Monument aux morts de la guerre de 1914-1918

Orné d’un groupe sculpté représentant une Victoire derrière laquelle apparaît un poilu, le monument est réalisé par le sculpteur parisien Georges Bareau, natif de Paimbœuf, et inauguré le 23 novembre 1924. Luçon. 85

Le monument aux morts de la guerre de 1914-1918 a été réalisé en 1923 par le sculpteur parisien Georges Bareau. Sa signature – Georges Bareau en capitales – se trouve sur le socle du groupe sculpté. Dès novembre 1920, la Ville envisage l’exécution d’un monument commémoratif, mais c’est à la séance du Conseil municipal du 18 février 1922 que la question est véritablement débattue. L’emplacement choisi est la partie ouest du champ de foire, après l’abandon de la place des Acacias. L’oeuvre sera financée par une souscription et un impôt exceptionnel, auxquels s’ajoutera une subvention de l’Etat. Enfin, on décide d’organiser un concours et de réunir une commission spéciale. Quarante artistes présentent des projets en 1922. La commission se réunit le 1er juin et en présélectionne quatre : celui du sculpteur tourangeau Delpérier, celui des frères Martel (sculpteurs à Paris), celui du dessinateur parisien Météreau et celui du sculpteur parisien Rimbert. Nous connaissons par ailleurs trois projets de l’architecte luçonnais Léon II Ballereau, vraisemblablement candidat mais également membre de la commission. Pour une raison non élucidée, le lancement du concours reste sans suite. En janvier 1923, le sculpteur parisien Georges Bareau fait directement une proposition au maire et à la commission – qui l’acceptent. Le sculpteur vient à Luçon le 16 janvier 1923 et montre des photos de ses oeuvres ; spécialement pour Luçon, il fera la maquette d’un groupe sculpté. Le 10 mars, le Conseil choisit comme représentation une Victoire accompagnée d’un poilu et demande en outre l’ajoût de palmes et l’inscription des noms de victoires. Le 24 mars, le Conseil municipal adopte définitivement le projet et, le 28 mars, un marché est passé entre le maire et le sculpteur pour la somme de 45000 francs ; le monument sera en pierre blanche de Chazelle (Charente) et devra être livré avant le 11 novembre 1923, date prévue pour son inauguration. Quant aux fondations et au soubassement, les premières sont confiées à l’entrepreneur luçonnais Pierre Coudert, le second au cimentier luçonnais Auguste Bernard, sous la direction de l’architecte municipal Gobaut. Un grave problème surviendra bientôt, relaté lors du Conseil municipal du 14 décembre 1923.

© Région Pays de la Loire – Inventaire général. P. Giraud

En effet, le monument n’est pas terminé à temps et surtout, le 9 décembre, est inauguré le monument aux morts de Paimboeuf (Loire-Atlantique), pourvu d’un groupe sculpté de Bareau, identique à celui de Luçon, contrairement à l’engagement pris par le sculpteur de concevoir une oeuvre originale. Le Conseil vota le refus du monument et l’obligation, pour Bareau, de rembourser les frais engagés par la Ville pour les fondations et le soubassement. Finalement, on parviendra à un arrangement. Le procès-verbal de réception définitive sera signé le 18 septembre 1924 et le monument inauguré le 23 novembre suivant, en présence du ministre des pensions, Mr Bovier-

© Région Pays de la Loire – Inventaire général. P. GiraudLapierre.

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