par la cour d'Antoinette de Magnelais, favorite du Duc de Bretagne. L'activité va réellement se transformer à partir de la fin du XVIIe siècle, sous l'impulsion de René-François de Broon, marquis de Cholet et gendre du protégé de Colbert, Louis Berryer, avant de connaître la prospérité au cours du XVIIe siècle. Cependant cette industrie est éclatée, avec une production assurée par des ouvriers à domicile répartis dans les campagnes alentours ou par des maîtres fabricants et avec une commercialisation réalisée par des négociants sur Cholet.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, l'activité connait une crise profonde, conséquence de la mécanisation de la production avec le développement de filatures, d'usines de tissage et de confection sur le territoire, comme c'est le cas au Longeron et à Roussay.

Entre 1860 et 1880, les Mauges connaissent une période difficile, marquée par le chômage des ouvriers tisserands et par l'exode rural. Pour faire face à la crise du textile plusieurs initiatives locales se mettent en place. La chaussure apparait alors comme la meilleure solution à la reconversion de l'industrie du textile. Les premiers ateliers apparaissent dans la commune de Saint-Macaire-en-Mauges en 1879. L'industrie de la chaussure prend son essor après 1913.

Le temps de la mécanisation

Après la Première Guerre mondiale, c'est le temps de la mécanisation, du passage de l'atelier à l'usine. Le succès de la chaussure se confirme dans les années 1950-1960 et entre dans une phase de développement concrétisée par la diversification de la production et la conquête de marchés internationaux. Cette phase se traduit par la mécanisation de la production, la modernisation des sites l'augmentation des emplois et la quasi-disparition du travail à domicile. La reconversion industrielle des Mauges a été un succès et a pour particularité d'être issue d'initiative endogène, constituée indépendamment de Cholet. 

Entre la seconde moitié du XIXe et du XXe siècle d'autres secteurs s'industrialisent (agroalimentaire, minéraux, bois, papier). Leur implantation s'explique par les richesses du territoire : le sous-sol (argile, granite, uranium) qui favorise la création de carrières et de mines comme le site de L'Ecarpière (Gétigné et Saint-Crespin-sur-Moine) et les terres agricoles (élevage, culture céréalière et maraichère) qui entraînent la création de la laiterie et fromagerie Gallais (Saint-Germain-sur-Moine). Les communes des Mauges sont également riches de nombreux artisans locaux : cordonnier, sabotier, bourrelier, meunier, forgeron. Ces artisans détenteurs de savoir-faire traditionnels ont été l'un des moteurs de l'industrialisation.

Les industries des Mauges connaissent une importante crise à partir de la fin des années 1970, conséquence de la mondialisation du marché et de la perte de compétitivité