Inventaire du patrimoine des bourgs du Perche sarthois : bilan à mi-parcours

Cliquez pour agrandir l'image Pierrick Barreau, chercheur de l'inventaire et arpenteur des bourgs du Pays du Perche sarthoisr ©PB Fourny

Cliquez pour agrandir l'image Semur-en-Vallon ©PB Fourny

Cliquez pour agrandir l'image Sceaux-sur-Huisne ©PB Fourny

Cliquez pour agrandir l'image Coudrecieux ©PB Fourny

Cliquez pour agrandir l'image Valennes ©PB Fourny

Cliquez pour agrandir l'image Conflans-sur-Anille ©PB Fourny

Cliquez pour agrandir l'image Montfort-le-Gesnois ©PB Fourny

Cliquez pour agrandir l'image Tuffé : l'ancien prieuré ©PB Fourny

Cliquez pour agrandir l'image Connéré ©PB Fourny

Pierrick Barreau, chercheur de l’Inventaire arpente le Perche sarthois depuis deux ans et tout particulièrement douze bourgs.

Après Connerré, Valennes, Sceaux-sur-Huisne, Montfort-le-Gesnois, Conflans-sur-Anille, Tuffé Val de la Chéronne et Semur-en-Vallon, il nous propose un point d’étape à mi-parcours.

Quelles sont les différences et les points communs entre les bourgs étudiés ?

Avant le début de l’étude, chaque bourg du Perche sarthois a été visité pour établir un premier diagnostic. À la suite de cela, nous en avons sélectionné douze avec des tailles et des configurations bien différentes pour avoir un panel large et représentatif à étudier de plus près. A première vue, il y a peu de points communs entre des bourgs tels que Montfort-le-Gesnois ou Conflans-sur-Anille. Néanmoins, quand on regarde de plus près la morphologie, celle-ci est toujours très simple et s’articule uniquement autour d’un ou deux axes principaux. Pour l’heure, la seule exception notable semble être Connerré qui forme un véritable petit noyau urbain : cela s’explique notamment par la concentration du bâti à l’intérieur d’une enceinte établie à la fin du XVIe siècle. A l’inverse, de gros bourgs de taille comparable se résument, pour leur partie ancienne, à une rue unique (Montfort) ou à un carrefour (Tuffé).

D’autres différences notables sont liées au site d’implantation du bourg. Implantés sur les axes de communication, les bourgs sont fortement marqués par le passage et ont une vocation encore affirmée de lieu d’étape, de commerce et d’industrie. Cet aspect s’est atténué à partir de la fin du XIXe siècle pour les bourgs situés en retrait, notamment sur le plateau calaisien..

Comment ces bourgs ont-ils évolué ?


Comme ailleurs, le réseau des paroisses du Perche sarthois est établi au cours du Moyen Âge, sur plusieurs siècles. L’église, souvent d’origine romane, est le noyau du bourg qui se développe à proximité. Très souvent, le siège d’une seigneurie de paroisse, représentant le pouvoir féodal, est encore visible dans le bourg non loin de l’église. Il peut s’agir d’un ancien manoir ou d’une demeure imposante, généralement du XVe ou du XVIe siècle, portant régulièrement le nom de « Cour », ou de « Grande Maison ». C’est le cas par exemple à Coudrecieux, à Sceaux-sur-Huisne ou à Valennes. Pour des seigneuries plus importantes, on trouve un château comme à Montfort-le-Gesnois, ou une manoir devenu château comme à Semur-en-Vallon. Le bourg peut également se développer autour d’une abbaye ou d’un prieuré dont les moines sont seigneurs, comme à Tuffé.
A partir de ces éléments, les maisons sont implantées de façon linéaire le long des chemins qui relient les villages entre eux, formant principalement des bourgs-carrefours ou des bourgs-rues. Le plus souvent, on ne trouve pas plus d’une ou deux rues, quelques impasses, quelques cours communes. Les places publiques sont l’apanage des bourgs qui ont une ancienne tradition de foires et de marché (Montfort, Tuffé, Connerré). Dans les autres cas, la traditionnelle place de l’église n’est autre que l’emplacement de l’ancien cimetière déplacé en périphérie du bourg, le plus souvent au début du XIXe siècle. C’est au XIXe siècle, à la suite de la création des communes, qu’apparaissent les bâtiments publics que sont les mairies, les écoles, les postes. Les budgets des municipalités étant souvent grevés par l’entretien des chemins, le rôle des châtelains dans la modernisation des bourgs n’est pas négligeable. Ils offrent souvent le terrain du nouveau cimetière, fondent des écoles privées, contribuent largement aux travaux des églises et des presbytères.

Dans quel état est le patrimoine des bourgs ?

Au XIXe siècle, la population croît de façon significative dans toutes les communes et les maisons de bourg sont en grande partie reconstruites, ou remaniées en façade. On systématise alors l’emploi de la brique, par exemple pour les encadrements d’ouvertures et les corniches. Des plans d’alignement viennent imposer une certaine régularité le long des rues. Le visage des bourgs change donc considérablement. Au XXe siècle, l’exode rural vers des villes plus importantes se caractérise par l’abandon de certaines maisons, les autres étant souvent remaniées pour s’adapter aux exigences du confort moderne. Néanmoins, l’architecture de la fin du Moyen Âge n’est pas rare, de même que la construction traditionnelle comme le pan-de-bois. Certains bourgs comme Valennes ont conservé une grande densité de bâti ancien. A l’inverse, le bourg de Coudrecieux en cours d’étude présente une homogénéité bâtie de la fin du XIXe siècle tout à fait remarquable, à mettre en lien avec l’activité industrielle de l’ancienne verrerie de la Pierre.

Comment partagez-vous ces connaissances ?

Régulièrement, des temps fort de restitution sont organisés, conférences ou visites guidées. Ceux-ci sont relayés sur le portail du patrimoine de la Région des Pays de la Loire, celui du Perche sarthois ou dans le programme des animations du Perche sarthois, rubrique Inventaire du patrimoine. Ils permettent de rendre compte, bourg par bourg, des travaux réalisés. Des livrets intitulés « Parcours-découverte » sont également édités pour chacun des bourgs : gratuits, ils sont disponibles en ligne ou auprès du Pays du Perche sarthois, des offices du tourisme du territoire et des communes concernées. Le Pays du Perche sarthois est également à l’écoute des élus et des particuliers dans le montage de projets concernant le patrimoine, dans sa protection ou sa restauration. Il est prévu, à la fin de l’étude, de réaliser une exposition ainsi qu’une publication synthétisant les résultats de ce travail.



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