Manoir des Tourelles, puis hôtel dit maison des Tourelles, puis hôtel Crespin, puis hôtel Fleuriot, puis hôtel du Mont-de-Piété

Angers intra-muros

Références

Auteur :

Letellier-d'Espinose Dominique ; Biguet Olivier

Date d’enquête :

1979

Commanditaire :

Région Pays de la Loire/Service du Patrimoine / Ville d'Angers - Service Patrimoine Historique, Inventaire.

Historique

Commentaire historique :
Le corps de logis principal conserve un gros-oeuvre des XIIe et XIIIe siècles révélé par la dernière restauration des années 1990 : restes de fenêtre ornée d'un décor peint et d'une cheminée avec souche sculptée côté jardin, traces d'une baie gothique côté cour, réemploi de la charpente médiévale dans la partie nord du comble. Ce logis patricien correspond probablement à la partie principale de la maison des Tourelles, près du pont, dont la première mention remonte à 1386, et que l'on voit encore cité en 1426 comme le ménor des Tourelles ayant appartenu à un certain Jean Hocquet (d'après source). Diverses campagnes de construction se succèdent ensuite. Plusieurs portes du rez-de-chaussée et le corps de la chapelle appartiennent au XVe siècle et au début du XVIe siècle ; la charpente de toit semble également du XVIe siècle. Ces travaux sont peut-être dus à la famille Crespin dont deux membres - Daniel (XVe siècle) et François, seigneurs du Gast et des Tourelles (1553) - sont alors attestés sur le site : les armes sur la clef de voûte de la chapelle pourraient désigner une branche collatérale. Au cours du XVIe siècle, une porte de liaison est établie avec l'escalier - adjacent - de l'hôtel Goyer (étudié), du nom de la famille qui détient ensuite ce logis et tous ceux de la cour des Tourelles jusqu'en 1608, date du partage de cet ensemble en 5 lots. Cette porte est condamnée lors d'une importante campagne de remaniements dans la 1ère moitié du XVIIe siècle : reprise des élévations principales, reconstruction de l'escalier, réfection de la cheminée du 1er étage, décor peint au plafond de la grande salle du rez-de-chaussée ; ces travaux ont pu être commandés par Adam Fleuriot et son épouse Jeanne Chrestien, propriétaires des lieux entre 1608 et 1652. La couverture subit des modifications lorsque la venelle de séparation avec l'hôtel Goyer est voûtée, avant 1678. L'hôtel est acquis par le Mont-de-Piété en 1723 et en gardera l'appellation. La cheminée au rez-de-chaussée date de la 2e moitié du XVIIIe siècle. Au XIXe siècle, la charpente est à nouveau remaniée. L'institution s'étend par plusieurs acquisitions : En 1840, est acheté le logis Lecacheur (ex Thibault de la Pinière, puis Chotard) attenant au nord-est : cette aile formant retour sur le jardin présentait un sous-sol du XIIe siècle et conservait les vestiges d'un escalier en vis probablement lié à l'origine au grand logis des Tourelles. Fortement transformé au XVIIIe siècle pour des particuliers, il fut agrandi pour les besoins du Mont-de-Piété et doté d'un nouvel escalier de liaison avec le corps principal vers 1851, d'après la date portée sur la façade nord ; il a été détruit vers 1986. Deux autres logis du XVe siècle, contigus à l'ouest (vers la rue Mauvaise) sont rattachés à l'hôtel au XIXe siècle, dont celui du sud-ouest (logis Aubin) en 1856. Puis en 1882 c'est le tour de l'hôtel Goyer, auquel est alors reliée la chapelle, restaurée à cette époque (mur oriental, voûte d'étage, couverture). Le jardin est détaché de la propriété dans les années 1980 pour la construction d'immeubles de rapport. Vendu à un particulier, l'édifice est restauré en 1993-1997. L'institution du Mont-de-Piété quitte définitivement les lieux en 1998.
Datation des campagnes principales de construction :

Moyen Age;15e siècle;16e siècle;1ère moitié 17e siècle;17e siècle;18e siècle;1ère moitié 19e siècle;2e moitié 19e siècle;19e siècle

Auteur Historique :

auteur inconnu

Description Architecturale

Commentaire descriptif :

