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La verrière de la Crucifixion de l’église paroissiale Notre-Dame de Courdemanche

Témoin remarquable de l’art du vitrail au XVIe siècle, la verrière de la Crucifixion conservée dans l’église Notre-Dame de Courdemanche raconte la riche histoire d’une petite commune rurale de la Sarthe, récemment inventoriée par Charles ROBIN, chercheur associé au Pays vallée du Loir.

La verrière, qui décorait à l’origine la chapelle du collège de Courdemanche, a très probablement été commandée dans les années 1580 par Jacques de La Mothe, éminent personnage de la paroisse qui fonda l’institution en 1579.

Près de trois cents ans plus tard, l’œuvre est déplacée lors de travaux de réaménagement du collège, l’ancienne chapelle se trouvant alors transformée en salle de classe. Après avoir été restaurée par la célèbre Fabrique du Carmel du Mans, la verrière est réinstallée en 1881 dans l’église paroissiale où elle se trouve encore aujourd’hui.

De par sa composition, son iconographie et son style, l’œuvre rend compte des évolutions de l’art du vitrail à la Renaissance, principalement sous l’influence de la peinture de chevalet qui conduit à la réalisation d’un nouveau type de verrières dites « verrières-tableau », dans lesquelles la scène représentée tend à occuper la totalité de l’espace disponible, sans contraintes de registres ni partitions architecturales.

(c) Région Pays de la Loire – Inventaire général / Jeanne Minier

L’œuvre témoigne également d’une nouvelle circulation des modèles iconographiques, rendue possible par le récent développement de l’estampe, notamment venue d’Allemagne, via les gravures de Dürer par exemple, desquelles la Crucifixion de Courdemanche tire une partie de ses motifs, modèles auxquels s’ajoutent les influences de l’entourage de la cour des Valois, et plus largement l’héritage italien et flamand qui inspire les artistes de cette époque.

La représentation de la ville de Jérusalem en arrière-plan témoigne à ce titre d’un goût nouveau pour le paysage, y compris urbain, dans lequel se mêlent les références à l’antique et les évocations de l’architecture médiévale, donnant la vision d’une ville rêvée, dont le talent de l’artiste a su rendre compte avec beaucoup d’élégance et de finesse.

En haut de page et ci-dessus ; la verrière de la Crucifixion de l’église Notre-Dame de Courdemanche (c) Région Pays de la Loire – Inventaire général / Jeanne Minier

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