Voie ferrée Nantes-Châteaubriant

Présentation de l'aire d'étude

Dans les années 1840-1850 se dessine la géographie ferroviaire de la France. Le Pays de Châteaubriant semble être ignoré des décideurs nationaux. On parle de « quadrilatère du vide » entre Nantes, Rennes, Angers et Laval. Commence alors une guerre d'influence pour obtenir le désenclavement de la région.


Ainsi, deux comités sont nommés en Mayenne et à Châteaubriant, qui rédigent des mémoires envoyés au Ministre des Travaux publics en 1861 et 1862 arguant de l'importance de la mise en place d'une ligne de chemin de fer allant de Nantes à Laval en passant par Châteaubriant. La demande est d'autant plus forte que la situation économique dans les années 1860 est précaire. Le Castelbriantais a fondé l'essentiel de son activité autour de la métallurgie et le traité de libre-échange signé en 1860 avec l'Angleterre sonne le glas des forges. 

La définition du tracé 

Mais pour le ministère des Travaux publics, l'objectif est avant tout de relier Laval à la Loire. Deux possibilités de tracés s'offrent à lui : l'un par Nantes via Châteaubriant et l'autre par Angers. Ne souhaitant pas trancher, il soumet le 25 février 1864 les deux tracés à enquête publique. Les Ponts et Chaussées rejettent le tracé par Châteaubriant en juillet 1865. La déception est grande dans le Castelbriantais mais le monde politique local se mobilise et finalement le gouvernement donne satisfaction à tous en accordant le 3 mai 1866 la ligne de Sablé à Nantes en passant par Châteaubriant et la ligne directe de Laval à Angers. Les études de terrain ne débutent qu'en 1872. Chaque conseil municipal fait alors pression sur la Compagnie d'Orléans pour obtenir un arrêt. Ainsi, le conseil municipal de Casson demande à ce que le tracé desserve les communes d'Héric et de Grandschamps des Fontaines arguant du fait que Suçé est déjà desservi par l'Erdre. Le tracé définitif est approuvé par le ministre des Travaux publics au mois de décembre 1873. Les travaux durent 4 ans : construction des stations  et aménagements des passages à niveaux  selon la typologie de la Compagnie d'Orléans, construction de la voie simple . Le voyage inaugural a lieu le 23 décembre 1877. Longue de 64 km, la ligne traverse 11 communes (Nantes, La Chapelle-sur-Erdre, Sucé-sur-Erdre, Casson, Nort-sur-Erdre, Joué-sur-Erdre, Saffré, Abbaretz, Issé, Louisfert, Moisdon-la-Rivière, Erbray, Châteaubriant) et dessert 6 stations (Saint-Joseph, La Chapelle-sur-Erdre, Sucé-sur-Erdre, Nort-sur-Erdre, Abbaretz, Issé). Au fil des ans, des arrêts supplémentaires sont ajoutés .

 Le trafic

 Le trafic ne fut jamais très important sur la ligne puisqu'au maximum il y avait 3 trains partant de Châteaubriant et 3 de Nantes. Des autocars prennent alors le relais. Mais ces derniers étant insuffisants pour répondre à la demande, la direction Ouest de la SNCF ajoute des wagons aux trains de marchandises. La ligne retrouve son activité à la fin de la guerre. Déjà peu rentable la ligne est concurrencée après la guerre par les cars et les voitures individuelles. La SNCF décide de fermer la ligne le 31 mai 1980 

Le projet de réouverture

Le projet de réouverture a fait l'objet d'un accord entre : - la Région des Pays de la Loire en tant qu'autorité organisatrice des services ferroviaires régionaux depuis 2002, - le département de Loire-Atlantique en tant qu'autorité organisatrice des transports routiers non urbains, - Nantes Métropole en tant qu'autorité organisatrice des transports urbains nantais, - Réseau Ferré de France en tant que propriétaire de l'emprise ferroviaire, - SNCF en tant que futur exploitant de la desserte tram-train. Le projet retenu repose sur le principe de desserte de la ligne exclusivement par des trams-trains électriques, de la gare de Nantes à celle de Châteaubriant. 11 points d'arrêts sont prévus : 9 à créer ou réouvrir disposant tous d'abris voyageurs, d'abris à vélos, d'espace de dépose-minute et de parkings-relais paysagés, 3 pôles d'échanges avec le tramway et les autobus de l'agglomération. Le trajet entre Nantes et Châteaubriant durera 60 minutes, 5 allers-retours quotidiens sont prévus.