Chapelle, église Notre-Dame-la-Banche

Guérande

Références

Auteur :

Gil Vincent, Société Atemporelle

Date d’enquête :

2006

Commanditaire :

Région Pays de la Loire / Département de Loire-Atlantique / Ville de Guérande.

Historique

Commentaire historique :
Les sources anciennes concernant l'édifice de Notre-dame la Blanche ne sont pas connues. Peut-être endommagé par le sac de Guérande opéré par Louis d'Espagne en 1342, le bâtiment comporte sur son revers de façade occidentale un cartouche signalant son édification par le duc de Bretagne Jean de Montfort en 1348 (ajout du XIXe siècle). C'est là qu'est signé en 1381 le second traité de paix de Guérande passé entre le duché de Bretagne et le royaume de France. Une chapellenie Saint-Yves est « servie au grand aultier » de Notre-dame avant 1447. François du Drézeuc y fonde une chapellenie Saint-Sébastien en 1538. Le droit de patronage de la chapellenie de Notre-dame la Blanche appartient au moins depuis 1571 au seigneur de Careil (commune de Guérande). L'église paroissiale Notre-dame la Blanche semble perdre ce statut au cours du XVIe siècle ; simple chapelle, elle appartient désormais à la fabrique de la collégiale Saint-Aubin. Un cartouche placé six assises au-dessus de l'oculus de la façade occidentale accueille la date de 1712. Vendue comme bien national à la Révolution en 1796, l'édifice sert désormais de remise et de magasin à fourrages. La sacristie sur le pan nord-est est détruite et une porte charretière perce le chevet. Cédé à de nombreuses reprises durant la première moitié du XIXe siècle, l'édifice est ainsi décrit par l'opposition au conseil municipal le 17 décembre 1848 : la destruction de son clocher, de ses voûtes, de ses vitraux, de ses tombeaux, l'enlèvement de l'autel et de tout signe religieux [ ], enfin toutes mutilations en font un édifice qui n'a de religieux que le nom. En 1850-1852, cette ancienne chapelle est menacée de destruction afin d'établir une route départementale ou/et pour que la revente des matériaux profite aux hospices de Guérande. En 1852, Armand d'Izarn décrit une charpente à nu qui recouvre le vaisseau de la nef, des arrachements existants dans la partie du choeur semblant indiquer que cette partie du moins fut voûtée, et enfin, sur la façade occidentale, il signale une porte à linteau plat, surmonté d'un fronton cintré portant le cachet du dernier siècle. Le curé Sorin se porte acquéreur de la chapelle en juin 1853 ; il initie la restauration générale de l'édifice, comme le confirme le cartouche gravé au revers de la façade occidentale. Les travaux de menuiserie, comportant entre autres la réalisation d'une tribune, sont confiés à M. Rivaud, artisan guérandais. L'évêque de Nantes monseigneur Jacquemet bénit solennellement la chapelle le 31 juillet 1854. La dédicace de la cloche, datée de 1856, précède la construction du clocher initiée en 1858 en même temps que la reprise de la grand porte. L'autel n'est pas encore installé. A l'automne 1859, la chapelle est érigée sous le titre de chapelle de secours afin d'y réaliser des classes de catéchisme ; les travaux sont alors vraisemblablement achevés. Classé monument historique par arrêté du 18 octobre 1910, la flèche du clocher est entièrement refaite en 1913 par l'architecte en chef des monuments historiques Henri Déverin. Une restauration générale de l'édifice intervient en 1992-1993, 1996-1998, 2000-2004. Cette dernière campagne amène la dépose des boiseries intérieures et permet plusieurs observations. Immédiatement à l'ouest du portail sud, la maçonnerie de parements irréguliers diffère totalement de celle de moellons qui s'observe du côté ouest de la colonne. Encore sur le mur gouttereau sud, deux niches crédence apparaissent sur la cinquième travée ainsi que sur le pan coupé du choeur. Le pourtour d'un ancien placard figure sur le mur nord de la cinquième travée. Les montants des anciens percements de la porte de la sacristie ainsi que de la porte charretière sont également reconnus. Des travaux malheureusement non localisés menés autour de la chapelle en 1869 et 1875 mettent à jour des substructions en petit appareil ainsi que des sarcophages. Des ouvrages de voirie réalisés en 1951 et en 2000 confirment la présence d'ossements au sud et au nord du choeur de la chapelle sous les rues Bizienne et de la Prévôté.
Datation des campagnes principales de construction :

Moyen Age;1ère moitié 18e siècle;18e siècle;1ère moitié 19e siècle;2e moitié 19e siècle;19e siècle;2e moitié 20e siècle;20e siècle

