
Illustrant les souffrances humaines et leur soulagement par les mains tendues de la médecine, la façade de la chapelle de l’hôtel-Dieu de Nantes présente une croix ornée de 12 bas-reliefs en pierre signés de Raymond Delamarre, et achevés en 1963. Chapelle du CHU de Nantes. 44
© Région Pays de la Loire – Inventaire général © Adagp, Paris, 2026

Le décor se divise en douze panneaux mêlant iconographie chrétienne et sciences. La Passion du Christ surplombe des scènes illustrant des actes de la médecine moderne et l’aide de Dieu apportée aux malades et aux personnes en situation de handicap. Dès les débuts du chantier, Michel Roux-Spitz prévoit d’orner la façade de la chapelle d’un décor monumental. Il fait appel au sculpteur Raymond Delamarre avec lequel il a déjà travaillé sur d’autres programmes architecturaux. Le projet de bas-relief, conçu par les deux partenaires et amis, évolue constamment de 1950 jusqu’à la mort de l’architecte en 1957. Ils imaginent ensemble un décor constitué de panneaux et dont la réalisation durera 13 ans, des ébauches à la finalisation de l’œuvre en 1963.
Dès les premières esquisses, le portail de la chapelle est divisé en quatre parties par une croix latine en saillie dans lesquelles s’insèrent douze bas-reliefs. En juillet 1958, Delamarre signe le marché avec l’administrateur de l’hôpital. Tout au long des travaux, il fournit des maquettes et esquisses qui sont étudiées par la commission chargée du suivi du chantier. Peu de modifications significatives sont apportées aux premiers jets du projet, le programme étant élaboré et convaincant dès ses débuts. Toutefois, certains panneaux ont été repensés, à l’image de celui dédié à la chirurgie. À l’origine, l’ébauche représente deux chirurgiens se faisant face et opérant un patient qui n’est pas visible. Au contraire, l’œuvre finale met en avant le patient, allongé au premier plan et opéré par trois chirurgiens. Au centre se tient l’un des médecins, dont les mains à l’œuvre sur la table d’opération figure comme le point central du panneau.
© Région Pays de la Loire – Inventaire général © Adagp, Paris, 2026
Les bas-reliefs sont ensuite sculptés dans l’atelier parisien de Delamarre par l’artiste lui-même, assistés de deux jeunes sculpteurs, Leducq et Massé. Réalisés en pierre de Vilhonneur, un matériau particulièrement résistant au climat océanique, l’œuvre mesure 280 centimètres de haute sur 150 centimètres de large. Une fois disposés sur la façade par l’entreprise Coignet en août 1963, elle est finalisée par Delamarre.