Le patrimoine maritime et fluvial d’aujourd’hui : le regard de Virginie Serna, archéologue et conservateur en chef du patrimoine

Cliquez pour agrandir l'image Virginie Serna, archéologue du patrimoine maritime et fluvial depuis 25 ans ©Droits réservés

Cliquez pour agrandir l'image Le Loire à Chalonnes-sur-Loire ©Région des Pays de Loire - Ouest médias

Cliquez pour agrandir l'image Le bois de la Chaise à Noirmoutier ©Région des Pays de la loire - Ouest médias

Les « enjeux du patrimoine maritime et fluvial aujourd’hui » seront au cœur des 9e Rencontres régionales du patrimoine le vendredi 29 novembre 2019 à l’hôtel de Région à Nantes. Ce rendez-vous annuel permettra de croiser les regards des territoires des Pays de la Loire sur le fleuve et son littoral.

Le patrimoine maritime et fluvial d’aujourd’hui : quels usages ? quels regards ?

Trois questions à Virginie Serna, Conservateur en chef du patrimoine à la mission de l’Inventaire général du patrimoine culturel

Vous travaillez sur la Loire en tant qu’archéologue depuis 25 ans. En quoi le regard sur le patrimoine maritime et fluvial a changé ?

Notre regard a longtemps été faussé par le seul objet du bateau ou de l’épave, patrimoine maritime surreprésenté. La fouille de l’épave de Port Berteau II - de 1992 à 1997 - nous a permis de passer de la notion d’épave au site fluvial jusqu’à l’espace nautique. Aujourd’hui c’est autant le bateau que son espace de circulation qui m’intéresse, le chenal, les rives, les berges, les cales et quais, tout l’écosystème qui a participé à la circulation du bateau. On a compris qu’il y avait un continuum du fleuve à la mer en passant par l’estuaire.
 

Les usages entretenus par les riverains, habitants ou promeneurs avec le patrimoine maritime et fluvial ont-ils évolué ?

Lors de la canicule de 2003, j’ai perçu un déclic. Les riverains se sont fait citoyens en déclarant leurs découvertes à l’occasion d’un étiage exceptionnel. Le chemin suit son cours. Aujourd’hui l‘archéologue doit partager mieux son savoir et être attentif aux demandes des citoyens. Ainsi des usages sportifs et de loisirs se ressentent davantage. A ce titre les cheminements pédestres ou à vélo permettent de comprendre la continuité de ces espaces.
 

Quels sont les enjeux pour les espaces directement concernés par les changements climatiques ?

Je défends une approche des territoires de l’eau, avec un regard élargi sur le paysage contemporain. L’ensemble des documents d’urbanisme prennent aujourd’hui en compte le fleuve et la ville ou le fleuve et le territoire rural dans sa dimension transversale, horizontale et dans une dimension amont aval, à travers les bassins versants.
L’idée émerge d’une adaptation inévitable, avec intelligence, et modestie sur les modifications du climat. Il faut travailler avec le changement climatique. Je monte ainsi un programme de recherche sur le patrimoine en suivant les questions liées à l’étiage, la remontée de la salinité, l’érosion et la submersion en font également partie.



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