Auteur Historique :

auteur inconnu

Description Architecturale

Commentaire descriptif :

La chapelle Notre-dame la Blanche développe, sur des murs d'1.10 m d'épaisseur, une nef de six travées. Long de 27.50 m et large de 9.50 m, ce vaisseau unique s'achève à l'Est par trois pans coupés. Un bandeau mouluré court sur tout le périmètre extérieur de l'édifice, excepté devant les deux portails nord et sud. A l'intérieur, devant les boiseries qui couvrent entièrement la base des murs, les bases des colonnes, plus basses à l'Ouest qu'à l'Est, illustrent la dénivellation générale de l'édifice. Le voûtement quadripartite à nervures en amande repose sur des colonnes engagées portées par un important socle légèrement amorti. Les bases attiques, très ramassées, présentent un tore supérieur légèrement biseauté très peu important, une scotie très peu prononcée et un tore inférieur très aplati. Sous le tailloir, le décor des chapiteaux consiste en décors végétaux, feuillagé ou à crochets. Sous une archivolte et un double rouleau à profil brisé, les trois portails, ouest, nord et sud, développent sur les chapiteaux de leurs colonnettes latérales un décor végétal à larges feuilles trilobées. Les contreforts qui les jouxtent, ornés par le bandeau continu qui court sur tout l'édifice, interrompent la mouluration latérale des archivolte nord et sud. Notons toutefois une exception pour l'extrémité ouest de l'archivolte nord qui fait retour sur le contrefort contigu, et dont les assises correspondent à celles du portail. Les contreforts sont plus conséquents à l'est des portails latéraux où ils présentent au-dessus de leur portion inférieure un larmier oblique continu. Toutes les baies comportent une double voussure chanfreinée légèrement brisée. Les ouvertures s'amorcent plus bas à l'est des deux portails latéraux, créant ainsi des fenêtres plus importantes. A l'intérieur du bâtiment, au-dessus des portails latéraux et sur le mur gouttereau nord de la seconde travée, les baies, montées grâce à des échafaudages dont il subsiste les trous de boulins, sont clairement antérieures aux maçonneries liées aux colonnes et aux voûtements. Au revers de la façade occidentale, la tribune, située au-dessus de deux cartouches gravés, présente un large décor néogothique. Eclairée par l'oculus de la façade occidentale où figure, six assises au-dessus, un petit cartouche portant la date de 1712, la tribune ouvre, grâce à une porte repercée, sur l'escalier intra mural situé à mi hauteur du mur nord de la première travée. La porte d'accès originelle se devine au bas de l'escalier, au sud-est, immédiatement à la jonction de la rambarde de la tribune et du mur nord, juste à l'ouest de la seconde colonne. Le mur nord de la première travée accueille dans un second temps la nervure d'angle nord-ouest clairement réinsérée et voit parallèlement son élévation supérieure reprise immédiatement au-dessus des linteaux de couvrement de l'escalier. L'escalier droit intra mural aboutit dans sa partie haute à une vis rapidement interrompue dont le noyau jouxte l'extrados de la nervure nord-ouest. Les clés de voûtes, récentes, sont ornées de plusieurs figures dont un agneau pascal. Une importante corniche moulurée orne le périmètre de l'édifice, sauf sur la façade occidentale. Elle effectue un décrochement de niveau ainsi qu'une saillie inexistante au sol- sur l'angle ouest du contrefort immédiatement à l'ouest du portail sud. L'emprise du portail nord se retrouve dans les combles. La partie supérieure du mur gouttereau nord-ouest est enduite, ce qui suggère que cette paroi, durant au moins un temps, a été visible depuis la nef et a fonctionné sans voûtement. La charpente, moderne, utilise pourtant certains entraits plus anciens, certains étant épaulés par des jambages portant sur des maçonneries établies dans l'entrevoûtement. Le revers du pignon occidental comporte des trous de boulins d'une pente de charpente distincte de l'actuelle. Les restaurations menées en 2004 ont par ailleurs permis de remarquer au-dessus des têtes de murs la cristallisation d'une charpente plus ancienne qui n'a pas été conservée. Le clocher dont la base carrée s'appuie sur d'anciens entraits de fermes est inséré ultérieurement. La flèche hexagonale résulte d'une campagne encore postérieure.