Logis situé au fond de la cour commune des Tourelles (sa cour d'entrée), avec jardin postérieur (aujourd'hui loti). Il est composé d'un corps principal en moellon de schiste enduit, à pignon sur cour, avec parement de tuffeau en façade principale (niveaux principaux et tour d'escalier). Cette élévation est ordonnancée, fronton brisé et lucarne monumentale dans le pignon couronnant une composition paire à deux travées. Des chambranles à bossages ornent l'ensemble des baies, y compris celles de la tour d'escalier latérale. Les niveaux sont traditionnels : sous-sol ici plafonné, rez-de-chaussée surélevé, étage carré et étage de comble. L'aile postérieure comportait un sous-sol voûté d'arêtes en tuffeau, édifié également en schiste, avec parement en tuffeau sur la face ouest pour les reprises de 1851. Les deux corps de logis attenants à l'ouest, avec pignon sur la rue Mauvaise, présentent une maçonnerie de schiste et le même nombre de niveaux hors sol que le corps principal, sauf le corps de logis nord-ouest, à deux étages de comble dont un en surcroît. Ce corps était flanqué au revers d'un pavillon à étage (disparu) et comprend un petit corps à deux cabinets superposés sur trompe donnant sur l'ex jardin. Le corps de logis sud-ouest est desservi par une tour d'escalier (à vis) dans oeuvre autonome, orientée sur la cour des Tourelles. Cet escalier et sa cage sont en maçonnerie, peut être en remplacement d'une cage en bois dont on conserve la trace de mortaises dans le plafond de la grande pièce du 1er étage. Un puits est adossé au mur de clôture de l'ancien jardin, dans la partie nord de la venelle. Celle-ci est couverte (dans sa section séparative avec l'hôtel Gohier) d'une voûte en berceau segmentaire et d'une voûte d'ogives portant sur des culots, sous l'oratoire d'étage de même couvrement.

Matériau(x) de gros œuvre et mise en œuvre :

tuffeau ; moyen appareil ; bossage ; schiste ; moellon sans chaîne en pierre de taille ; enduit ; appareil mixte

Matériau(x) de couverture :

ardoise

Type de couverture :

toit à longs pans ; appentis ; noue ; croupe ; pignon découvert ; pignon couvert ; toit en pavillon

Vaisseaux et étages :

sous-sol ; rez-de-chaussée surélevé ; 1 étage carré ; étage en surcroît ; étage de comble

Type et nature du couvrement :

voûte d'arêtes ; voûte en berceau segmentaire ; voûte d'ogives

Emplacement, forme et structure de l’escalier :

escalier demi-hors-oeuvre : escalier tournant à retours sans jour, en maçonnerie ; escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en charpente, suspendu

Localisation

Département :

49

Aire d'étude :

Angers intra-muros

Commune :

Angers

Lieu :

Centre-ville (quartier)

Adresse :

Beaurepaire

Rue :

Beaurepaire

Latitude :

47,47427001 X

Longitude :

-0,55927388 Y

Intérêt et protection

Intérêt de l'oeuvre :

à signaler élévation ; escalier ; chapelle ; voûte ; plafond ; cheminée

Date(s) et nature de la protection :

1991/04/18 : inscrit MH

Situation juridique :

propriété privée

Documentation

Documents d'archives :

AD Maine-et-Loire : 1 H S, B 200, folio 8 r°. Déclaration Robert Lemaczon à l'hôtel-Dieu pour le menoir des tourelles (1426);BM Angers : Ms. 1754. Notes de Toussaint Grille. Mention [de la demeure ?] dans un censif du Ronceray (1386)

Documents figurés :

Plan masse, détail d'un plan parcellaire, [v. 1769]. (AD Maine-et-Loire : E 4362, plan 4, maison n° 3012);Mont de Piété d'Angers Cour dite : des Tourelles, rue Beaurepaire. Dessin à la plume, par Gouin, André (dessinateur, métreur), 1890. (AD Maine-et-Loire : 11 Fi 1742);Corps de l'oratoire, voûte d'un porche du XVe au rez-de-chaussée attenant au bâtiment du XVIIe siècle. Photogr., [av. 1918]. 170 x 120 mm. (Musées d'Angers : récol. 918.177/2, inv. Labalte 138);Elévation antérieure. Photogr., [début 20e siècle, av. 1918], 170 x 120 mm. (Musées d'Angers : récol. 918.177/1, inv. Labalte 137);Corps principal : élévation antérieure. Photogr., [début 20e siècle]. 287 x 224 mm. (Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine : 212 Angers)

Bibliographie :

CHERIERE, René. Historique et organisme du Mont-de-Piété d'Angers (1684-1945). Angers : H. Siraudeau