Les fours à pruneaux de Montsoreau

Cliquez pour agrandir l'image Fours à pruneaux situés à Bellevue, Montsoreau ©Service départemental de l'Inventaire de Maine-et-Loire, 2013

À flanc de coteau, dotée d’une extraordinaire vue sur la confluence de la Vienne et de la Loire, la propriété de Bellevue occupe, à Montsoreau, la marge orientale du site d'une ancienne carrière de tuffeau, probablement exploitée dans les derniers siècles du Moyen Âge et à l'époque moderne. Au XIXe siècle, l’extraction ne semble plus avoir été là que très résiduelle et, après abandon, l’accès de la plupart des galeries a été obstrué.

Le site se distingue surtout du fait de ce que de nouvelles activités économiques prirent place dans les espaces effondrés délaissés par les carriers. En effet, outre les vestiges d’une ancienne activité viticole, Bellevue conserve plusieurs fours qui témoignent d’une activité de production de fruits séchés à une échelle proto-industrielle, attestée au XVIIIe siècle et qui pourrait avoir été développée là dès le XVIIe siècle.
 Un partage de succession de 1789, puis une vente de 1792 témoignent de ce que l'organisation générale de la propriété est alors en très grande partie comparable à ce que l'on peut encore observer aujourd'hui : on y décrit un habitat troglodytique et semi-troglodytique (déjà visible sur un plan de 1747), huit fours, un pressoir et un puits, ainsi qu’un jardin planté de pruniers.
La réaffectation de l’activité sur le site
Les archives ne permettent pas de dater clairement l’édification de ces fours, dont la présence n’est assurée qu’à partir des années 1760 (graffitis datés). Il est toutefois plus que probable que l’acte notarié qui, en 1736, évoque les « fours dans lesquels on cuit les pruneaux [...] construits dans les caves quy sont pratiquées dans le rocher ou costeau dudit Montsoreau » se rapporte à ce site, d’une ampleur sans équivalent dans la commune. Selon toute vraisemblance, la construction de ces fours pourrait ainsi remonter au moins au XVIIe siècle, puisque le même texte évoque le fait que l’usage de ces fours était considéré, en 1736, comme « très ancien et de temps immémorial ». La production de prunes était assurée par les nombreux vergers mentionnés à Montsoreau comme dans les communes voisines. Séchés, les fruits étaient diffusés par marine de Loire. 
Il semble qu’à partir de la fin du XVIIIe siècle, le séchage des fruits ne soit plus l’activité principale sur ce site, puisque les propriétaires qui s’y succèdent dès lors sont tisserands, marchands, puis tonneliers. C’est sans doute dans le cadre de ces nouvelles activités que fut édifiée la vaste structure de stockage en planches de bois assemblées que l’on découvre dans la première chambre d’effondrement. Dès les années 1870, il semble que le pittoresque du site attire un nouveau type de propriétaires : la maison est rebâtie en 1881 et, sous le nom de Bellevue, devient résidence de villégiature.

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