Matériau(x) de gros œuvre et mise en œuvre :

granite ; pierre de taille ; moellon

Matériau(x) de couverture :

ardoise

Type de couverture :

toit à longs pans

Partie de plan :

plan allongé

Localisation

Département :

44

Aire d'étude :

Guérande (commune)

Commune :

Guérande

Adresse :

Ville intra-muros, Notre-Dame-la-Blanche

Rue :

Ville intra-muros, Notre-Dame-la-Blanche

Latitude :

47,32741591 X

Longitude :

-2,43045062 Y

Intérêt et protection

Date(s) et nature de la protection :

1910/10/18 : classé MH

Situation juridique :

propriété publique

Documentation

Documents d'archives :

AD Loire-Atlantique. B 5, f° 70 [chapellenie Saint-Yves avant 1447].;AD Loire-Atlantique. E 1508 [aveu de la seigneurie de Careil].;AD Loire-Atlantique. G 304. [Fondation de la chapellenie Saint-Sébastien en 1538 par François du Drézeuc].;A. Dioc. Nantes EVPAR, 69, Guérande, 7 C [avant nouvelle cotation imminente], Chapelles, Notre Dame la Blanche.;AN P 1604, f° 990 [aveu de la seigneurie de Careil].;Nantes, DRAC Pays de la Loire, Conservation des monuments historiques, Documentation travaux, Chapelle Notre-dame la Blanche, Rapport de présentation programme de travaux, Pascal PRUNET, juillet 1999;Paris, médiathèque du patrimoine, archives, 81/44/63 : Chapelle Notre-Dame la Blanche.

Documents figurés :

Paris, médiathèque du patrimoine, planothèque, cote 0082/044/2003 ; document n° 13 435. Loire-Inférieure. Guérande. Chapelle Ne Dame la Blanche. XIVème siècle. Vue du chevet. Face principale. Coupe transversale. Coupe longitudinale. Echelle de 0.005 pm. Paris. Avril 1908.H. Déverin arch. Na. A l'intérieur, les parties basses jusqu'à la ligne AB ont un revêtement en bois, moderne, composé d'arcatures avec encadrement plus riche pour l'entrée C. L'exécution en est assez soignée. La flèche est moderne, papier, lavis, encre ; photographie contrecollée, format F 2.;Paris, médiathèque du patrimoine, planothèque, cote 0082/044/2003 ; document n° 23 509. Guérande (Loire-Inférieure). Chapelle. Ntre Dame la Blanche. Flèche. Echelle de 0.001 pm. Paris, Janvier 1913. Déverin, papier, encre, lavis contrecollé, format F 2.;Nantes, DRAC Pays de la Loire, documentation de la conservation régionale des monuments historiques. Guérande, Chapelle Notre-dame la Blanche, H. Chouinard (architecte en chef des monuments historiques) : plans (au niveau des baies, au niveau de la charpente), échelle 1/50ème ; élévations des façades sud et ouest, échelle 1/50ème ; coupes longitudinale et transversale, échelle 1/50ème (novembre 1992).;Nantes, DRAC Pays de la Loire, documentation de la conservation régionale des monuments historiques. Guérande, Restauration des vitraux, Notre-dame la Blanche, H. Prunet (architecte en chef des monuments historiques) : plan au niveau des baies avec présentation des verrières, échelle 1/50ème (repris sur H. Chouinard, 1992) ; élévations des façades nord et est, échelle 1/50ème (repris sur H. Chouinard, 1992), (1999).

Bibliographie :

AUCLAIR, Georges. Notre-dame la Blanche de Guérande. Guérande, imp. de la presqu'île, 1954 ?;DESMARS, J. La presqu'île guérandaise et les bains de mer de la côte. Saint-Nazaire, Pornichet, Le Pouliguen, Le Bourg-de-Batz, Le Croisic, La Turballe, Piriac. Guide du touriste. Redon, L. Guihaire libraire, 1869;GALLICE, Alain. Guérande au Moyen Age. Guérande, Le Croisic, le pays guérandais du milieu du XIVe au milieu du XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes, 2003;GUERRIF, Fernand. La collégiale Saint-Aubin de Guérande. Le Pouliguen, 1985;LANCIEN, Josick. La chapelle Notre-dame la Blanche au milieu du XIXe siècle. Les cahiers du pays de Guérande, n° 43, 2003;LANCIEN, Josick. Chapelle Notre-Dame-la-Blanche. Bulletin de l'association préhistorique et historique de la région nazairienne, n° 68, 2004;ORCEAU, Robert. Les chapelles du diocèse de Nantes. Ms. Archives de la société archéologique de Nantes, t. 1, 1960;QUILGARS, Henri. Topographie historique de la ville de Guérande, s.d., s.l.;QUILGARS, Henri. A travers la ville de Guérande. Guide historique et archéologique contenant un plan de la ville. Nantes, Librairie Durance, 1913