La Région des Pays de la Loire et le Département de la Mayenne lancent l’inventaire patrimonial de Château-Gontier-sur-Mayenne, une étude qui révélera la richesse architecturale exceptionnelle de cette cité historique.
Des origines médiévales prestigieuses

Fondée vers l’an Mil par le comte d’Anjou Foulque Nerra, Château-Gontier naît de la volonté stratégique d’établir une forteresse face aux Bretons. La ville se développe autour du château confié à l’officier Gontier et du prieuré Saint-Jean-Baptiste établi par les bénédictins de Saint-Aubin d’Angers. Cette cité de marche, siège d’une baronnie, se dote rapidement d’une enceinte urbaine dont les vestiges marquent encore aujourd’hui le paysage urbain.
Vue de la chapelle du Genêteil depuis le clocheton de l’ancien couvent des Ursulines de Château-Gontier. (c) Région des Pays de la Loire – Inventaire général. Y. Guillotin
L’âge d’or des magistrats du XVIe au XVIIIe siècles
L’amélioration de la navigation sur la Mayenne dès 1536 et l’installation d’institutions judiciaires – élection (1577), sénéchaussée royale (1595), présidial (1639) – transforment Château-Gontier en ville de magistrats. Cette prospérité administrative attire une bourgeoisie et une noblesse de robe qui édifient de somptueux hôtels particuliers, témoins d’un art de vivre raffiné.
Place des Trois Moulins (c) Région des Pays de la Loire – Inventaire général. P.B. Fourny

Les transformations des XIXe et XXe siècles

Le XIXe siècle marque une mutation urbaine décisive. La destruction des fortifications ouvre la ville sur l’extra-muros, permettant l’aménagement de promenades et l’extension urbaine. La modernisation s’accélère avec de nouveaux équipements : halles, tribunal, église Saint-Rémy, jardin du Bout-du-Monde. L’arrivée du chemin de fer (1877) génère de nouveaux quartiers, tandis que d’imposantes demeures bourgeoises et des lotissements renouvellent l’habitat urbain.
(c) Région des Pays de la Loire – Inventaire général. P.B. Fourny
Un patrimoine architectural d’exception
Avec dix-huit monuments historiques protégés – deux églises, deux couvents, deux chapelles, vestiges du château-fort, château, manoir, halle, trois hôtels particuliers, hôtellerie, maison et lycée – Château-Gontier abrite un secteur sauvegardé de 66 hectares et un Site Patrimonial Remarquable couvrant 58 hectares. L’inventaire révélera la continuité architecturale remarquable de cette cité, du parcellaire médiéval aux créations néoclassiques, en passant par la densité exceptionnelle d’hôtels particuliers des XVIIe – XVIIIe siècles.
(c) Région des Pays de la Loire – Inventaire général. P.B. Fourny

Cette étude de trois ans (2026-2028) permettra de comprendre la fabrique urbaine de cette ville de prestige, marquée davantage par l’excellence résidentielle que par l’industrialisation.
L’étude est menée conjointement par Rémi Plotard, chercheur au service du patrimoine de la Région des Pays de la Loire et Pierrick Barreau, chercheur au Département de la Mayenne, dont la dernière enquête a porté sur les Demeures en bord de Mayenne. Cette opération scientifique enrichira la connaissance de ce joyau architectural mayennais et renforcera sa valorisation touristique.

En haut de page – Ailes ouest et nord formant le cloître du couvent des Ursulines de Château-Gontier. (c) Région des Pays de la Loire – Inventaire général. Y. Guillotin. Ci-dessus : jandin public et monument aux morts (c) Région des Pays de la Loire – Inventaire général. P.B. Fourny




